vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2000969 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LLC ET ASSOCIES - BUREAU DE TOULON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 12 mars 2020, 4 mars 2021, 28 octobre 2021, 22 décembre 2021, 24 janvier 2022 et 28 mars 2022, Mme C F veuve H présentée par Me Rosé, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° PC 08311119S0020 du 28 octobre 2019 par lequel le maire de la commune de Sainte-Anastasie-sur-Issole a délivré un permis de construire à M. G B afin d'édifier une construction à usage d'habitation individuelle de 90 m² de surface de plancher sur un lot détaché de la parcelle cadastrée section A n° 948 située allée des Souquettes sur le territoire communal, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Anastasie-sur-Issole la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il est soutenu que :
- le maire devait surseoir à statuer sur les demandes de permis de construire déposées sur chacun des deux lots détachés de la parcelle cadastrée section A n° 948 dans l'attente de la décision du Tribunal administratif saisi d'une requête tendant à l'annulation de la décision de non-opposition à division parcellaire du 9 avril 2019 ;
- la zone était anciennement à caractère agricole et a été ouverte à la construction dans le cadre d'une zone NB du Plan d'occupation des sols (POS) sur des superficies minimales de 1 500 m² disposant d'un assainissement individuel ; le Plan local d'urbanisme (PLU) a rangé ce secteur dans le secteur UE i2 qui correspond à des terrains situés dans le lit majeur de l'Issole et soumis à un risque d'inondation ; le projet qui permet la réalisation de deux nouvelles constructions dans le secteur méconnaît les dispositions du 2.2 de l'article UE 2 du règlement ; la commune a supporté des inondations et des coulées de boue qui ont été retenues à deux reprises au titre des catastrophes naturelles en 1999 et 2011 ;
- le secteur n'est pas desservi par le réseau public d'assainissement collectif ni par un réseau d'évacuation des eaux pluviales et l'état des voiries est inadapté ; c'est au prix d'une erreur d'appréciation et de la méconnaissance des articles L. 111-11 et R. 151-18 du code de l'urbanisme que le PLU a classé en zone urbaine les parcelles du quartier des Souquettes, non raccordées au réseau public d'assainissement collectif ; il y a lieu, par voie d'exception, de déclarer illégales ces dispositions ;
- l'implantation dérogatoire d'un système d'assainissement individuel pour deux constructions à proximité de maison d'habitation de la requérante est de nature à causer une atteinte à la salubrité dont elle ne peut être protégée en l'état faute de raccordement au réseau public d'assainissement collectif qui n'est pas réalisé (nouveau moyen, mémoire du 22 décembre 2021) ;
- la règlementation relative à la protection des riverains des exploitations agricoles et notamment viticoles applicable depuis le 1er janvier 2020 impose une distance de sécurité de 20 mètres qui ne pourra plus être respectée en l'espèce et compromettra la poursuite de cette petite exploitation familiale (nouveau moyen, mémoire du 24 janvier 2022).
Par des mémoires en défense enregistrés les 12 août 2020, 17 décembre 2021, 31 janvier 2022 et 22 mars 2022, M. G B conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête n'est pas recevable faute pour la requérante d'avoir formé un véritable recours gracieux ayant prorogé le délai de recours contentieux et faute de le lui avoir notifié, en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ; que le nouveau moyen exposé par la requérante dans son mémoire du 24 janvier 2022 est irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ; que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés les 10 février 2021, 23 décembre 2021 et 1er février 2022 la commune de Sainte-Anastasie-sur-Issole, représentée par Me Marchesini, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme F veuve H.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable en raison du défaut de notification du recours gracieux au bénéficiaire du permis de construire, du défaut d'intérêt pour agir et du fait que le bordereau de pièces versées aux débats ne répond pas aux exigences de l'article R. 412-2 du code de justice administrative ; à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 14 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 avril 2022, à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 juin 2022 :
- le rapport de M. E ;
- les conclusions de M. Cros, rapporteur public ;
- les observations de Me Rosé, représentant Mme F, veuve H ;
- et les observations de Me Marchesini, représentant la commune de Sainte-Anastasie-sur-Issole.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 mars 2019, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Coin du Sud dont le représentant est M. D A a déposé une déclaration préalable visant à diviser en trois lots dont deux à construire la parcelle bâtie cadastrée section A n° 948 de 1 813 m² située allée des Souquettes en limite orientale du territoire de la commune de Sainte-Anastasie-sur-Issole. Par un arrêté du 9 avril 2019, le maire ne s'est pas opposé à la déclaration préalable. Ensuite, par un arrêté n° PC 08311119S0020 du 28 octobre 2019, le maire a délivré à M. G B un permis de construire afin d'édifier une maison individuelle de 90 m² de surface de plancher sur le lot A de 530 m² détaché de la parcelle cadastrée section A n° 948. Mme F veuve H, propriétaire de la parcelle cadastrée section A n° 949 jouxtant au nord le terrain d'assiette de l'opération et sur laquelle est implantée une construction à usage d'habitation individuelle à usage de résidence principale, après avoir formé un recours gracieux daté du 16 décembre 2019 implicitement rejeté, demande principalement au Tribunal d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2019 et la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / () La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours () ".
3. L'exercice par un tiers d'un recours administratif ou contentieux contre un permis de construire montre qu'il a connaissance de cette décision et a pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux, alors même que la publicité concernant cette autorisation d'urbanisme n'aurait pas satisfait aux exigences prévues par l'article A. 424-17 du code de l'urbanisme. Si les dispositions citées ci-dessus de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne font pas obstacle à ce que la personne intéressée forme, en respectant les formalités de notification propres à ce recours, un recours contentieux dans le délai de recours de droit commun, il résulte de ces mêmes dispositions qu'à défaut de l'accomplissement des formalités de notification qu'elles prévoient, un recours administratif dirigé contre un permis de construire ne proroge pas le délai de recours contentieux.
4. Mme F veuve H a manifesté une connaissance acquise du permis de construire en exerçant, par un courrier du 16 décembre 2019 distribué le lendemain, un recours gracieux à l'encontre de cette décision, qui a fait courir à son égard le délai de recours contentieux. Il ressort des pièces du dossier qu'elle n'a pas notifié la copie de ce recours gracieux à M. B, bénéficiaire du permis de construire. Faute pour son recours administratif d'avoir été notifié selon les formes requises par l'article R. 600 1 du code de l'urbanisme, il n'a pas pu proroger le délai de recours contentieux de deux mois. Ce délai était ainsi expiré lorsque la demande d'annulation du permis de construire en litige a été enregistrée, le 12 mars 2020, au greffe du Tribunal administratif de Toulon.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 octobre 2019 portant permis de construire doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais du litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la commune de Sainte-Anastasie-sur-Issole qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance supporte la charge des frais exposés par Mme F veuve H et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions de cette commune tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE
Article 1er : La requête de Mme F veuve H est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Sainte-Anastasie-sur-Issole tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F veuve H et à la commune de Sainte-Anastasie-sur-Issole, et à M. G B.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Riffard, premier conseiller,
M. Bailleux, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 29 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé :
D. E
Le président,
Signé :
J-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026