mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204276 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 17 mars 2022 et 6 janvier 2023, M. B C A, représenté par Me de Seze, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 février 2022 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil à compter du jour où elles ont été suspendues dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) et de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations, en méconnaissance des articles L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et D. 551-18 du même code ;
- il n'est pas établi que sa vulnérabilité ait été évaluée et prise en compte ;
- dans l'hypothèse où un entretien aurait été mené, l'agent en charge de l'entretien n'était pas formé ;
- le questionnaire d'évaluation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est irrégulier en ce qu'il ne permet pas une évaluation effective de leur vulnérabilité ;
- il n'est pas établi qu'il n'a pas respecté ses obligations de présentation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 5 février 2024.
Par une décision du 7 mars 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ghazi, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 29 juin 1996, a fait l'objet d'une procédure de transfert de l'examen de sa demande d'asile aux autorités roumaines. Par une décision du
21 février 2022, dont le requérant demande l'annulation, l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait.
2. En premier lieu, M. A soutient que la décision litigieuse est insuffisamment motivée. Toutefois, celle-ci comporte les considérations de fait et de droit qui la fondent. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la décision attaquée ni des pièces du dossier que l'OFII se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. A. Le moyen doit donc également être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret ". Aux termes de l'article D. 551-18 de ce même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours ".
5. Si M. A fait grief à la décision attaquée d'être intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière faute d'avoir été mis en mesure de présenter ses observations écrites, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 17 janvier 2022, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a fait part à l'intéressé de son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait, à laquelle ce dernier a répondu par un courrier du 21 janvier 2022 et que la cessation est intervenue le 21 février de cette même année, de sorte que M. A a bien été mis en mesure de présenter ses observations dans le délai de quinze jours prévu par les dispositions citées au point précédent. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables./ L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines ". Il résulte de ces dispositions que tout demandeur d'asile doit bénéficier d'un entretien personnel, destiné à évaluer sa vulnérabilité, lors de la présentation de sa première demande d'asile.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le requérant a bénéficié d'un entretien avec un agent de l'OFII, en présence d'un interprète en pachtou, le 18 juin 2021. En revanche, si l'OFII doit apprécier la vulnérabilité de l'étranger avant de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, il n'est toutefois pas tenu de le convoquer à un entretien de vulnérabilité. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A ne s'est prévalu d'aucune circonstance particulière justifiant sa vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure en l'absence d'évaluation de sa vulnérabilité doit être écarté. A cet égard, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'agent ayant mené l'entretien n'ait pas reçu de formation spécifique, ainsi que l'allègue le requérant. Le moyen sera donc également écarté.
8. En cinquième lieu, M. A ne peut utilement exciper de l'illégalité de l'arrêté du 23 octobre 2015 relatif au questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile, pour l'application duquel la décision attaquée n'a pas été prise et qui n'en constitue pas la base légale.
9. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile () ".
10. En l'espèce, il ressort d'un courrier électronique du 12 janvier 2022 émanant de la direction territoriale de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) de la Seine-Saint-Denis que M. A a refusé d'embarquer dans l'avion devant le reconduire sur le territoire roumain et qu'il a été laissé libre à l'aéroport Charles-de-Gaulle le 12 janvier 2022. Ces informations sont concordantes avec la fiche de transmission du dossier Dublin de l'intéressé au bureau de l'asile du 12 janvier 2022. Par ailleurs, M. A se borne à rappeler qu'il incombe à l'administration d'établir qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile sans contester lesdits motifs. Dans ces conditions, il est suffisamment établi que M. A entrait dans les prévisions du 3° de l'article L. 551-16 précité et que c'est donc à bon droit que l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait.
11. Il s'ensuit que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 21 février 2022. Sa requête doit donc être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, à Me de Seze et au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Truilhé, président,
- Mme Ghazi, première conseillère,
- Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le président,La première conseillère,J-C. TruilhéA. GhaziLa greffière,
A. Capelle
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026