jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2111691 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | GIUDICELLI-JAHN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 août 2021, la présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête présentée par M. C B et enregistrée le 13 août 2021.
Par cette requête, M. B, représenté par Me Giudicelli-Jahn, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler son certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois suivant le jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du défendeur les dépens ainsi qu'une somme de 1 000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de l'acte est incompétent ;
- le refus de renouvellement du certificat de résidence est insuffisamment motivé ;
- les stipulations du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que celles de l'article L. 511-4 du même code ont été méconnues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2021, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Nait-Mazi, substituent Me Giudicelli-Jahn, représentant M. B.
Connaissance prise de la note en délibéré, enregistrée le 22 septembre 2022, présentée pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant algérien né le 5 septembre 1985 à Oued Koriche, entré en France le 3 juin 2019 sous couvert d'un visa de court séjour, s'est vu délivrer un certificat de résidence portant la mention vie privée et familiale valable jusqu'au
11 décembre 2020, dont il a demandé le renouvellement. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 juin 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné.
2. Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 visé ci-dessus : " () L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie () d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".
3. M. B a sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle par une demande enregistrée le 12 juillet 2021 par le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été statué sur cette demande à la date de la présente décision. Dans ces conditions, par application des dispositions précitées, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
4. Par un arrêté PCI n°2021-005 du 4 février 2021, publié dans un numéro spécial du recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine du lendemain, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation de signature à M. E A, sous-préfet d'Antony et de Boulogne-Billancourt, signataire des décisions litigieuses, à l'effet de signer notamment les refus de séjour, les obligations de quitter le territoire français et les décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
5. L'arrêté en litige en ce qu'il refuse le renouvellement du certificat de résidence mentionne notamment, en droit, le point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien visé ci-dessus et précise, en fait, la teneur de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. M. B ne justifiant pas avoir levé le secret médical auprès des services de la préfecture, il ne saurait utilement se prévaloir d'une insuffisante motivation du refus de séjour au regard de sa pathologie. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de renouvellement du certificat de résidence doit être écarté.
6. Les dispositions alors en vigueur du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables aux ressortissants algériens dont la situation est entièrement régie par les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Par suite, M. B ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur.
7. Pour rejeter la demande de renouvellement du certificat de résidence de M. B, le préfet des Hauts-de-Seine s'est approprié l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (" OFII ") du 17 mai 2021 selon lequel si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé algérien, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. M. B, atteint d'une tétraplégie spastique post-traumatique à la suite d'un accident de la circulation de 2016, fait valoir que la pompe à baclofène ainsi que le suivi multidisciplinaire avec surveillance rapprochée sont indisponibles en Algérie, pays dont il prétend également que le système de santé est défaillant. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment du certificat médical du 4 mars 2020, que le traitement médical de M. B exigerait, à la date des décisions litigieuses, l'utilisation d'une pompe à baclofène. En tout état de cause, le certificat médical rédigé par un médecin exerçant dans l'hôpital algérien ayant pris auparavant en charge l'intéressé ne suffit pas à établir qu'une telle pompe serait indisponible dans toute l'Algérie. En outre, les certificats médicaux des 19 février et 5 août 2021 évoquant l'absence de traitement approprié en Algérie sont insuffisamment précis, notamment sur le suivi multidisciplinaire effectué par le requérant. Par ailleurs, l'extrait d'un rapport sur le système de santé algérien ne permet pas d'établir que l'intéressé ne pourrait pas effectivement y bénéficier d'un traitement approprié. Ainsi, les documents transmis par M. B sont insuffisants pour remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII. Par suite, les moyens tirés de la violation du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien et du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 juin 2021 du préfet des Hauts-de-Seine. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation et par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction assorties d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Giudicelli-Jahn et au préfet des Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
M. Breuille, conseiller,
Mme Fabre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
L. D
Le conseiller le plus ancien dans
l'ordre du tableau,
Signé
L. BreuilleLa greffière,
Signé
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026