jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2203807 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête n° 2203807, enregistrée le 9 mars 2022, M. C A, représenté par Me de Seze, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision révélée le 9 mars 2022, par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;
2°) d'enjoindre au préfet compétent d'enregistrer la demande d'asile du requérant en procédure normale ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du préfet de la Seine-Saint-Denis le versement à Me de Seze, avocat de M. A, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision attaquée :
- méconnait l'article 9 du règlement UE n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 ;
- méconnait l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 dès lors qu'il n'a pas été informé dans une langue qu'il comprend de ses droits ;
- la décision de prolongation du délai de transfert est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
En réponse à une demande du tribunal du 25 septembre 2023 en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, le requérant a répondu le même jour qu'il maintenait sa requête.
Par ordonnance du 7 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 4 juillet 2023.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 novembre 2022.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés n° 2203809 du 19 avril 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (CE) n° 1560/2003 modifié de la Commission du 2 septembre 2003, modifié ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Israël, premier conseiller, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 10 mars 1999, a déposé une demande d'asile le 25 juin 2021. Par arrêté du 16 septembre 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé son transfert aux autorités suédoises après que ces dernières ont accepté le transfert du requérant en Suède et la responsabilité de l'examen de sa demande d'asile le 23 juillet 2021. Le 23 janvier 2022, M. A, estimant la France désormais responsable de l'examen de sa demande d'asile, a demandé aux services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis l'enregistrement de sa demande d'asile. Par un courrier électronique du 24 janvier 2022, l'administration a refusé d'enregistrer cette demande. Sur la saisine de M. A le juge des référés du tribunal, par une ordonnance n° 2201743 du 22 février 2022, a suspendu l'exécution de la décision révélée par le courrier électronique du 24 janvier 2022 et enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile. Par un nouveau courrier électronique du 9 mars 2022, en réponse à une nouvelle demande présentée pour M. A tendant à l'enregistrement de sa demande d'asile par les autorités françaises, la préfecture de la Seine-Saint-Denis a de nouveau indiqué que le requérant avait été placé en situation de fuite et qu'il s'était ainsi soustrait à la procédure, précisant encore qu'il ne serait pas procédé à la requalification de sa situation. Sur une nouvelle saisine de M. A, le juge des référés du tribunal, par une ordonnance n° 2203809 du 19 avril 2022 a suspendu l'exécution de la décision révélée par le courrier électronique du 9 mars 2022 et enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile. M. A demande l'annulation de la décision révélée par le courrier électronique du 9 mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil : " 1. Le transfert du demandeur () de l'État membre requérant vers l'État membre responsable s'effectue conformément au droit national de l'État membre requérant, après concertation entre les États membres concernés, dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre État membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27 /()/ 2. Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant. Ce délai peut être porté à un an au maximum s'il n'a pas pu être procédé au transfert en raison d'un emprisonnement de la personne concernée ou à dix-huit mois au maximum si la personne concernée prend la fuite () ". Il résulte clairement de ces dispositions que le transfert vers l'Etat membre responsable peut avoir lieu pendant une période de six mois à compter de l'acceptation de la demande de prise en charge et est susceptible d'être porté à dix-huit mois si l'intéressé " prend la fuite ", cette notion devant s'entendre comme visant le cas où un ressortissant étranger se serait soustrait de façon intentionnelle et systématique au contrôle de l'autorité administrative en vue de faire obstacle à une mesure d'éloignement le concernant. Tel est le cas notamment s'il se soustrait intentionnellement à l'exécution d'un transfert organisé en refusant un examen de dépistage " RT-PCR " obligatoire pour l'entrée effective sur le territoire de l'État membre responsable, dès lors qu'il avait connaissance des conséquences d'un refus de sa part et qu'il ne fait état d'aucune raison médicale particulière justifiant une absence de consentement à la réalisation du test.
3. Il ressort des pièces du dossier que pour prendre la décision attaquée, l'administration a considéré que, le 18 janvier 2022, M. A a refusé de se soumettre à un test " PCR ", en vue de son transfert aux autorités suédoises, le 20 janvier suivant. Toutefois, il résulte des mentions du document produit par le préfet de la Seine-Saint-Denis, que cette demande n'a pas été effectuée par le truchement d'un interprète, de sorte que ce refus ne peut être regardé comme révélant une volonté délibérée de faire obstacle à la procédure, tout comme la circonstance que M. A a déclaré lors de l'entretien du 16 septembre 2021 " refuser le transfert vers la Suède ". Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision de refus d'enregistrement révélée par le courrier électronique du 9 mars 2022 a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 29, paragraphe 2 du règlement (UE) du 26 juin 2013.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision contestée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, délivre une attestation de demandeur d'asile à M. A. Il y a lieu de lui d'enjoindre, sous réserve que l'autorité administrative n'y a pas déjà procédé, de lui délivrer dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État (préfet de la Seine-Saint-Denis) une somme de 1 100 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me de Seze, conseil de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
D E C I D E :
Article 1er : La décision révélée par le courrier électronique du 9 mars 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer la demande d'asile de M. A en procédure normale est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, sous réserve que l'autorité administrative n'y a pas déjà procédé, de délivrer à M. A une attestation de demandeur d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État (préfet de la Seine-Saint-Denis) versera à Me de Seze une somme de 1 100 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me de Seze renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de la Seine-Saint-Denis et à Me de Seze.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Caldoncelli Vidal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
Le rapporteur,
M. Israël
La présidente,
Mme DelamarreLa greffière,
Mme B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026