vendredi 25 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-1910109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | GOLDWIN PARTNERS |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête, un mémoire récapitulatif et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement les 17 septembre 2019, 20 janvier 2022 et 4 mai 2022 sous le numéro 1910109, le mémoire en réplique du 4 mai 2022 n'ayant pas été communiqué, Mme A C, représentée par Me Zahedi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 30 juillet 2019 par laquelle la commune E n'a pas renouvelé son contrat ;
2°) de condamner la commune E à lui verser :
- la somme de 18 841,92 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice financier lié au caractère illégal de la décision de non-renouvellement de contrat ;
- la somme de 10 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral lié au caractère illégal de la décision de non-renouvellement de contrat ;
- la somme de 6 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice lié au non-respect du préavis ;
- la somme de 10 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral consécutif au harcèlement moral subi ;
3°) de mettre à la charge de la commune E le versement de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
En ce qui concerne la recevabilité de sa requête :
- sa requête, enregistrée le 17 septembre 2019, n'est pas tardive ;
- elle a formulé une demande indemnitaire préalable le 20 janvier 2022, laquelle a été réceptionnée par la commune E le 21 janvier suivant ;
- sa demande indemnitaire n'est pas limitée au montant indiqué dans la requête.
En ce qui concerne la décision de non-renouvellement de contrat :
- le délai de préavis fixé par les dispositions combinées des articles 38-1 et L. 5212-2 du code du travail n'a pas été respecté ;
- s'agissant d'une sanction déguisée, elle a été prise sans lui permettre de faire valoir ses observations lors d'un entretien préalable, en méconnaissance des dispositions des articles 36 et 39-5 du décret du 15 février 1988 ;
- en admettant qu'il ne s'agisse pas d'une sanction déguisée, elle méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elle n'a pas été invitée à faire valoir ses observations ;
- elle n'est pas justifiée par l'intérêt du service ;
- elle constitue une sanction déguisée, s'inscrivant dans un contexte de harcèlement.
En ce qui concerne les autres fautes :
- le non-respect du délai de préavis est constitutif d'une faute ;
- elle a subi un harcèlement moral après avoir dénoncé les propos d'une directrice d'école qui lui a demandé de la mettre en relation avec des acheteurs de cannabis.
En ce qui concerne les préjudices :
- elle évalue le préjudice financier correspondant à la perte de chance de percevoir un salaire consécutif à la décision de non-renouvellement de contrat à 18 841,92 euros ;
- elle évalue le préjudice lié à l'impossibilité de se reconvertir professionnellement et au trouble dans ses conditions d'existence à la suite du non-renouvellement de contrat à 10 000 euros ;
- elle évalue le préjudice lié au non-respect du délai de préavis à 6 000 euros ;
- elle évalue le préjudice moral lié au harcèlement à 10 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 30 juillet 2021 et 15 mars 2022, la commune E, représentée par Me Cazin, conclut au rejet de la requête et à ce que
Mme C lui verse une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune E fait valoir que les conclusions tendant à l'indemnisation du préjudice moral lié au harcèlement moral allégué sont irrecevables, que les conclusions indemnitaires supérieures à 18 540 euros ne peuvent être prises en compte et qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par un courrier du 11 octobre 2022, les parties ont été informées, qu'en application des dispositions de l'article R 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur un moyen relevé d'office et tiré de ce que la commune E était en situation de compétence liée pour ne pas renouveler le contrat de travail de Mme C dès lors que la durée de ce contrat ne pouvait excéder deux ans au total, en application de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale.
La requérante a répondu à ce moyen d'ordre public le 17 octobre 2022 et sa réponse a été communiquée à la commune E le 18 octobre 2022.
II) Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement les 4 mai 2022 et 19 septembre 2022 sous le numéro 2207283, Mme A C, représentée par Me Zahedi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet, née du silence gardé par la commune E sur sa demande indemnitaire préalable du 20 janvier 2022, réceptionnée en mairie le 21 janvier suivant ;
2°) de condamner la commune E à lui verser :
- la somme de 18 841,92 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice financier lié au caractère illégal de la décision de non-renouvellement de contrat ;
- la somme de 10 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral lié au caractère illégal de la décision de non-renouvellement de contrat ;
- la somme de 6 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice lié au non-respect du préavis ;
- la somme de 10 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral consécutif au harcèlement moral subi.
3°) de mettre à la charge de la commune E le versement de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
En ce qui concerne la recevabilité de sa requête :
- la requête est dirigée contre une décision faisant grief ;
- elle ne constitue pas un recours parallèle.
En ce qui concerne la décision de non-renouvellement de contrat :
- le délai de préavis fixé par les dispositions combinées des articles 38-1 et L. 5212-2 du code du travail n'a pas été respecté ;
- s'agissant d'une sanction déguisée, elle a été prise sans lui permettre de faire valoir ses observations lors d'un entretien préalable, en méconnaissance des dispositions des articles 36 et 39-5 du décret du 15 février 1988 ;
- en admettant qu'il ne s'agisse pas d'une sanction déguisée, elle méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elle n'a pas été invitée à faire valoir ses observations ;
- elle n'est pas justifiée par l'intérêt du service ;
- elle constitue une sanction déguisée, s'inscrivant dans un contexte de harcèlement.
En ce qui concerne les autres fautes :
- le non-respect du délai de préavis est constitutif d'une faute ;
- elle a subi un harcèlement moral après avoir dénoncé les propos d'une directrice d'école qui lui a demandé de la mettre en relation avec des acheteurs de cannabis.
En ce qui concerne les préjudices :
- elle évalue le préjudice financier correspondant à la perte de chance de percevoir un salaire consécutif à la décision de non-renouvellement de contrat à 18 841,92 euros ;
- elle évalue le préjudice lié à l'impossibilité de se reconvertir professionnellement et au trouble dans ses conditions d'existence à la suite de son non-renouvellement de contrat à 10 000 euros ;
- elle évalue le préjudice lié au non-respect du délai de préavis à 6 000 euros ;
- elle évalue le préjudice moral lié au harcèlement à 10 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2022, la commune E, représentée par Me Cazin, conclut au rejet de la requête et à ce que Mme C lui verse une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune E fait valoir que la requête est dirigée contre une décision ne faisant pas grief, qu'elle constitue un recours parallèle et qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par un courrier du 11 octobre 2022, les parties ont été informées, qu'en application des dispositions de l'article R 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur un moyen relevé d'office et tiré de ce que la commune E était en situation de compétence liée pour ne pas renouveler le contrat de travail de Mme C dès lors que la durée de ce contrat ne pouvait excéder deux ans au total, en application de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale.
La requérante a répondu à ce moyen d'ordre public le 17 octobre 2022 et sa réponse a été communiquée à la commune E le 18 octobre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- les observations de Me Perez, substituant Me Zahedi représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été recrutée par la commune E en qualité de manière continue du 2016 jusqu'au 2019, au moyen de trois contrats à durée déterminée successifs d'un an conclus sur le fondement des dispositions de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984. Par une décision du 30 juillet 2019, notifiée le 31 juillet 2019, la commune a informé la requérante du non-renouvellement de son dernier contrat, conclu pour la période du 2018 au 2019. Mme C en demande l'annulation ainsi que la condamnation de la commune E à lui verser la somme de 44 841,92 euros de dommages-intérêts, en raison des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision de non-renouvellement du 30 juillet 2019, du non-respect du délai de préavis et du harcèlement moral dont elle a fait l'objet.
I. Sur la jonction des instances :
2. Les requêtes susvisées concernent la situation de la même requérante, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
II. Sur les conclusions en annulation et indemnitaires :
II. A. En ce qui concerne l'illégalité de la décision de non-renouvellement :
3. Aux termes de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et pour les besoins de continuité du service, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. / Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an. Il ne peut l'être que lorsque la communication requise à l'article 41 a été effectuée. / Sa durée peut être prolongée, dans la limite d'une durée totale de deux ans, lorsque, au terme de la durée fixée au deuxième alinéa du présent article, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi par un fonctionnaire n'a pu aboutir ".
4. Ainsi qu'il a été dit au point 1, Mme C a été recrutée par trois contrats à durée déterminée successifs sur le fondement des dispositions précitées de l'article 3-2 de la loi du
26 janvier 1984, de manière continue du 2016 jusqu'au 2019, soit une durée de trois ans. Dès lors qu'il résulte expressément des dispositions précitées qu'un contrat de recrutement pour pourvoir à une vacance d'emploi ne peut dépasser une durée cumulée de deux années, la commune E était tenue de refuser le renouvellement du dernier contrat de l'intéressée, conclu pour la période du 2018 au 2019, sur ce fondement.
5. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que Mme C ne peut utilement se prévaloir des vices de procédure qui affecteraient la décision de non renouvellement attaquée, du défaut d'intérêt du service et de la nature de sanction déguisée de cette absence de renouvellement. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation présentées par
Mme C doivent être rejetées.
II. B. En ce qui concerne les autres fautes:
II.B.1- S'agissant du non-respect du délai de préavis :
6. Aux termes de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " I.- Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard :/-huit jours avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée inférieure à six mois ;/-un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ;/-deux mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à deux ans ;/-trois mois avant le terme de l'engagement pour l'agent dont le contrat est susceptible d'être renouvelé pour une durée indéterminée en application des dispositions législatives ou réglementaires applicables./Ces durées sont doublées, dans la limite de quatre mois, pour les personnels handicapés mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail, dans la mesure où la reconnaissance du handicap aura été préalablement déclarée à l'employeur et dans des délais suffisants. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 5212-13 du code du travail : " Bénéficient de l'obligation d'emploi instituée par l'article L. 5212-2 : / 1° Les travailleurs reconnus handicapés par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées () ".
7. Ainsi qu'il a été dit au point 4, le dernier contrat de travail conclu par Mme C pour la période du 2018 au 2019, n'était pas susceptible de renouvellement. Dès lors la requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions combinées des articles 38-1 du décret du 15 février 1988 et L. 5212-13 du code du travail et soutenir que le préavis d'un mois qui lui a été accordé ne respectait pas ces dispositions.
II.B.2- S'agissant du harcèlement moral :
8. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. "
9. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
10. Mme C soutient qu'elle a fait l'objet d'un harcèlement moral de la part d'une directrice d'école et de la commune E, après avoir dénoncé les propos tenus le
devant elle et trois autres collègues pour leur demander de la mettre en relation avec des acheteurs de cannabis. Elle fait valoir que ce harcèlement s'est traduit par des pressions psychologiques qui l'ont conduite à faire un malaise cardiaque, reconnu en accident du travail le 2018. Elle soutient qu'il s'est également manifesté par les appréciations négatives portées sur sa manière de servir par cette directrice d'école le 28 janvier 2019, puis par sa nouvelle responsable hiérarchique le 7 mai 2019, alors qu'elle avait toujours été bien notée. Selon elle, ce harcèlement s'est en outre traduit par l'immobilisme du maire qu'elle a rencontré le pour dénoncer une nouvelle fois les propos tenus par la et l'alerter sur sa situation, que la directrice de a du reste reconnu en l'affectant dans une autre école le 2019. Enfin, le harcèlement s'est manifesté par le non-renouvellement de son contrat décidé de façon brusque et dégradante le 2019, alors qu'il devait être renouvelé. Toutefois, si la commune E ne nie pas que Mme C a dénoncé les propos tenus par la directrice , la requérante ne précise pas à quelle date elle l'a fait la première fois et il résulte de l'instruction, notamment d'un rapport de la direction départementale , rapportant les propos tenus par l'intéressée, que cette dénonciation est intervenue pour la première fois le , à la suite de l'accident du même jour, après le refus de la directrice de de signer un arrêt de travail, de telle sorte qu'il n'est pas établi que cet accident résulte de pressions psychologiques exercées par cette directrice. Par ailleurs, il ne résulte pas de cette même instruction que l'accident survenu le 3 octobre 2018 aurait été reconnu en accident du travail, ainsi que le soutient la requérante. Au contraire, un courriel adressé par l'agent " responsable " du service de la direction de la commune E à un représentant du personnel au CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) permet de constater que Mme C n'a pas fait état d'un risque professionnel dans sa déclaration d'accident. En outre, les appréciations portées sur la manière de servir de la requérante par la en et celles portées en par sa nouvelle responsable hiérarchique, consistant à souligner des difficultés relationnelles avec certains collègues ou membres de la hiérarchie et la nécessité de progresser dans l'élaboration des projets d'activités et dans l'écoute des explications de sa hiérarchie, ne dépassent pas le cadre de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Par ailleurs, Mme C, qui a obtenu un changement d'affectation le lendemain de son entretien avec le maire, ne saurait lui reprocher son immobilisme. Pour autant, ce changement d'affectation ne saurait traduire une reconnaissance par la commune d'une situation de harcèlement moral, contrairement à ce que soutient la requérante, mais seulement celle d'un problème relationnel. Enfin, ainsi qu'il a été dit, non seulement la commune E était en situation de compétence liée pour refuser le renouvellement du contrat de Mme C mais en outre, il résulte de l'instruction qu'elle l'a fait pour permettre la réintégration d'un agent. La seule circonstance que le directeur général ait émis en un avis favorable au renouvellement du contrat et que la requérante ait obtenu un avis d'aptitude médicale favorable ne sauraient permettre de considérer que le non-renouvellement est intervenu de façon brutale et dégradante. Dans ces conditions, le harcèlement moral n'est pas caractérisé.
II. C. En ce qui concerne les préjudices :
11. En l'absence de faute de l'administration, les conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requêtes de Mme C doivent être rejetées.
III. Sur les frais liés à l'instance :
13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune E, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C réclame au titre des frais liés à l'instance. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de
Mme C le versement à la commune E de la somme demandée au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme C sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de la commune E, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la commune E.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Salzmann, présidente,
Mme de Bouttemont, première conseillère,
M. L'hôte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.
Le rapporteur,La présidente, SignéSigné F. L'hôteM. D La greffière, Signé A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 1910109
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026