mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2103232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MENARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 10 et 16 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Menard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2021 par lequel la préfète de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne d'examiner son droit au séjour dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit quant à l'application de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est entré en France avant l'âge de 13 ans ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
- elle est signée d'une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La clôture de l'instruction a été fixée au 7 mars 2022 par une ordonnance du 20 décembre 2021.
Un mémoire en défense, présenté par le préfet de la Vienne, a été enregistré le 10 juin 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A ressortissant gabonais né le 30 septembre 1978, est entré en France, selon ses déclarations, le 10 août 1987. Il a obtenu des titres de séjour pour les périodes du 25 avril 2005 au 21 mars 2013 et du 29 octobre 2019 au 28 octobre 2020. Par un arrêté du 6 décembre 2021, la préfète de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
2. Par un arrêté du 27 août 2021, figurant au visa de l'arrêté litigieux et régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département, la préfète de la Vienne a donné délégation à Mme Pascale Pin, secrétaire générale de la préfecture, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions contestées. Ainsi, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté manquent en fait et doivent, en tout état de cause, être écartés.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
3. L'arrêté attaqué vise notamment l'article L. 611-1 1° et 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui constitue le fondement en droit de l'obligation de quitter le territoire français. Il énonce que M. A, entré en France en 1987 selon ses déclarations, s'y maintient irrégulièrement sans être titulaire d'un titre de séjour et ne fait pas état de liens personnels ou professionnels intenses en France, et ajoute qu'incarcéré depuis le 4 juin 2021, il est une menace pour l'ordre public, ce qui en constituent les motifs de fait. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; (). ".
5. M. A soutient être entré en France le 10 août 1987, soit à l'âge de 9 ans, comme l'attesterait une mention figurant sur son passeport, et prétend que les services préfectoraux disposent du dossier le concernant, qui démontrerait la réalité de ses dires. Toutefois, le requérant n'apporte aucun élément attestant qu'il réside habituellement en France depuis cette date. En outre, il ressort des termes de la décision litigieuse, qui ne sont pas contestés, que l'intéressé ne disposait pas de titres de séjour entre 2013 et 2019, et n'en dispose plus depuis 2020. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
6. L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure () nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre () ".
7. Le requérant allègue résider en France depuis l'âge de 9 ans et y avoir été scolarisé. Toutefois, il n'apporte aucun élément montrant qu'il entretient des liens personnels intenses et stables sur le territoire. Il ressort au contraire des termes de la décision litigieuse que si son père et ses frères et sœurs vivent en France, M. A a déclaré le 25 novembre 2021 " ne plus avoir de contact " avec eux, ni avec ses amis. Enfin, il n'est pas contesté que sa mère vit au Gabon. De même, il ne fait pas état d'une insertion sociale ou professionnelle et n'a pas de domicile connu sur le territoire français. Dès lors, en l'état du dossier, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse méconnait l'article 8 précité.
Sur la décision fixant le pays de destination :
8. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.
9. Enfin, le requérant n'établit pas qu'un retour dans son pays d'origine l'exposerait à des traitements inhumains ou dégradants ou que sa vie y serait menacée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
10. L'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
11. La décision litigieuse vise, d'une part, l'article L. 612-6 dont les termes sont reproduits et précise d'autre part que l'intéressé ne justifie d'aucune circonstance humanitaire. Elle est donc suffisamment motivée.
12. Enfin, si le requérant fait valoir que sa famille réside en France, il ne démontre pas entretenir des liens avec eux, ayant au contraire indiqué ne plus avoir de contact avec son père et ses frères et sœurs. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit donc être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 décembre 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Vienne et à Me Menard.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Lemoine, président,
M. Lacaïle, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
M. GEISMAR
Le président,
Signé
D. LEMOINE Le greffier d'audience,
Signé
JP. CHANTECAILLE
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026