vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2116199 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | DECARNIN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 23 novembre 2021, le président du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête de M. A B, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 7 janvier 2022, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au président de la section du contentieux du Conseil d'État le dossier de la requête de M. B en application des dispositions de l'article R. 351-6 du code de justice administrative.
Par une décision du 5 avril 2022, le Conseil d'État a attribué le jugement de la demande de M. B au tribunal administratif de Montreuil, en application de l'article R. 312-1 du code de justice administrative.
Par cette requête, enregistrée le 4 mars 2021, M. A B, représenté par Me Decarnin, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2020 par laquelle le brigadier-chef de police de la direction centrale de la police aux frontières de l'aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle a refusé son entrée sur le territoire français et l'a placé en zone d'attente ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 211-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 15 octobre 2021, 5 janvier 2022 et 6 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer, et à titre subsidiaire au rejet de la requête.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du 16 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention d'application de l'accord de Schengen du 14 juin 1985, signée à Schengen le 19 juin 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique du 23 juin 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien reconnu réfugié le 10 juin 2009 par les autorités italiennes, s'est présenté le 20 septembre 2020 au point de passage frontalier de l'aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle, en provenance de l'Italie. Il demande l'annulation de la décision du 20 septembre 2020 par laquelle le brigadier-chef de police de la direction centrale de la police aux frontières de l'aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle a refusé son entrée sur le territoire français et l'a placé en zone d'attente.
Sur l'exception de non-lieu à statuer soulevée en défense :
2. Le ministre de l'intérieur fait valoir que, l'intéressé ayant été réacheminé en Italie, la décision par laquelle l'entrée en France lui a été refusée a épuisé tous ses effets. Toutefois, les mesures prises en exécution de cette décision ne sauraient avoir pour effet de priver d'objet la demande tendant à son annulation, qui n'a pas été retirée. Il en résulte que l'exception de non-lieu à statuer opposée par le ministre de l'intérieur doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 211-1, désormais repris à l'article L. 311-1, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : / 1° Des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur () ". Aux termes de l'article 21, paragraphe 1, de la convention d'application de l'accord de Schengen du 19 juin 1990 : " Les étrangers titulaires d'un titre de séjour délivré par une des Parties Contractantes peuvent, sous le couvert de ce titre ainsi que d'un document de voyage, ces documents étant en cours de validité, circuler librement pendant une période de trois mois au maximum sur le territoire des autres Parties Contractantes, pour autant qu'ils remplissent les conditions d'entrée visées à l'article 5, paragraphe 1, points a), c) et e), et qu'ils ne figurent pas sur la liste de signalement nationale de la Partie Contractante concernée ". Aux termes de l'article 5, paragraphe 1, de la convention : " Pour un séjour n'excédant pas trois mois, l'entrée sur les territoires des Parties contractantes peut être accordée à l'étranger qui remplit les conditions ci-après : a) Posséder un document ou des documents valables permettant le franchissement de la frontière, déterminés par le Comité exécutif ; b) Etre en possession d'un visa valable si celui-ci est requis ; c) Présenter, le cas échéant, les documents justifiant de l'objet et des conditions du séjour envisagé et disposer des moyens de subsistance suffisants, tant pour la durée du séjour envisagé que pour le retour dans le pays de provenance ou le transit vers un État tiers dans lequel son admission est garantie, ou être en mesure d'acquérir légalement ces moyens ; d) Ne pas être signalé aux fins de non-admission ; e) Ne pas être considéré comme pouvant compromettre l'ordre public, la sécurité nationale ou les relations internationales de l'une des Parties contractantes ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser à M. B l'entrée sur le territoire français, le brigadier-chef de police de la direction centrale de la police aux frontières de l'aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle a relevé que le document de voyage de l'intéressé avait " été falsifié par apposition d'un visa malien contrefait " compte tenu de ce que le fond d'impression et l'impression des mentions biographiques étaient non conformes et de l'absence d'encre optique variable.
5. Il ressort toutefois des pièces du dossier que lorsque M. B s'est présenté au point de passage frontalier de l'aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle, il disposait d'un titre de séjour délivré le 7 février 2020 par les autorités italiennes au titre de sa qualité de réfugié et valable jusqu'au 6 février 2025, lequel ne présentait aucune trace de contrefaçon ou de falsification, ainsi qu'un document de voyage italien valable jusqu'en 2021. Dans ces conditions, le seul fait qu'un visa malien valable d'octobre 2018 à janvier 2019 que l'administration française a estimé falsifié soit apposé sur le document de voyage italien de M. B n'a pas pour effet d'invalider ce document de voyage pour une entrée sur le territoire français. Par suite, M. B est fondé à soutenir que l'administration a inexactement appliqué les dispositions précitées de l'article L. 211-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 20 septembre 2020 lui refusant l'entrée sur le territoire français et le plaçant en zone d'attente.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
7. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55%. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Decarnin, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Decarnin de la somme de 550 euros.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 20 septembre 2020 est annulée.
Article 2 : L'État versera une somme de 550 euros à Me Decarnin au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 dans les conditions mentionnées au point 7.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Decarnin et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Hoffmann, président du tribunal,
M. Le Garzic, vice-président,
Mme Van Maele, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le président,
Signé
M. D
Le rapporteur,
Signé
P. E
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026