mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303840 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Homehr, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 septembre 2023 par laquelle la préfète de l'Oise a classé sans suite sa demande en vue d'acquérir la nationalité française ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa demande ;
3°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 1 500 euros à son avocat sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits, dès lors qu'il justifie d'une attestation de réussite à un test de français au sens du premier alinéa de l'article 37 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance () 7° rejeter, après l'expiration du délai de recours () Les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondée, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. Si le requérant soutient que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, il ressort des pièces du dossier que celui-ci mentionne la disposition règlementaire sur laquelle il se fonde en indiquant que M. A n'a pas produit l'ensemble des documents nécessaires à l'instruction de sa demande de naturalisation aux termes d'une mise en demeure de compléter son dossier qui lui a été adressée le 27 juillet 2023, notamment un test linguistique de français de niveau B1. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision serait insuffisamment motivée est manifestement infondé.
3. En second lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 37 du décret du
30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Tout demandeur doit justifier d'une connaissance de la langue française à l'oral et à l'écrit au moins égale au niveau B1 du Cadre européen commun de référence pour les langues, tel qu'adopté par le comité des ministres du Conseil de l'Europe dans sa recommandation CM/ Rec (2008) du 2 juillet 2008. Un arrêté du ministre chargé des naturalisations définit les diplômes permettant de justifier d'un niveau égal ou supérieur au niveau requis. A défaut d'un tel diplôme, le demandeur peut justifier de la possession du niveau requis par la production d'une attestation délivrée depuis moins de deux ans à l'issue d'un test linguistique certifié ou reconnu au niveau international, comportant des épreuves distinctes évaluant son niveau de compréhension et d'expression orales et écrites. Le niveau d'expression orale du demandeur est évalué par l'organisme délivrant l'attestation dans le cadre d'un entretien. Les modalités de passation du test linguistique mentionné à l'alinéa précédent sont définies par un arrêté du ministre chargé des naturalisations. Les conditions d'inscription sont fixées par un arrêté du ministre chargé des naturalisations ".
4. La circonstance que la mise en demeure de compléter son dossier adressé à M. A le 27 juillet 2023 se bornait à réclamer une attestation de réussite à un test de français sans préciser expressément que cette dernière devait être en cours de validité n'a, en tout état de cause, aucune incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que cette obligation résultait, à l'évidence, du sens même de cette demande. A cet égard, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. A se prévale d'une attestation qui aurait été en cours de validité à la date de la décision attaquée, ni même à la date d'introduction de sa demande initiale, alors que la validité de l'attestation de test de connaissance du français produite expirait le 28 novembre 2021. Au surplus, il ne ressort pas des dispositions précitées que la préfète puisse dispenser M. A de produire une attestation en cours de validité, alors même qu'il soutient que son niveau de maîtrise de la langue française n'aurait pu qu'évoluer favorablement. Ainsi, ce moyen est pour partie inopérant et pour partie assorti de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Amiens, le 28 février 2024.
Le président de la 3ème chambre,
signé
S. Thérain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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