mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2113323 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | CMS FRANCIS LEFEBVRE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 septembre 2021, le 22 décembre 2022 et le 10 avril 2024, la société Hornby Road Investments Limited, représentée par Me Saiac et Me Lédée, demande au tribunal :
1°) de prononcer la restitution d'un excédent d'impôt sur les sociétés d'un montant de 72 865 euros au titre de l'année 2016 et de prononcer la décharge de cotisations supplémentaires de contribution sociale pour un montant de 528 799 euros au titre de l'exercice 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle doit être exonérée de la contribution sociale prévue à l'article 235 ter ZC du code général des impôts, dès lors que son actionnaire est dépourvu juridiquement de capital social au sens de la doctrine administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2022, la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé, dès lors qu'elle ne remplit pas les conditions énoncées par la doctrine administrative dont elle se prévaut.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de restitution de l'excédent d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2016 en raison de la tardiveté du dépôt le 7 septembre 2021 du relevé de solde valant réclamation préalable.
La société Hornby Road Investements Limited a présenté des observations sur ce moyen le 11 avril 2024. Elle déclare se désister de ses conclusions tendant à la restitution de l'excédent de cotisations d'impôt sur les sociétés auquel elle a été assujettie au titre de l'année 2016.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre,
- les conclusions de M. Khiat, rapporteur public,
- et les observations de Me Lédée, représentant la société Hornby Road Investments Limited.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions relatives au restitution d'un excédent d'impôt sur les sociétés :
1. Par mémoire du 11 avril 2024, la société Hornby Road Investments Limited déclare se désister de ses conclusions à fin de restitution d'un excédent d'impôt sur les sociétés. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin de décharge de cotisations supplémentaires de contribution sociale :
2. La société Hornby Road Investments Limited a cédé en 2017 deux immeubles et s'est acquittée, à ce titre, de l'impôt sur les sociétés pour un montant de 16 787 203 euros et s'est vu mettre à sa charge des cotisations supplémentaires de contribution sociale égale à une fraction de cet impôt prévue par l'article 235 ter ZC du code général des impôts pour un montant de 528 799 euros. Par une réclamation du 14 août 2019, la société requérante a contesté ces cotisations de contribution sociale. A la suite d'un rejet de l'administration, elle demande la décharge de cette même somme.
3. Aux termes du I de l'article 235 ter ZC du code général des impôts : " Les redevables de l'impôt sur les sociétés sont assujettis à une contribution sociale égale à une fraction de cet impôt () / Sont exonérés les redevables ayant réalisé un chiffre d'affaires de moins de 7 630 000 euros. () Le capital des sociétés, entièrement libéré, doit être détenu de manière continue, pour 75 % au moins, par des personnes physiques ou par une société répondant aux mêmes conditions dont le capital est détenu, pour 75 % au moins, par des personnes physiques. () ".
4. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration () ".
5. La société Hornby Road Investments Limited se prévaut, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales des commentaires administratifs publiés au bulletin officiel des finances publiques - Impôts sous la référence BOI-IS-AUT-10-10 relatifs à la contribution sociale prévu par l'article 235 ter ZC du code général des impôts. Selon le paragraphe 10 de ces commentaires : " Pour les seules sociétés, le bénéfice de cette mesure est, en outre, subordonné au respect de conditions particulières tenant à la libération et à la composition de leur capital (cf. II-B § 80 à 180). En revanche, les redevables qui, juridiquement, ne peuvent avoir de capital social sont tenus au respect de la seule condition tenant au montant du chiffre d'affaires. Il en est ainsi, notamment, des associations et fondations, des sociétés d'assurances mutuelles régies par l'article L. 111-1 du code de la mutualité ou par l'article L. 322-26-1 du code des assurances ". Selon le paragraphe 20 : " Il convient de retenir le chiffre d'affaires qui se rattache aux bénéfices soumis en France à l'impôt sur les sociétés conformément à l'article 209 du CGI ". Selon les paragraphes 120 et 130 : " Les participations au capital de la société redevable de l'IS à prendre en compte pour l'appréciation de cette condition sont celles détenues directement par des personnes physiques ou par des sociétés dont le chiffre d'affaires est inférieur à 7 630 000 € et dont le capital, entièrement libéré, est détenu directement et de manière continue (cf. II-B-2-c § 170) pour 75 % au moins par des personnes physiques. / Pour les sociétés qui sont volontairement dénuées de capital social en l'absence d'obligation légale de capital minimal, cette condition s'apprécie au regard des droits de vote et des droits aux bénéfices, tels qu'ils ont été précisés dans les statuts ou par les conventions ayant date certaine à la clôture de l'exercice et modifiant, le cas échéant, la répartition statutaire des droits de vote ou des droits aux bénéfices (s'agissant des organismes redevables de l'IS juridiquement dénués de capital social, cf. II § 10) ".
6. D'une part, il est constant que la société requérante est détenue par un actionnaire unique de droit britannique, le Royal London Mutual Insurance qui relève, aux termes de ses statuts, de la catégorie des " companies limited by guarantee and having share capital ". Il résulte par ailleurs de l'instruction que cette entité est régie par le paragraphe 5 du chapitre 46 du " Companies Act " du 8 novembre 2006, qui prévoit au Royaume-Uni que les sociétés relevant de ce paragraphe ne peuvent pas être constituées et ne peuvent pas être transformées en société à responsabilité limitée aux garanties avec capital social. Il s'ensuit que la société requérante est fondée à se prévaloir de ce qu'il résulte des paragraphes 10, 120 et 130 des commentaires administratifs précités que le bénéfice de la mesure dont elle se prévaut est, en ce qui concerne la détention de son capital, seulement tenu au respect par le Royal London Mutual Insurance, entité juridiquement dénuée de capital social, de la condition tenant au montant du chiffre d'affaires, sans qu'ait d'incidence la circonstance que cette entité n'aurait pas d'objet similaire aux sociétés d'assurances mutuelles visées aux articles L. 111-1 du code de la mutualité et L. 322-26-1 du code des assurances.
7. D'autre part, il est constant que le Royal London Mutual Insurance ne réalise en France aucun chiffre d'affaires. Il s'ensuit que la société requérante est fondée se prévaloir de ce qu'il résulte du paragraphe 20 des commentaires administratifs précités que la condition tenant au montant du chiffre d'affaires est remplie par cette entité.
8. Il résulte de ce qui précède que la société requérante est fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaire de contribution sociale égale à une fraction de l'impôt sur les sociétés mises à sa charge au titre de l'exercice 2017.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Hornby Road Investments Limited et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la société Hornby Road Investments Limited tendant à la restitution d'un excédent de cotisations d'impôt sur les sociétés auquel elle a été assujettie au titre de l'année 2016.
Article 2 : La société Hornby Road Investments Limited est déchargée des cotisations supplémentaires de contribution sociale égale à une fraction mises à sa charge au titre de l'exercice 2017.
Article 3 : L'Etat versera à la société Hornby Road Investiments Limited une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Hornby Road Investments Limited et à la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents.
Délibéré après l'audience du 22 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Garzic, président,
Mme Syndique, première conseillère,
Mme Fabre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
La rapporteure,
A.-L. Fabre Le président,
P. Le Garzic
Le greffier,
S. Werkling
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026