LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2202513

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2202513

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2202513
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCAT TRAORE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 février 2022 et un mémoire complémentaire du 25 juillet 2022, Mme F C, représenté par Me C, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 janvier 2022 par laquelle le préfet de la

Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale", sous astreinte de 100 par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le refus de renouvellement de titre est insuffisamment motivé ;

- est entaché d'une erreur de droit dans l'interprétation de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la reconnaissance de paternité de M. A D étant suffisant pour établir la filiation et d'une méconnaissance de ces dispositions dans l'application de cet article ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

L'obligation de quitter le territoire qui aurait été prise par le préfet méconnaît le 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'un détournement de pouvoir en raison de l'annulation par le tribunal administratif de Montreuil de la précédente obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2022, le préfet de la

Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens ne sont pas fondés.

En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'absence d'obligation de quitter le territoire français.

Mme C a répondu à cette mesure le 6 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Thobaty, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante malienne, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par cette requête, elle demande l'annulation de la décision du 12 janvier 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande et l'aurait obligée à quitter le territoire.

Sur les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français :

2. Il ressort des termes même de l'arrêté du 12 janvier 2022 que le préfet s'est borné à rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour, sans assortir ce refus d'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, les conclusions dirigées contre une décision inexistante sont irrecevables.

Sur les conclusions dirigées contre le refus de renouvellement d'un titre de séjour :

3. Le refus de titre de séjour mentionne les éléments de fait et de droit qui la fondent. Le moyen tiré du défaut de motivation doit par suite être écarté.

4. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 de ce code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ".

5. Si la requérante soutient que les dispositions de l'article L. 423-7 de ce code impliquent que la contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants s'apprécie au regard du parent qui demande un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français, Mme C se trouve dans le cas prévu à l'article L. 423-8 de ce code où l'appréciation de cette contribution doit être effectuée non seulement à l'égard du parent étranger sollicitant un titre de séjour, mais aussi à l'égard du parent français. Par suite, le préfet a fait une exacte application des articles L. 423-7 et L. 423-8 de ce code en examinant l'existence d'une telle contribution au regard de la situation des deux parents.

6. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis ne conteste pas que Mme C est mère de deux enfants français, E B née le

30 avril 2015 et de Kadi Founé née le 30 janvier 2020. Toutefois, alors que l'intéressée reconnaît avoir mis un terme à la communauté de vie avec leur père, de nationalité française, elle se borne, concernant les documents antérieurs à la décision attaquée, à produire une attestation manuscrite du père de ses enfants indiquant qu'il verse de l'argent chaque mois

pour l'entretien de ses enfants non assortie d'un justificatif de versement, ainsi que diverses pièces non probantes qui ne permettent pas d'établir une contribution effective du père à l'entretien et à l'éducation de ses enfants à la date de la décision attaquée. Si la requérante produit aussi une convention d'accord parental signée le 8 février 2022 relative à la contribution financière du père des enfants, dont il n'est pas établi qu'elle aurait été homologuée contrairement aux assertions de la requérante, des photographies figurant les enfants avec leur père et des relevés de virements financiers d'avril et mai 2022, ces documents, portant sur une période postérieure à la décision attaquée, ne peuvent être pris en compte pour justifier la réalité d'une contribution sur la période antérieure à la décision attaquée. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas que le père de ses enfants a contribué à l'entretien et à l'éducation de leurs enfants à la date de la décision attaquée. Par suite, le préfet pouvait opposer un motif tiré de l'application de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser le renouvellement du titre de séjour de la requérante.

7. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Mme C soutient que la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de ses enfants. Toutefois, si elle est mère de deux enfants français, pour lesquels la décision n'implique pas, par elle-même, une rupture de la cellule familiale, et si elle exerce une activité salariée, elle ne justifie pas de l'ancienneté, l'intensité et la stabilité des attaches familiales et personnelles dont elle dispose en France. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni davantage qu'elle méconnaîtrait le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.

9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions attaquées.

10. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions tendant au prononcé d'une injonction et d'une astreinte ne peuvent qu'être rejetées. Les conclusions tendant à ce que les frais liés au litige soient mis à la charge de l'Etat sont rejetées par voie de conséquence.

D E C I D E

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme F C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Toutain, président,

- M. Thobaty, premier conseiller,

- M. Puechbroussou, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.

Le rapporteur,

Signé

G. Thobaty

Le président,

Signé

E. Toutain La greffière,

Signé

S. Desplan

La République mande et ordonne préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions