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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2115859

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2115859

vendredi 14 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2115859
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantSENECHAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 novembre 2021 et 6 avril 2022,

M. B A, représenté par Me Sénéchal, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il serait reconduit et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sans délai, à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Sénéchal le versement de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors que l'avis du collège des médecins de l'OFII n'est pas motivé et que le rapport médical ne comporte aucune indication sur l'offre de soins et les caractéristiques du système de santé haïtien et si le requérant peut bénéficier de traitement ;

- la commission du titre de séjour aurait dû être saisie en application du 1° de l'article L.432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il remplit les conditions de délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé et par ailleurs, il réside en France depuis plus de dix ans ; ce vice est substantiel ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de son titre de de séjour ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de son titre de de séjour.

Sur la décision prononçant l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il relève de la situation prévue par l'article L.612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ayant fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et ne pouvait donc se voir appliquer l'article L.612-8 de ce code ;

- il justifie de circonstances humanitaires faisant obstacle au prononcé de la décision.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

La clôture de l'instruction a été fixée au 16 juin 2022 à 12 h par une ordonnance du

1er juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me Sénéchal pour M. A, présent.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant haïtien né le 8 octobre 1964, a sollicité le 18 mai 2021 le renouvellement de son titre de séjour en se prévalant de son état de santé, sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande l'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il serait reconduit et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

2. En premier lieu, le refus de renouvellement de titre de séjour en qualité d'étranger malade, qui vise l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se réfère à l'avis du collège des médecins de l'OFII rendu le 19 août 2021 selon lequel si M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut est susceptible d'entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, le traitement approprié existe toutefois dans le pays dont il est originaire et où il peut être pris en charge, et alors qu'il n'a pas allégué de circonstances exceptionnelles empêchant son accès aux soins dans son pays, à destination duquel son état lui permet de voyager sans risque. Le préfet de la Seine-Saint-Denis a par ailleurs relevé que l'intéressé, régulièrement entré en France le 9 mars 2011, débouté du droit d'asile, a son épouse et ses trois enfants qui vivent dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de quarante-six ans, de sorte qu'il ne justifie pas d'une situation personnelle et familiale à laquelle la décision porterait une atteinte disproportionnée. Cette décision comporte les considérations de fait et de droit qui lui servent de fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires ". Aux termes des dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical ". Aux termes des dispositions de l'article 6 de cet arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant :/ a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ;/ b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ;/ d) la durée prévisible du traitement./ Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays./() ".

4. Dans son avis du 19 août 2021, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a estimé que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ; qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, il peut effectivement y bénéficier d'un traitement approprié et qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, il peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Cet avis a été rendu au vu du rapport médical relatif à l'état de santé de l'intéressé établi par un médecin de l'office qui n'a pas à mentionner les informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé eu égard à l'offre de soins. Il ressort de l'avis médical produit que celui-ci a été rendu conformément aux prescriptions de l'article 6 de l'arrêté précité et est donc suffisamment motivé. Le moyen qui doit être regardé comme soulevé tiré de l'irrégularité de l'avis émis doit donc être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".

6. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires et, en cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile, notamment, sous réserve de la levée du secret médical par le demandeur, l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'OFII.

7. Pour refuser de délivrer à M. A le titre de séjour sollicité en raison de son état de santé, le préfet s'est fondé sur l'avis du 19 août 2021 du collège des médecins de l'OFII selon lequel si l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut toutefois, eu égard à l'offre de soins et caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il ressort du certificat du 4 septembre 2020, établi par un médecin généraliste, que M. A souffre de diabète associé à une hypercholesterolémie qui nécessitent un suivi strict. Le rapport médical du 28 juin 2021 qui précise que le patient a eu une visite médicale le 25 juin 2021 et a fait l'objet d'examens complémentaires fait état d'un diabète de type 2 non insulino dépendant, sans complication, de dyslipidémie, d'un glaucome chronique, sans rétinopathie diabétique, et de la nécessité d'une surveillance. Il ressort de ce rapport et des ordonnances médicales que le requérant suit un traitement à base de Metformine pour le diabète, le liptruzet ou ezetimibe et atorvastatine pour le cholestérol et de vismed et monoprost pour le glaucome. Le rapport indique un suivi tous les trois mois par le médecin traitant ainsi qu'un suivi cardiologique annuel. Si le requérant soutient qu'il ne pourra bénéficier d'un traitement approprié en cas de retour dans son pays d'origine, les différents documents produits, tels l'atlas Fédération internationale du diabète de 2019, le rapport stratégie coopération OMS, l'article sur le coût réel de la couverture universelle santé en Haiti, l'article MSF du 13 janvier 2020, l'article MSF" Haiti dix ans après ", OMS profil des pays pour le diabète de 2016, et le rapport de le rapport de la COMEDE, s'ils soulignent des manques en personnels et médicaments ainsi que des freins financiers pour l'accès aux soins de façon générale, ne permettent pas d'établir qu'il ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié effectif dans son pays d'origine et alors que la liste des médicaments essentiels en Haïti comporte le Metformine prescrit pour soigner le diabète de l'intéressé, des collyres pour les maladies ophtalmiques ainsi qu'un médicament de lutte contre le cholestérol et les maladies cardiovasculaires dont il n'est pas allégué qu'ils ne pourraient être substitués à ceux prescrits. Ainsi les pièces produites n'apportent-elles pas d'éléments suffisants de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le collège des médecins puis par le préfet sur l'existence d'un traitement approprié et sa disponibilité effective dans son pays d'origine. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas à rechercher au demeurant si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France, aurait commis un erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du CESEDA, en refusant la délivrance du titre de séjour sollicité.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux () L. 425-9 () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ". Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il avait un droit au séjour pour motif de santé. Il n'est donc pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour. En outre, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que M. A qui invoque dix ans de présence en France aurait présenté au préfet de la Seine-Saint-Denis une demande de titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, en se prévalant des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le requérant ne saurait utilement soutenir que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait dû saisir préalablement la commission du titre de séjour prévue à l'article L.432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif qu'il justifierait d'une durée de séjour en France de plus de dix ans. Par suite, le préfet n'était pas tenu, avant de rejeter sa demande, de soumettre son cas à la commission du titre de séjour.

9. En cinquième lieu, par voie de conséquence du rejet des conclusions dirigées contre la décision de refus de renouvellement de titre de séjour, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait dépourvue de base légale doit être écarté.

10. En sixième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français qui vise l'article L.611-3 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle afférente à la décision de refus de renouvellement de titre de séjour, laquelle est suffisamment motivée. Par suite, le moyen doit être écarté.

11. En septième lieu, par voie de conséquence du rejet des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait dépourvue de base légale doit être écarté.

12. En huitième lieu, aux termes de l'article L.612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-8 : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

13. Le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'ayant fait l'objet d'une précédente décision de refus de titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français en date du 6 mars 2018 notifié le 15 mars 2018, le préfet aurait commis une erreur de droit en fondant sa décision sur l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au lieu de l'article L.612-7, dès lors que cet article est inapplicable, l'intéressé ne relevant pas de cette situation.

14. Si le requérant fait valoir qu'il vit en France depuis dix ans et que son état de santé constitue des circonstances humanitaires, il ressort des pièces du dossier que le requérant peut bénéficier d'un suivi dans son pays d'origine où vit sa famille. Par suite le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2021 contesté. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Salzmann, présidente,

Mme de Bouttemont, première conseillère,

M. L'hôte, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre2022.

La présidente-rapporteure,L'assesseure la plus ancienneSigné Signé M. CM. de BouttemontLa greffière,Signé A. Capelle

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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