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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2501272

Tribunal Administratif d Amiens — Décision N° TA80-2501272

jeudi 18 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d Amiens
SectionTribunal Administratif d Amiens
N° DossierTA80-2501272
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU2

Résumé IA

Le Tribunal administratif d’Amiens a rejeté la requête de M. et Mme A... qui demandaient la décharge de la taxe d’habitation pour l’année 2024 concernant un gîte rural situé à Abbeville. Les requérants soutenaient que le bien, géré exclusivement par une société, était loué toute l’année et qu’ils ne pouvaient s’en réserver la jouissance. Le tribunal a jugé que, malgré la convention de gestion, les propriétaires conservaient la libre disposition du logement en dehors des périodes de location, ce qui les rend redevables de la taxe en application des articles 1407, 1408 et 1415 du code général des impôts.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 mars et 17 novembre 2025, M. et Mme B... A... demandent au tribunal de prononcer la décharge de la taxe d’habitation à laquelle ils ont été assujetties au titre de l’année 2024 à raison de l’ensemble immobilier situé 7, rue Chasserats à Abbeville (Somme).

M. et Mme A... soutiennent que l’immeuble en cause est à destination de gite rural ouvert toute l’année sans qu’ils ne puissent s’en réserver la jouissance du fait de la convention de gestion exclusive souscrite par eux avec la société Greg Invest alors qu’ils occupent l’immeuble voisin, que leurs enfants ont ou vont quitter le domicile familial afin de poursuivre leurs études et que chacun des locaux dispose de ses propres abonnements aux réseaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2025, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.

Elle considère que les conclusions de la requête ne sont pas fondées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l’audience.

Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. La requête de M. et Mme A... tend à la décharge de la taxe d'habitation à laquelle ils ont été assujettis au titre de l’année 2024 à raison d'un immeuble à usage de gîte rural situé 7, rue Chasserats à Abbeville (Somme).

2. Aux termes de l’article 1407 du code général des impôts : « I. – La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation (…) / II. – Ne sont pas imposables à la taxe : / 1° Les locaux passibles de la cotisation foncière des entreprises lorsqu'ils ne font pas partie de l'habitation personnelle des contribuables ; (…) / III. – Dans les zones de revitalisation rurale mentionnées à l'article 1465 A, les communes peuvent, par une délibération de portée générale prise dans les conditions prévues au I de l'article 1639 A bis, exonérer : (…) / 2° Les locaux classés meublés de tourisme dans les conditions prévues à l'article L. 324-1 du code du tourisme ; / 3° Les chambres d'hôtes au sens de l'article L. 324-3 du code du tourisme. (…) ». L’article 1408 du même code prévoit que : « I. – La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. (..) ». Selon l’article 1415 de ce code : « La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ». Il résulte de ces dispositions que le propriétaire d’un local meublé est redevable de la taxe d’habitation dès lors qu’il peut être regardé, au 1er janvier de l’année d’imposition, comme entendant s’en réserver la disposition ou la jouissance une partie de l’année. Tel est le cas s’il l’occupe ou le fait occuper gracieusement une partie de l’année, sans qu’y fassent obstacle les circonstances que ce local meublé serait mis en location pendant l’autre partie de l’année et serait ainsi passible de la cotisation foncière des entreprises, que ce propriétaire disposerait d’une autre habitation dans la même commune ou qu’il donnerait directement le bien en location sans passer par un intermédiaire.

3. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement de la taxe d’habitation.

4. M. et Mme A... soutiennent que leurs gîtes sont réservés à la location toute l’année. Toutefois, s’ils soutiennent avoir souscrit un contrat de gestion exclusive avec la société Greg Invest, cette dernière, dont les intérêts se confondent avec ceux de M. et Mme A..., n’est chargée que de la gestion du planning et des annonces et ils n’établissent pas de ce que ces gîtes auraient été loués de manière ininterrompue. Il ne résulte pas de l’instruction que les demandeurs seraient dans l’impossibilité de se réserver la libre disposition du gîte dans les périodes libres de toute occupation locative, gîte dont ils détiennent d’ailleurs les clés, quand bien même ils n’utilisent pas effectivement cette possibilité en occupant par eux-mêmes ce logement ou en le prêtant. Ensuite, la circonstance que la résidence principale de M. et Mme A... se situe à proximité de ce gîte est sans influence sur le bien-fondé de l’imposition en litige. Dans ces conditions, bien que les gîtes soient proposés à la location saisonnière, M. et Mme A... doivent être regardés comme en ayant la libre disposition en dehors des périodes de location. Par suite, c’est à bon droit que l’administration les a assujettis, sur le fondement des dispositions citées au point 2, à la taxe d’habitation pour le logement en cause au titre de l’année 2024.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme A... doit être rejetée.




D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B... A... et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2025.



Le magistrat désigné,
Signé
G. Truy
Le greffier,
Signé
J. Jaminion



La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.




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