mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2200624 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 janvier 2022, Mme B A, représentée par Me Bertrand, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée de violation de la loi, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 et 4 mai 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au non-lieu à statuer sur la requête, à titre principal, à son rejet au fond, à titre subsidiaire.
Il soutient que, par deux arrêtés identiques respectivement datés du 25 avril 2022 et du 2 mai 2022, il a explicitement rejeté la demande de titre de séjour de Mme A, au motif de l'absence de comparution personnelle de l'intéressée en préfecture.
Par un mémoire complémentaire, enregistrés le 3 juillet 2022, la requérante maintient les conclusions de sa requête et soutient en outre que :
- la requête a conservé son objet ;
- elle pouvait adresser sa demande de titre de séjour par voie postale à bon droit, dès lors que la circonstance que l'administration a mis en place un téléservice ne fait pas obstacle à ce que les administrés la saisissent par un autre moyen ;
- le préfet, en rendant obligatoire l'emploi de téléservice de prise de rendez-vous pour la présentation des demandes de titre de séjour a entaché sa décision d'une violation de la loi.
La clôture de l'instruction a été fixée au 5 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 novembre 2022 :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Bertrand, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne, a sollicité auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis, par lettre recommandée reçue le 27 juillet 2021, la délivrance d'un certificat de résidence mention " salarié " sur le fondement du b de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et du pouvoir discrétionnaire de régularisation du préfet. Elle demande, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation des décisions du 25 avril 2022 et 2 mai 2022 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Si une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour de Mme A est initialement née du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis sur la demande de l'intéressée pendant plus de quatre mois, il ressort des pièces du dossier que le préfet a expressément rejeté la demande de titre de séjour de l'intéressée par deux décisions identiques du 25 avril 2022 et 2 mai 2022. Ainsi, ces décisions se sont substituées à la décision implicite de rejet précédemment née du silence gardé par le préfet. Cette circonstance n'a pas pour effet de priver le litige de son objet. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense par le préfet de la Seine-Saint-Denis doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté du 24 avril 2022, confirmé par l'arrêté du 2 mai 2022, vise, notamment, les articles R. 431-2 et R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait état de la demande de titre de séjour présentée par Mme A par voie postale le 27 juillet 2021, précise que, conformément aux dispositions de ces articles, les demandes de titre de séjour mention salarié fondées sur les stipulations du b du 7 de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 et sur le pouvoir discrétionnaire de régularisation du préfet s'effectuent en préfecture, qu'elles ne font pas partie des catégories de demandes pour lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a prescrit qu'elles soient adressées par voie postale, et que, dès lors, la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par l'intéressée par voie postale est rejetée. L'arrêté du 2 mai 2022 ajoute que Mme A ne justifie pas être dans l'impossibilité d'effectuer par elle-même le dépôt de sa demande en préfecture. Les décisions litigieuses comportent ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et respectent en conséquence les exigences de motivation de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré d'une insuffisance de motivation des décisions attaquées manque en fait et doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale. ".
5. Il est en outre constant, d'une part, que les demandes de titre de séjour mention salarié fondées sur les stipulations du b du 7 de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968, de même que les demandes d'admission exceptionnelle au séjour, ne figurent pas dans la liste définie à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a prévu aucune possibilité de présentation d'une demande de titre de séjour par voie postale sur le fondement du deuxième alinéa de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il suit de tout ce qui précède que pour introduire valablement une demande de titre de séjour portant la mention salarié ou présentée sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour, l'étranger doit se présenter physiquement en préfecture ou en sous-préfecture.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A, qui ne justifie d'aucune impossibilité de se présenter personnellement en préfecture, a adressé sa demande de titre de séjour, fondée sur les stipulations du b du 7 de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 et sur le pouvoir discrétionnaire de régularisation du préfet, par voie postale, en méconnaissance de la règle de la comparution personnelle prévue par les dispositions précitées de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable. Par suite, le préfet, pour ce seul motif, pouvait légalement rejeter sa demande.
8. En troisième lieu, l'article L. 112-8 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Toute personne, dès lors qu'elle s'est identifiée préalablement auprès d'une administration, peut, dans des conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat, adresser à celle-ci, par voie électronique, une demande, une déclaration, un document ou une information, ou lui répondre par la même voie. Cette administration est régulièrement saisie et traite la demande, la déclaration, le document ou l'information sans lui demander la confirmation ou la répétition de son envoi sous une autre forme ". Aux termes de l'article L. 112-10 du même code : " L'application des articles L. 112-8 et L. 112-9 à certaines démarches administratives peut être écartée, par décret en Conseil d'Etat, pour des motifs d'ordre public, de défense et de sécurité nationale, de bonne administration, ou lorsque la présence personnelle du demandeur apparaît nécessaire ". Il résulte du décret n° 2015-1423 du 5 novembre 2015 relatif aux exceptions à l'application du droit des usagers de saisir l'administration par voie électronique, dans sa rédaction applicable à la date de la demande, que les demandes de titre de séjour sont exclues du champ d'application de l'article L. 112-8 du code des relations entre le public et l'administration au motif de la nécessité de la comparution personnelle du demandeur.
9. Contrairement à ce que soutient la requérante, ces dispositions n'ont pas pour objet de permettre aux administrés de présenter une demande de titre de séjour par voie postale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions par le préfet doit être écarté comme inopérant.
10. En quatrième lieu, si Mme A soutient que l'obligation de prise de rendez-vous en ligne mise en place par le préfet de la Seine-Saint-Denis est illégale, la requérante n'établit ni même n'allègue qu'elle aurait tenté sans succès d'obtenir un rendez-vous en préfecture, que ce soit via la plate-forme de prise de rendez-vous en ligne ou via un quelconque autre moyen, afin de procéder au dépôt de sa demande de titre de séjour en préfecture.
11. En cinquième lieu, lorsque le refus de titre de séjour est fondé à bon droit sur l'absence de comparution personnelle du demandeur, ce dernier ne peut utilement se prévaloir, à l'encontre de la décision de rejet de sa demande de titre de séjour, de moyens autres que ceux tirés d'un vice propre de cette décision. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision de refus de titre de séjour est entachée de " violation de la loi, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ", au demeurant dépourvus de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, doivent être écartés. Il doit être de même pour le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la demande de titre de séjour de l'intéressée.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions préfectorales du 25 avril 2022 et du 2 mai 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme A au titre des frais qu'elle a exposés dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Doyelle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
S. C
Le président,
Signé
C. Tukov La greffière,
Signé
N. Kassime
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026