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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2204120

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2204120

mercredi 28 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2204120
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantHEMERA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 14 mars, 5 mai, 9 juin et 5 septembre 2022, la société Réhabilitation Ingénierie Maintenance (RIM), représentée par Me Hoareau (SELAS HEMERA), avocat, demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures, de condamner la région Ile-de-France à lui verser, à titre provisionnel :

1°) la somme de 17 154,93 euros (285,81 + 692,95 + 1857,95 + 413,74 + 9 866,99 + 2 856,94 + 1 603,48 + 470,27 + 421,50 + 1811 + 542,32 + 150,18 + 8 x 40 - 4 138,20) correspondant aux intérêts moratoires capitalisés afférents au paiement tardif de diverses factures émises dans le cadre de l'exécution de marchés de travaux de rénovation de plusieurs lycées d'Ile de France et à l'indemnité forfaitaire de 40 euros par facture acquittée tardivement ;

2°) la somme de 7 924,14 euros (1 959,64 + 5 884,50 + 2 x 40 euros) correspondant aux intérêts moratoires capitalisés afférents au paiement tardif de 2 factures émises, au titre du paiement direct, dans le cadre de 2 contrats de sous-traitance conclus avec la SARL NC2E et à l'indemnité forfaitaire de 40 euros par facture acquittée tardivement ;

3°) la somme de 1 551 euros (569,22 + 901,78 + 2 x 40 euros) correspondant aux intérêts moratoires capitalisés afférents aux retenues sur garantie restituées tardivement dans le cadre de l'exécution desdits marché et à l'indemnité forfaitaire de 40 euros par " retenue de garantie " restituée tardivement ;

4°) la somme de 411,53 euros (157,99 + 60,47 + 22,10 + 170,97 euros) correspondant aux intérêts moratoires capitalisés afférents au " solde des paiements directs à réaliser entre les mains des sous-traitants " ;

5°) la somme de 7 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- En ce qui concerne les intérêts moratoires afférents aux factures acquittées tardivement dans le cadre de l'exécution des marchés de travaux dont elle est titulaire, la créance, d'un montant total de 17 154, 93 euros, est non sérieusement contestable dès lors que :

* L'article L. 2192-10 du code de la commande publique dispose que : " Les pouvoirs adjudicateurs, y compris lorsqu'ils agissent en tant qu'entités adjudicatrices, paient les sommes dues en principal en exécution d'un marché dans un délai prévu par le marché ou, à défaut, dans un délai fixé par voie réglementaire et qui peut être différent selon les catégories de pouvoirs adjudicateurs. / Lorsqu'un délai de paiement est prévu par le marché, celui-ci ne peut excéder le délai prévu par voie réglementaire. " ;

* L'article L. 2192-11 du CCP dispose que : " Les entités adjudicatrices mentionnées aux 2° et 3° de l'article L. 1212-1 paient les sommes dues en principal en exécution d'un marché dans les conditions prévues à l'article L. 441-10 du code de commerce. " ;

* En l'espèce, le délai de paiement est de trente jours à compter de l'émission de la facture, conformément à l'article L. 441-10 du code de commerce auquel renvoie l'article L. 2192-11 du code de la commande publique. Le législateur retient donc par principe la date d'émission de la facture comme point de départ des délais et non la date de réception de la facture. A aucun moment, il n'est question de réception de la facture. En l'espèce, le délai de paiement est de trente jours, comme reconnu par la région ;

* La région prétend, sans en justifier, que l'article L. 2192-11 du code de la commande publique ne la concerne pas. Cependant, elle ne donne aucun fondement juridique pour justifier que le point de départ des intérêts est fixé au jour de la réception de la facture et non à la date d'émission ;

* L'article L. 2192-13 du CCP dispose que : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. " ;

* De sorte qu'en application des dispositions précitées, l'administration disposait d'un délai maximum de paiement de trente jours à compter de la date d'émission de la facture, délai au terme duquel sont dus les intérêts moratoires de 8%. L'intégralité des paiements n'avait pas été effectuée lors du dépôt de la requête, de sorte que la société exposante est fondée à solliciter le paiement des intérêts moratoires à compter de l'expiration du délai de trente jours, lesdits intérêts étant capitalisés au terme d'une année échue pour porter à leur tour intérêt dans les mêmes conditions ;

- En ce qui concerne les intérêts moratoires (7 924,14 euros) afférents au paiement tardif de 2 factures émises, au titre du paiement direct, dans le cadre de 2 contrats de sous-traitance conclus avec la SARL NC2E : la créance est non sérieusement contestable dès lors que la région prétend de manière erronée que les demandes de paiement ont été rejetées, sans pour autant que la société RIM en soit informée. Il n'y a d'ailleurs aucune date figurant sur les documents produits. La Région fait état du motif suivant : " absence de transmission du DC4 signé et des factures du sous-traitant ". Or, le formulaire DC4 n'est jamais transmis sur CHORUS PRO, il est signé en amont par la Région et enregistré également par elle afin de bloquer la somme correspondante au profit du sous-traitant ; l'attestation de paiement correspondante, établie par le titulaire du marché et non le sous-traitant, est transmise via CHORUS PRO puis signé par l'ingénieur de la Région, ce qui a bien été fait.

- En ce qui concerne les intérêts moratoires afférents aux retenues sur garantie restituées tardivement, la créance, d'un montant de 1 551 euros, est non sérieusement contestable dès lors que ces dernières ont été restituées après l'introduction de la présente procédure et même après le second mémoire en défense de la Région. A ce titre, la société RIM est fondée à demander le paiement des intérêts moratoires afférents.

- En ce qui concerne les intérêts moratoires afférents au " solde des paiements directs à réaliser entre les mains des sous-traitants ", les conclusions sont recevables dès lors que la circonstance que les sous-traitants puissent avoir le droit à un paiement direct n'a ni pour effet ni pour objet d'interdire au titulaire du marché d'exiger le paiement provisionnel des sommes dues aux sous-traitants, sauf au maitre d'ouvrage à démontrer la réalisation d'un paiement effectif. Par ailleurs, la créance, d'un montant de 411, 53 euros, est non sérieusement contestable eu égard aux éléments relatifs aux modalités de calcul des intérêts moratoires énoncés précédemment.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 avril, 12 mai, 4 juillet et 12 septembre 2022, la région Ile de France, représentée par sa présidente en exercice, dûment habilitée, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête de la société RIM.

Elle soutient que :

- En ce qui concerne les intérêts moratoires afférents aux paiements tardifs de factures à la société RIM en tant que titulaire des marchés, les sommes de 1 388,52 euros et de 9 581,70 euros, correspondant aux intérêts moratoires afférents à ces factures payées tardivement, et qui sont encore dus par la région, sont actuellement en cours de paiement ;

- Pour le surplus, la demande provisionnelle souffre d'une contestation sérieuse dans la mesure où la société requérante considère à tort que le point de départ du délai de paiement court à compter de l'émission de la facture, dès lors que :

* Le délai prévu par l'article L. 2192-10 du code de la commande publique est fixé à trente jours par l'article R. 2192-10 du même code ;

* En application de l'article R. 2192-32 de ce code " les intérêts moratoires courent à compter du lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse. " et l'article R. 2192-12 du code prévoit que le " () délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur ou, si le marché le prévoit, par le maitre d'œuvre ou toute autre personne habilitée à cet effet. ".

* Les sous-traitant bénéficient des mêmes dispositions que les titulaires de marchés. Le délai de paiement court à compter de la réception par le maitre de l'ouvrage de la demande de paiement direct.

* L'article R. 2192-15 du code de la commande publique précise que " lorsque la demande de paiement est transmise par voie électronique en application (décr. N°2019-748 du 18 juillet 2019, art.2) " des articles L. 2192-1 à L. 2192-3 ", la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur correspond : () 2° Lorsque les factures sont transmises par le mode portail ou service, à la date de notification au pouvoir adjudicateur du message électronique l'informant de la mise à disposition de la facture sur ce portail " ;

* Ainsi, il ressort de l'ensemble de ces textes qu'il ne fait nul doute que le délai de paiement court à compter de la date de réception de la facture par l'administration. Il est donc incontestable que l'article L. 441-10 du code de commerce mentionné par la société requérante n'est pas applicable aux marchés passés par la Région dès lors qu'il concerne les entités adjudicatrices et prévoit un délai de 60 jours ;

* En l'espèce, la date retenue par les services régionaux pour calculer le délai de paiement, et par suite les intérêts moratoires, est bien la date d'arrivée de la facture dans le logiciel CORIOLIS ;

- En ce qui concerne les intérêts moratoires afférents aux factures payées tardivement à la société RIM en sa qualité de sous-traitant de la société NC2E au titre du paiement direct, la demande provisionnelle souffre d'une contestation sérieuse dès lors que :

* Les factures litigieuses avaient été rejetées en l'absence de transmission du DC4 signé et des factures de la société RIM ;

* Des nouvelles factures comprenant les documents demandés ont dès lors été transmises. C'est à compter de cette dernière réception que le point de départ du délai de paiement doit être calculé ;

* Les factures ont été payées avec deux jours de retards par rapport à la date limite de paiement, ainsi les montants des intérêts moratoires et des frais de recouvrement s'élèvent, pour les deux factures en cause, à 55,07 et 93,01 euros ;

- En ce qui concerne les intérêts moratoires afférents aux retenues de garantie tardivement restituées, ces derniers sont en cours de calcul et de paiement par la région ;

- En ce qui concerne les intérêts moratoires afférents au " solde des paiements directs à réaliser entre les mains des sous-traitants ", les conclusions sont irrecevables, le titulaire du marché ne justifiant d'aucune qualité lui donnant intérêt pour réclamer les intérêts moratoires éventuellement dus à ses sous-traitants.

Par une ordonnance du 12 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 septembre 2022 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du commerce ;

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Romnicianu, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".

2. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle qui résulte du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant. Le juge des référés doit rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou n'est pas sérieusement contestable sans avoir à trancher ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi. Pour apprécier si l'existence d'une obligation est dépourvue de caractère sérieusement contestable, le juge des référés peut s'appuyer sur l'ensemble des éléments figurant au dossier qui lui est soumis, et notamment ceux provenant d'une expertise, pourvu qu'ils présentent un caractère de précision suffisante et qu'ils aient été soumis à la contradiction des parties.

3. Au cours de l'année 2021, la région Ile de France a conclu avec la société Réhabilitation Ingénierie Maintenance (RIM) cinq marchés de travaux de rénovation de plusieurs lycées d'Ile de France. Dans le cadre de l'exécution de ces marchés, entre les mois d'aout 2021 et janvier 2022, la société RIM a transmis à la région une série de factures, certaines émises en qualité de titulaire de marché et d'autres en qualité de sous-traitant de la société NC2E, au titre du paiement direct. Il est constant que ces factures ont été payées tardivement, pour la plupart postérieurement à l'introduction de la présente requête.

4. Par le présent recours, la société Réhabilitation Ingénierie Maintenance demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la région Ile-de-France à lui verser, à titre de provision, les intérêts moratoires capitalisés, ainsi que l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 €, au titre de ces factures acquittées tardivement.

En ce qui concerne les intérêts moratoires capitalisés et l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 €, dus à la société Réhabilitation Ingénierie Maintenance, en sa qualité de titulaire de marchés, au titre de diverses factures acquittées tardivement (17 154,93 euros) :

5. Aux termes de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 2192-32 de ce code : " les intérêts moratoires courent à compter du lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse. "

6. En outre, aux termes de l'article L. 2192-10 : " Les pouvoirs adjudicateurs, y compris lorsqu'ils agissent en tant qu'entités adjudicatrices, paient les sommes dues en principal en exécution d'un marché dans un délai prévu par le marché ou, à défaut, dans un délai fixé par voie réglementaire ". L'article R. 2192-10 dispose : " Le délai prévu à l'article L. 2192-10 est fixé à trente jours pour les pouvoirs adjudicateurs, y compris lorsqu'ils agissent en tant qu'entité adjudicatrice. ". Les dispositions de l'article R. 2192-12 précisent que : " () le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur ou, si le marché le prévoit, par le maitre d'œuvre ou toute autre personne habilitée à cet effet. "

7. En se bornant à déclarer, en ce qui concerne les sommes de 1 388,52 euros et 9 581,70 euros correspondant aux intérêts moratoires afférents au paiement tardif des factures litigieuses et à l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, qu'elles sont " actuellement en cours de paiement ", la région Ile-de-France ne conteste pas l'existence d'une telle créance et admet en être débitrice. Dès lors, la créance dont se prévaut la société RIM à son encontre apparait comme non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 précité du code de justice administrative. Par suite, la société RIM est fondée à demander la condamnation de la région Ile de France à lui verser une provision d'un montant total de 10 970, 22 euros ( = 1 388,52 euros + 9 581,70 euros).

8. En ce qui concerne le surplus des sommes demandées à ce titre, au regard, d'une part, des dispositions précitées et, d'autre part, des éléments apportés par la région tendant à contester le point de départ du délai de paiement desdites factures et, par suite, la date à partir de laquelle courent les intérêts moratoires, la créance dont se prévaut la société RIM n'apparait pas, en l'état de l'instruction, non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne les intérêts moratoires capitalisés et l'indemnité forfaitaire de 40 euros, afférents au paiement tardif de 2 factures émises, au titre du paiement direct, dans le cadre de 2 contrats de sous-traitance conclus avec la société SARL NC2E (7 924,14 €) :

9. En défense, la Région Ile-de-France reconnait que les 2 factures litigieuses ont été payées avec deux jours de retard par rapport à la date limite de paiement et que les montants des intérêts moratoires et de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement s'élèvent, pour les deux factures en cause, à 55,07 et 93,01 euros. Par suite, la société RIM est fondée à demander la condamnation de la région Ile de France à lui verser une provision d'un montant total de 148,08 euros (93,01 euros + 55,07 euros).

10. En ce qui concerne le surplus des sommes demandées à ce titre, au regard des éléments apportés par la région tendant à contester le point de départ du délai de paiement desdites factures, le montant de la créance dont se prévaut la société RIM n'apparait pas, en l'état de l'instruction, non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne les intérêts moratoires capitalisés et l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € afférents aux retenues sur garantie restituées tardivement (1 551 euros = 569,22 + 901,78 + 2 x 40 euros) :

11.En se bornant à déclarer, s'agissant des garanties tardivement restituées, que les intérêts moratoires sont " en cours de calcul et de paiement ", la région Ile de France ne conteste ni l'existence de cette créance, ni son montant, et admet en être la débitrice. Dès lors la créance dont se prévaut la société RIM à son encontre apparait comme non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Par suite, la société RIM est fondée à réclamer une provision d'un montant de 569,22 € + 901,78 €, soit au total 1 471 €, au titre des intérêts moratoires afférents aux retenues sur garantie restituées tardivement. En revanche, en l'absence de facture émise au titre du remboursement des garanties, l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € n'est pas due.

En ce qui concerne les intérêts moratoires afférents au " solde des paiements directs à réaliser entre les mains des sous-traitants " (411, 53 euros) :

12.Si la société RIM soutient que la créance détenue par ses sous-traitants envers la région Ile-de-France au titre des intérêts moratoires capitalisés et de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement afférents aux paiements tardifs de factures émises par lesdits sous-traitants, au titre du paiement direct, n'est pas sérieusement contestable, elle ne justifie, en tout état de cause, d'aucun intérêt lui donnant qualité pour agir au nom et pour le compte de ces derniers. Par suite, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées comme irrecevables.

13.Il résulte de ce qui précède que la société RIM est seulement fondée à solliciter l'allocation d'une provision d'un montant total de 10 970, 22 euros + 148, 08 euros + 1 471 euros = 12 589, 30 euros.

Sur les frais liés au litige :

14.Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société requérante présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La région Ile-de-France versera à la société Réhabilitation Ingénierie Maintenance (RIM) une provision d'un montant total de 12 589, 30 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société RIM est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Réhabilitation Ingénierie Maintenance (RIM) et à la région Ile de France.

Fait à Montreuil, le 28 septembre 2022.

Le juge des référés,

M. A

La République mande et ordonne à la région Ile-de-France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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