mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2101570 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | MASILU-LOKUBIKE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 février 2021, Mme A E divorcée C, représentée par Me Masilu, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2020 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis ou au préfet territorialement compétent, à titre principal, de renouveler sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " dans le mois du prononcé de la décision, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer, durant ce temps, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant du refus de séjour :
- la procédure est irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- l'article L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu ;
- une erreur manifeste d'appréciation a été commise.
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A E divorcée C, ressortissante congolaise (République du Congo) née le 25 septembre 1992 à Brazzaville, déclare dans sa requête être entrée en France le 11 mars 2017 munie d'un visa long séjour en sa qualité de conjointe d'un Français. Par un arrêté du 28 décembre 2020 dont il est demandé l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur le moyen commun :
2. S'agissant du refus de séjour, le préfet de la Seine-Saint-Denis mentionne notamment, en droit, le 4° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, et, en fait, la situation familiale de l'intéressée, particulièrement la circonstance qu'elle est divorcée de son époux français. Par ailleurs, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était pas tenu de mentionner tous les éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressée, tels que sa situation professionnelle et son ancienneté de séjour en France. S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Seine-Saint-Denis fait référence aux 3° et 5° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur. Ainsi, en application des dispositions du dixième alinéa du même article, alors en vigueur, elle n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour, dont il a été dit précédemment qu'elle était suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions précitées doit être écarté.
Sur les moyens propres :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, il ne ressort ni de la lecture de la décision portant refus de séjour ni des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de la requérante. Si la requérante fait valoir avoir sollicité son admission exceptionnelle au séjour, elle ne justifie pas avoir remis en mains propres le courrier qu'elle produit et qui ne comporte ni tampon de la préfecture ni aucune mention de nature à établir sa réception par les services de la préfecture. Elle ne démontre pas plus avoir informé ces mêmes services de son état de grossesse. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de Mme E divorcée C doit être écarté.
4. En deuxième lieu, Mme E divorcée C n'établit pas avoir présenté une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, ni, en tout état de cause et par les pièces produites, la réalité d'une rupture de communauté de vie à raison de violences conjugales émanant de son conjoint. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.
5. En troisième lieu, la seule déclaration de main courante du 17 juin 2018 dans laquelle elle relève, sans précision, avoir subi des violences verbales et menaces de la part de son époux, sans violences physiques et sans qu'elle souhaite déposer une plainte, ne suffit pas à établir la réalité d'une rupture de communauté de vie à raison de violences conjugales émanant de son conjoint. Son insertion professionnelle, en tant qu'agent de service pour deux sociétés différentes, d'abord de manière discontinue de décembre 2017 à mai 2018, puis sous contrat à durée indéterminée à temps partiel à compter du 8 juin 2018, ne présente pas de caractère suffisamment stable et ancien. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il résulte du premier alinéa de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du premier alinéa de l'article R. 312-2 du même code, alors en vigueur, que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour, lorsqu'il envisage de refuser un titre mentionné à l'article L. 312-2, que du cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions de procédure et de fond auxquelles est subordonnée la délivrance d'un tel titre, et non du cas de tous les étrangers qui se prévalent des articles auxquels les dispositions de l'article L. 312-2 renvoient.
7. En l'espèce, la requérante, divorcée de son époux de nationalité française, ne remplissait pas l'ensemble des conditions prescrites par le 4° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, pour prétendre à la délivrance de plein droit d'une carte de séjour temporaire. Ainsi, le préfet n'était pas légalement tenu, avant d'opposer un refus de séjour, de consulter la commission du titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède qu'il n'est pas établi que la décision portant refus de séjour est illégale. Par suite, la requérante ne peut se fonder sur son illégalité à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
9. En second lieu, en se prévalant de son insertion professionnelle, dont il résulte du point 5 qu'elle ne présente pas de caractère suffisamment stable et ancien, ainsi que du suivi de sa grossesse sans apporter de précision sur les difficultés éventuellement rencontrées ou la situation administrative du père de l'enfant, la requérante n'établit pas que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en prenant à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté et, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E divorcée C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E divorcée C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mehl-Schouder, présidente,
M. Terme, premier conseiller,
Mme Caron-Lecoq, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
C. B
La présidente,
Signé
M. DLa greffière,
Signé
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026