lundi 2 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2109886 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | HAGEGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2021, M. B A, ressortissant tunisien représenté par Me Patrick Hagege, avocat, demande au tribunal administratif :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 30 mars 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour en France pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail, dans un délai d'un mois, sous astreinte de 15 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- que l'arrêté préfectoral contesté est signé par une personne incompétente ;
- que l'arrêté est insuffisamment motivé : le préfet ne fait mention à aucun moment de la scolarité suivie par M. A depuis 2014 qui permet pourtant de démontrer sa présence continue et habituelle sur le territoire français depuis son arrivée en France, ainsi que son intégration forte dans la société française puisqu'il a suivi un cursus scolaire français ; l'arrêté contesté est particulièrement lapidaire et aucune considération factuelle sur l'ancienneté du séjour de M. A sur le territoire français, et sur sa situation personnelle et familiale, n'est mentionnée.
- que le préfet a omis d'analyser précisément sa situation personnelle.
- que l'arrêté est entaché de diverses erreurs de fait : contrairement à ce qui est indiqué il est entré régulièrement sur le territoire français en 2014 muni d'un visa Schengen ; il n'est pas l'auteur des faits mentionnés au traitement des antécédents judiciaires qui lui sont reprochés et qui ne le concernent pas.
- que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, compte tenu de sa présence continue et habituelle en France depuis 2014 ; il réside chez sa tante, son frère également est en France ; il a suivi sa scolarité en France depuis son arrivée en 2014 ; il a participé au dispositif " Initiative pour l'Emploi des Jeunes " auprès de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat de la Seine-Saint-Denis. Il a également choisi de suivre un certificat d'aptitude professionnelle " opérateur logistique " et a ainsi souhaité entreprendre un apprentissage au sein de la société SKT Neuilly qui a effectué une demande d'autorisation de travail dans le cadre de sa demande de titre de séjour. Ces éléments permettent sans équivoque de constater l'ancienneté et la stabilité des liens personnels et familiaux en France du requérant et de sa forte intégration dans la société française.
- qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public, le préfet ne rapportant pas la preuve des faits qui lui sont reprochés, qui ne le concernent pas ; aucune condamnation pénale n'a été prononcée.
Une mise en demeure a été adressée le 16 mai 2022 au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Par une ordonnance du 16 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée
au 31 mai suivant à 12 h.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Romnicianu, vice-président,
- les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
[EB1]
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien né le 13 décembre 2001 à Tunis, est entré en France le 27 décembre 2014 muni d'un visa Schengen de court séjour (90 jours) délivré par les autorités consulaires françaises à Tunis. S'étant depuis lors maintenu irrégulièrement en France, il a sollicité, le 28 février 2020, son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 30 mars 2021, dont le requérant demande l'annulation pour excès de pouvoir, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, assortie d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
2. En 1er lieu, par un arrêté n° 2020-2175 du 2 octobre 2020, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 5 octobre 2020, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à Mme E D, signataire de l'arrêté en litige et chef du pôle refus de séjour et interventions, en cas d'absence ou d'empêchement de la directrice des migrations et de l'intégration et du chef du bureau de l'accueil et de l'admission au séjour, pour signer les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire, fixation du délai de départ et interdiction de retour. Il n'est pas établi que les autorités précitées n'auraient pas été absentes ou empêchées lorsque l'arrêté en cause a été pris. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté préfectoral attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En 2ème lieu, l'arrêté attaqué, qui mentionne les dispositions sur le fondement desquelles le requérant a présenté sa demande et expose que M. A, célibataire et sans charge de famille, ne justifie pas de sa présence habituelle et continue en France depuis 2014, ni de l'intensité, de l'ancienneté et de la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France, ni de conditions d'existence pérennes, ni d'une insertion forte dans la société française et, enfin, que sa présence en France constitue une menace à l'ordre public, énonce les considérations de fait et de droit qui constituent le fondement de chacune des dispositions qu'il comporte, au regard notamment des exigences de motivation de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit donc être écarté.
4. En 3ème lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui font état d'éléments de fait propres à la situation de l'intéressé, que le préfet n'aurait pas procédé, ainsi qu'il y était tenu, à l'examen particulier de la situation de l'intéressé. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'illégalité, faute d'avoir été précédé d'un examen particulier de l'affaire.
5. En 4ème lieu, le requérant n'établit pas que le préfet aurait commis une erreur de fait en relevant qu'il a déclaré être entré irrégulièrement en France le 27 décembre 2014.
6. En 5ème lieu, aux termes de l'article L. 313-14, alors en vigueur, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / () ". A l'appui de sa demande de régularisation,
M. A se prévaut de la durée de son séjour en France depuis 2014, de sa scolarité au collège et de la présence de son frère et sa tante, laquelle a exercé sur lui l'autorité parentale. Il fait également valoir qu'il suit un cursus d'apprentissage en vue d'obtenir un certificat d'aptitude professionnelle " opérateur logistique ". Toutefois, quand bien même les faits mentionnés au fichier du traitement des antécédents judiciaires (violences sur mineur, transport, détention et acquisition de stupéfiants), au vu desquels le préfet a estimé que la présence en France de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, ne seraient pas avérés, ces seuls éléments ne sauraient suffire à considérer que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que la situation de M. A, désormais majeur, célibataire et dépourvu de charge de famille, ne répondait pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour au titre de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 30 mars 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de l'admettre exceptionnellement au séjour, ni, par voie de conséquence, et pour les mêmes motifs que ceux sus énoncés, des décisions subséquentes l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination de son pays d'origine et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Les conclusions de la requête aux fins d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent également être rejetées par voie de conséquence.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Michel Romicianu, président-rapporteur,
Mme Marianne Parent, première conseillère,
M. Youssef Khiat, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2023.
Le Président-rapporteur,
Signé
M. F
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
Signé
M. C La greffière,
Signé
S. Le Bourdiec
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
[EB1]A modifier le cas échéant à l'issue de l'audience
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026