jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2300314 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DIA IBRAHIMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mars 2023, Mme B épouse D, représentée par Me Dia, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 18 janvier 2023 par laquelle la préfète de la Haute-Vienne a rejeté son recours gracieux contre la décision du 7 décembre 2022, ensemble l'arrêté lui ayant refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'ayant obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Mme D soutient que :
La décision de rejet de son recours gracieux :
- est entachée d'incompétence ;
- est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par la préfète ;
- méconnaît les 5) et 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2023, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable au titre des articles R. 776-2 et R. 776-5 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, qu'elle n'est pas fondée.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- et les observations de Me Dia, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit
1. Mme D, ressortissante algérienne née en 1971, est entrée en France en 2016 selon ses déclarations. Elle a sollicité le 29 mars 2022 la délivrance d'un certificat de résidence algérien au titre de sa santé et de ses liens personnels et familiaux. Par arrêté du 7 décembre 2022, la préfète de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par une décision du 18 janvier 2023, la préfète de la Haute-Vienne a rejeté son recours gracieux du 29 décembre 2022.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 7 décembre 2022 :
2. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 7 décembre 2022 mentionne la possibilité de contester sa légalité dans un délai de trente jours devant le tribunal administratif de Limoges. Cette notification satisfaisait ainsi aux prescriptions de l'article R. 421-5 du code de justice administrative.
4. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine. ". En outre, l'article 44 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles prévoit que : " I.- En matière civile, lorsqu'une demande d'aide juridictionnelle en vue de se pourvoir devant la Cour de cassation ou de former une demande de réexamen devant la cour mentionnée à l'article L. 452-3 du code de l'organisation judiciaire est déposée ou adressée au bureau d'aide juridictionnelle établi près la Cour de cassation avant l'expiration du délai imparti pour le dépôt du pourvoi, de la demande de réexamen ou des mémoires, ce délai est interrompu. Un nouveau délai de recours court à compter de la notification de la décision du bureau d'aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, de la date à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. (). II. - Les délais de recours sont interrompus dans les conditions prévues au I lorsque l'aide juridictionnelle est sollicitée à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'Etat, une cour administrative d'appel ou une juridiction administrative spécialisée statuant en premier et dernier ressort ou en appel à charge de recours en cassation devant le Conseil d'Etat. ".
5. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de l'action introduite devant le tribunal administratif, d'établir que l'administré a reçu notification régulière de la décision prise sur sa demande. En cas de retour à l'administration du pli contenant la notification, cette preuve peut résulter soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale.
6. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté par la requérante qui le mentionne dans ses écritures que l'avis de réception du pli contenant l'arrêté en litige est daté du 10 décembre 2022. Dès lors, l'arrêté a été régulièrement notifié à cette date. Si Mme D a présenté une demande d'aide juridictionnelle, celle-ci a été introduite le 6 février 2023, soit après l'expiration du délai de recours contentieux contre cette décision. Par suite, en tant qu'il est dirigé à l'encontre de l'arrêté du 7 décembre 2022, son recours contentieux est tardif et, ainsi, irrecevable.
Sur les conclusions dirigées contre le rejet implicite du recours gracieux :
7. La décision rejetant un recours gracieux contre une décision dont le délai de recours contentieux est expiré est, en l'absence de changement de circonstance de droit ou de fait, purement confirmative d'une décision définitive qui n'a pas pour effet de rouvrir le délai de recours contentieux. Une telle décision confirmative est insusceptible de faire l'objet d'un recours contentieux.
8. En l'espèce, il résulte du point 6 du présent jugement que l'arrêté en date du 7 décembre 2022 est définitif. Si Mme D évoque dans son recours gracieux des démarches entreprises le 10 juin 2022 pour obtenir un logement, cette information était déjà connue de la préfète lors de l'édiction de son arrêté du 7 décembre 2022. De même, si elle évoque les problèmes de santé de son mari et la nécessité qui en découle de la présence d'une tierce personne à ses côtés, le certificat médical du 3 octobre 2022 en attestant est antérieur à l'arrêté lui refusant la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " objet de son recours gracieux. Dès lors, cet élément ne peut être regardé comme ayant le caractère d'un changement de circonstance de fait. Par suite, la décision rejetant le recours gracieux était purement confirmative d'une décision devenue définitive et ne pouvait faire l'objet d'un recours contentieux. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir doit être accueillie.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme D est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse D, à Me Dia et à la préfète de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
Le rapporteur,
F. E
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne
à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. C
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026