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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2201474

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2201474

lundi 23 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2201474
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantMASILU-LOKUBIKE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés respectivement les 1er et 6 février 2022, M. C A, représenté par Me Masilu-Lokubike, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant cet examen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité du refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Cozic, rapporteur public,

- et les observations de Me Lancard, substituant Me Masilu-Lokubike, pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 24 juin 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis, a rejeté la demande de titre de séjour de M. A, ressortissant marocain, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné. Par un jugement n° 2201474 du 7 février 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montreuil a statué sur les conclusions tendant à l'annulation de la mesure d'éloignement et de la décision fixant le pays de destination et renvoyé à une formation collégiale les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 24 juin 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler le titre de séjour de M. A.

2. Aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et

du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une

carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence

en France constitue une menace à l'ordre public. "

3. En premier lieu, la décision de refus de titre de séjour vise notamment l'article L.432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application et expose les motifs pour lesquels le préfet a estimé que la présence en France du requérant constitue une menace pour l'ordre public. La décision de refus de titre de séjour est ainsi suffisamment motivée.

4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la note blanche circonstanciée produite par le préfet de la Seine-Saint-Denis, que le requérant a manifesté un comportement hostile aux valeurs républicaines le en se rendant devant un commerce vêtu d'une djellaba et en brisant la devanture à l'aide de pierres. Puis, il a pénétré dans le magasin en criant " Allah akbar " et cassé huit bouteilles d'alcool avant de prendre la fuite en direction de son domicile. L'intéressé a été interpellé par les effectifs de la Brigade anti-criminalité (BAC) à proximité de son domicile avec en sa possession une paire de ciseaux dissimulés dans l'une de ses poches. Si pour ces faits, M. A a seulement fait l'objet d'une condamnation au paiement d'une amende de 600 euros par une ordonnance pénale en date du il n'en reste pas moins que, contrairement à ce qui est soutenu par M. A, ces faits ont troublé l'ordre public, dans un contexte de menace terroriste élevée, quelques semaines après l'assassinat terroriste de quatre fonctionnaires de police tués dans une agression à la préfecture de police de Paris. En outre, il ne conteste pas avoir posté sur le réseau social Facebook différentes vidéos de prêches de prédicateurs salafistes et wahhabites. Dès lors, en estimant que les agissements de M. A constituaient des troubles à l'ordre public, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

5. Il résulte de tout ce qui précède M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 juin 2021 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas, dans la présente instance, la partie perdante, doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Ribeiro-Mengoli, présidente-rapporteure

Mme Lunshof, première conseillère,

Mme Courneil, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2023

La présidente-rapporteure,

N. D

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

M. B

La greffière,

P. Demol

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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