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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2008388

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2008388

mardi 5 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2008388
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantWALGENWITZ AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 16 août 2020, 7 avril 2021 et 2 août 2023, Mme C F D, représentée par Me Abdalli, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision révélée par le courrier du 4 février 2020 du maire de la commune de Bagnolet, le titre de recettes émis à son encontre le 11 février 2020 pour un montant de 6 283,83 euros par la commune de Bagnolet, ainsi que la décision du 16 juin 2020 du maire de la commune de Bagnolet portant rejet de son recours gracieux ;

2°) de la décharger du paiement de la somme de 6 283,83 euros correspondant au titre de recettes émis à son encontre le 11 février 2020 par la commune de Bagnolet ;

3°) de condamner la commune de Bagnolet à lui verser les sommes de 6 283,83 euros et de 14 400 euros en réparation de ses préjudices financiers, ainsi que la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral et de santé qu'elle estime avoir subi ;

4°) d'enjoindre à la commune de Bagnolet de lui verser les sommes précitées dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

5°) d'enjoindre au maire de la commune de Bagnolet de procéder à son reclassement à une fonction adaptée à son état de santé ;

6°) de mettre à la charge de la commune de Bagnolet la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- la décision du 4 février 2020 et le titre de recettes émis du 11 février 2020 à son encontre sont illégaux en ce que la commune lui demande le paiement d'une somme dont elle n'est pas redevable dès lors qu'elle a été prise alors que l'administration avait perdu son dossier médical et après que le comité médical ait été saisi dans un délai déraisonnable ;

- la commune de Bagnolet a commis une faute tirée de l'illégalité de la décision du 4 février 2020 confirmée par la décision du 16 juin 2021 rejetant son recours gracieux ;

- la commune de Bagnolet a commis une faute tirée de la perte de son dossier de demande de congé de longue maladie et du retard anormal dans le traitement de son dossier par le comité médical interdépartemental ;

- la commune de Bagnolet a commis une faute dès lors, d'une part, que son reclassement a été fait en méconnaissance de la procédure car elle n'a pas été examinée par le médecin agréé, d'autre part, qu'elle a été reclassée à un poste qui est incompatible avec son état de santé, et, enfin, qu'elle n'a bénéficié d'aucune période de préparation et d'aucun suivi ;

- elle a subi, du fait de la faute de la commune dans la gestion de sa demande d'octroi d'un congé de longue maladie, un préjudice financier d'un montant correspondant à une perte de revenu de 1 600 euros pendant neuf mois, soit 14 400 euros, ainsi qu'un préjudice d'un montant de 6 283,83 euros ;

- elle a subi un préjudice moral et de santé qu'elle évalue à un montant de 10 000 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 février 2021, la commune de Bagnolet, représentée par Me Walgenwitz, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête de Mme D est irrecevable dès lors que ses conclusions sont dépourvues d'un lien suffisant pour faire l'objet d'une requête unique ;

- les conclusions indemnitaires présentées par Mme D sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une demande indemnitaire préalable ;

- les conclusions en annulation dirigées à l'encontre du courrier du 4 février 2020 sont irrecevables dès lors que cet acte, qui indique seulement qu'un titre de recettes sera prochainement émis, ne fait pas grief ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 25 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la fonction publique ;

­ la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,

- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D a été recrutée par la commune de Bagnolet en qualité d'agent social territorial titulaire. Elle occupait les fonctions d'agent d'accueil au sein du relais d'assistance maternelle. Par deux courriers du 10 janvier 2019, elle a sollicité l'octroi d'un congé de longue maladie, ainsi que le maintien de son plein traitement dans l'attente de l'avis du comité médical. Par une décision du 14 février 2019, le maire de la commune de Bagnolet a fait droit à cette demande " à titre exceptionnel et dérogatoire " en précisant que, dans le cas d'un avis défavorable de la part du comité médical quant à sa demande de placement en congé de longue maladie, " les sommes versées devront être intégralement restituées à la collectivité ". Après un examen le 10 décembre 2019 de Mme D par un médecin agréé, le comité médical, réuni en séance du 9 janvier 2020, a rendu un avis défavorable à la demande de l'intéressée d'octroi d'un congé de longue maladie. Par un courrier du 4 février 2020, le maire de la commune de Bagnolet a alors informé Mme D du sens de l'avis émis par le comité médical, a refusé en conséquence de lui octroyer le congé de longue maladie sollicité et a décidé de l'émission d'un titre de recettes à son encontre d'un montant de 6 283,83 euros correspondant au trop-perçu sur son traitement du mois de mai 2019 à janvier 2020. Le 11 février 2020, ledit titre de recettes a été émis à l'encontre de Mme D par la commune de Bagnolet. Par un courrier du 25 mars 2020, Mme D a formé un recours gracieux contre cette décision. Par une décision du 16 juin 2020, le maire de la commune de Bagnolet a rejeté sa demande. Par ailleurs, le 16 mars 2020, Mme D a été reclassée au poste d'agent d'équipement à la médiathèque. Par un courrier du 4 août 2020, Mme D a demandé à la commune de Bagnolet de la reclasser sur un autre poste compatible avec ses restrictions médicales, considérant que son reclassement n'était pas adapté à son état de santé. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision révélée par le courrier du 4 février 2020, le titre de recettes émis à son encontre le 11 février 2020, ainsi que la décision du 16 juin 2020 et de la décharger du paiement de la somme de 6 283,83 euros correspondant au titre de recettes du 11 février 2020, d'autre part, de condamner la commune de Bagnolet à lui verser les sommes de 6 283,83 euros et de 14 400 euros en réparation de ses préjudices financiers, ainsi que la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral et de santé qu'elle estime avoir subi.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :

2. Aux termes de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée ; () ". Aux termes de l'article 18 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Le fonctionnaire qui est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions par suite d'une maladie grave et invalidante nécessitant un traitement et des soins prolongés est mis en congé de longue maladie, () ".

3. En premier lieu, aux termes de l'article 4 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987, dans sa version applicable au litige : " Le comité médical est chargé de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les questions médicales soulevées par l'admission des candidats aux emplois publics, l'octroi et le renouvellement des congés de maladie et la réintégration à l'issue de ces congés, lorsqu'il y a contestation. / Il est consulté obligatoirement pour : () b) L'octroi et le renouvellement des congés de longue maladie ou de longue durée ; () / Il peut recourir, s'il y a lieu, au concours d'experts pris en dehors de lui. Ceux-ci doivent être choisis suivant leur qualification sur la liste des médecins agréés prévue à l'article 1er du présent décret. Les experts peuvent donner leur avis par écrit ou siéger au comité à titre consultatif. S'il ne se trouve pas dans leur ressort territorial un ou plusieurs des experts dont l'assistance a été jugée nécessaire, les comités font appel à des experts professant dans d'autres départements. / Le secrétariat du comité médical informe le fonctionnaire : / -de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier ; / -de ses droits concernant la communication de son dossier et de la possibilité de faire entendre le médecin de son choix ; / -des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur. / L'avis du comité médical est communiqué au fonctionnaire sur sa demande. / Le secrétariat du comité médical est informé des décisions qui ne sont pas conformes à l'avis du comité médical ".

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 10 janvier 2019, Mme D a sollicité auprès de la commune de Bagnolet l'octroi d'un congé de longue maladie. Elle a été convoquée par un courrier du 12 novembre 2019 à un examen médical par un médecin agréé, le docteur B, le 10 décembre 2019. Le comité médical interdépartemental a ensuite rendu son avis en séance du 9 janvier 2020, avis dont la requérante a été informée par le courrier du 4 février 2020. Or, il ne résulte pas des dispositions des textes précités, ni d'aucun texte légal ou réglementaire que la saisine du comité médical soit enserrée dans un quelconque délai à compter de la demande d'octroi d'un congé de longue maladie. Par suite, la circonstance que le délai de saisine du comité médical aurait été déraisonnable est sans incidence sur la légalité des décisions en litige. Par suite, et dès lors que le comité médical a régulièrement été saisi préalablement à la décision refusant à Mme D l'octroi d'un congé de longue maladie, le moyen tiré du délai déraisonnable de saisine du comité médical doit être écarté comme inopérant.

5. En second lieu, la requérante, qui n'apporte aucun élément permettant de remettre en cause l'appréciation du comité médical interdépartemental, n'établit pas, comme elle le soutient, que son dossier médical aurait été perdu par la commune. Elle n'apporte d'ailleurs aucune pièce, ni aucune précision, au soutien de cette allégation contestée par la commune de Bagnolet en défense. Dans ces conditions, Mme D n'est pas fondée à soutenir que le maire de la commune de Bagnolet aurait commis une erreur d'appréciation en rejetant sa demande d'octroi d'un congé de longue maladie.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation des décisions des

4 février 2020 et 16 juin 2020 du maire de la commune de Bagnolet et du titre de recettes émis à son encontre le 11 février 2020, ainsi que ses conclusions tendant à la décharge du paiement de la somme de 6 283,83 euros correspondant au titre de recettes du 11 février 2020 doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la faute tirée de l'illégalité de la décision du 4 février 2020 :

7. Il résulte ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision du 4 février 2020 par laquelle le maire de la commune de Bagnolet a refusé de lui octroyer le congé de longue maladie sollicité en raison de l'avis défavorable émis par le comité médical le 9 janvier 2020 et a décidé de l'émission d'un titre de recettes à son encontre d'un montant de 6 283,83 euros correspondant au trop-perçu sur son traitement du mois de mai 2019 à janvier 2020 serait entachée d'illégalité. Par suite, la faute tirée de l'illégalité de cette décision n'est pas établie.

En ce qui concerne la faute dans la gestion des services de la commune constituée par la perte du dossier médical et par le retard anormal dans le traitement de son dossier :

8. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, la requérante n'établit pas que son dossier aurait été perdu par la commune qui conteste cette allégation en défense. En effet, la perte alléguée du dossier de Mme D ne résulte pas de l'instruction, notamment d'aucune pièce produite au dossier.

9. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'un délai d'un an s'est écoulé entre la demande de Mme D du 10 janvier 2019 d'octroi d'un congé de longue maladie et l'avis du comité médical du 9 janvier 2020 dont la requérante a été informée par courrier du 4 février 2020. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que l'intéressée n'a été convoquée afin d'être examinée par le médecin agréé que par courrier du 12 novembre 2019. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 4 du présent jugement, il ne résulte d'aucun texte légal ou réglementaire que la saisine du comité médical soit enserrée dans un quelconque délai à compter de la demande d'octroi d'un congé de longue maladie. Dans ces conditions, Mme D, qui n'établit pas en quoi le délai de traitement de sa demande aurait été déraisonnable, n'est pas fondée à soutenir que l'administration aurait commis une faute susceptible d'engager sa responsabilité au regard du délai dans lequel la commune a instruit son dossier de demande d'octroi d'un congé de longue maladie.

En ce qui concerne la faute tirée de l'irrégularité de la procédure de reclassement et de l'incompatibilité du poste de reclassement avec son état de santé :

10. Aux termes de l'article 81 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, dans sa version applicable au litige : " Les fonctionnaires territoriaux reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions peuvent être reclassés dans les emplois d'un autre cadre d'emploi, emploi ou corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985, relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, dans sa version applicable au litige : " Lorsque l'état physique d'un fonctionnaire territorial ne lui permet plus d'exercer normalement ses fonctions et que les nécessités du service ne permettent pas d'aménager ses conditions de travail, le fonctionnaire peut être affecté dans un autre emploi de son grade après avis de la commission administrative paritaire. / L'autorité territoriale procède à cette affectation après avis du service de médecine professionnelle et de prévention, dans l'hypothèse où l'état de ce fonctionnaire n'a pas rendu nécessaire l'octroi d'un congé de maladie, ou du comité médical si un tel congé a été accordé. () ".

11. Il résulte des dispositions précitées que, lorsqu'un fonctionnaire est reconnu, par suite de l'altération de son état physique, inapte à l'exercice de ses fonctions, il incombe à l'administration de rechercher si le poste occupé par ce fonctionnaire ne peut être adapté à son état physique ou, à défaut, de lui proposer une affectation dans un autre emploi de son grade compatible avec son état de santé. Si le poste ne peut être adapté ou si l'agent ne peut être affecté dans un autre emploi de son grade, il incombe à l'administration de l'inviter à présenter une demande de reclassement dans un emploi d'un autre corps.

12. Il résulte de l'instruction que Mme D a été examinée les 4 et 9 mars 2020 par le docteur A, médecin assermenté, afin qu'il se prononce sur son aptitude à l'exercice de ses fonctions actuelles d'agent d'accueil, ainsi que ses restrictions le cas échéant et son aptitude à l'exercice de nouvelles fonctions en qualité d'agent d'équipement à la médiathèque. Ce dernier a considéré que l'intéressée était inapte à l'exercice de ses fonctions actuelles et apte à l'exercice de fonctions sur le poste d'agent d'équipement à la médiathèque. Mme D a alors été reclassée le 16 mars 2020 au poste d'agent d'équipement à la médiathèque. Par un courrier 4 août 2020, Mme D a demandé à la commune de Bagnolet de la reclasser sur un autre poste compatible avec ses restrictions médicales considérant que son reclassement ne serait pas adapté à son état de santé. Le 10 septembre 2020, Mme D a été de nouveau examinée par le médecin agréé afin qu'il se prononce sur son aptitude à l'exercice de ses nouvelles fonctions. À l'issue de cet examen, le docteur A a considéré que l'intéressée n'est plus apte à l'exercice de ses nouvelles fonctions. Ainsi, la commune de Bagnolet a saisi le 18 septembre 2020 le comité médical afin qu'il se prononce pour avis sur l'aptitude de Mme D.

13. Il résulte de ce qui précède, d'une part, que contrairement à ce qu'indique la requérante, la commune de Bagnolet a saisi un médecin agréé avant de procéder à son reclassement. D'autre part, l'obligation de reclassement étant une obligation de moyens, la commune doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant entrepris avec diligence les démarches afin de tenter de reclasser Mme D, après qu'elle a été déclarée inapte à ses précédentes fonctions. Enfin, si la requérante soutient qu'elle n'a bénéficié d'aucune période de préparation et d'aucun suivi, elle n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.

14. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la commune de Bagnolet aurait commis une faute tirée, d'une part, de ce qu'elle aurait été reclassée en méconnaissance de la procédure car elle n'aurait pas été examinée par le médecin agréé, d'autre part, qu'elle aurait été reclassée à un poste qui est incompatible avec son état de santé et, enfin, qu'elle n'aurait bénéficié d'aucune période de préparation et d'aucun suivi.

15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions indemnitaires de Mme D doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation et de décharge, ainsi que les conclusions indemnitaires, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bagnolet, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme D, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, Mme D n'ayant exposé aucun dépens, ses conclusions tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de la commune de Bagnolet doivent être rejetées.

18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D le versement de la somme de 500 euros à la commune de Bagnolet en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Mme D versera à la commune de Bagnolet la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par la commune de Bagnolet en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F D et à la commune de Bagnolet.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. L'hôte, premier conseiller,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.

La rapporteure,Le président,Mme BazinM. TruilhéLa greffière,Mme E

La République mande et au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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