lundi 8 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204328 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CALLON AVOCAT ET CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 16 et 25 mars 2022, M. A B, représenté par Me Callon, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Noisy-le-Sec à lui verser la somme de 55 308,50 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Noisy-le-Sec le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de la commune de Noisy-le-Sec est engagée, même en l'absence de faute, du fait de la présence d'ouvrage public ;
- les désordres qui affectent sa propriété sont imputables à la sécheresse du sol, elle-même due à la présence d'arbres sur le terrain adjacent détenu par la commune de Noisy-le-Sec ;
- ces désordres constituent un dommage anormal et sont directement causés par l'ouvrage.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 décembre 2023, la commune de Noisy-le-Sec, représentée par Me Corneloup, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'un expert soit désigné avant dire droit pour déterminer les causes, les responsabilités et les travaux nécessaires en lien avec les désordres affectant la propriété du requérant ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, à ce que le montant de la condamnation soit ramené à de plus justes proportions ;
4°) à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le requérant ne démontre pas l'existence d'un préjudice dès lors que les désordres affectant sa propriété sont antérieurs à l'achat et qu'il en avait nécessairement connaissance ;
- il ne démontre pas l'existence d'un lien de causalité entre les arbres situés sur le terrain de la commune et les désordres qui affectent sa propriété ;
- les désordres ont été causés par les sécheresses qui ont affecté la commune ;
- il est nécessaire de désigner un expert aux fins de déterminer les causes, responsabilités et travaux nécessaires en lien avec les désordres ;
- sa condamnation doit le cas échéant être ramenée à de plus justes proportions compte tenu de la vétusté de la maison et de la circonstance que les désordres étaient connus avant l'achat de la maison.
Par une ordonnance du 13 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Courneil, rapporteure,
- les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique,
- et les observations de Me Santana, substituant Me Corneloup pour représenter la commune de Noisy-le-Sec.
M. B n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire d'une maison sise 19 passage François Cochu à Noisy-le-Sec, sur un terrain adjacent à un square public. Par un courrier en date du 19 novembre 2021, il a adressé à la commune de Noisy-le-Sec une demande indemnitaire préalable tendant à la réparation des désordres affectant sa maison qu'il estime être causés par la présence d'arbres communaux adjacents. Une décision de rejet étant née du silence gardé par l'administration, il demande au tribunal l'indemnisation de ces préjudices.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.
3. Il résulte de l'instruction que la maison de M. B, affectée de désordres touchant à ses fondations, est assise sur des sols argileux subissant un phénomène de retrait-gonflement du fait de périodes de sécheresse, et qui serait aggravé, selon le rapport de la société Saretec du 9 novembre 2020, par " la présence d'une abondante végétation implantée à proximité directe des parties sinistrées du pavillon ". Le requérant demande ainsi l'indemnisation du préjudice financier causé par le coût des travaux de stabilisation des fondations requis par le rapport précité. Toutefois, il ressort de ce rapport, et ainsi que le fait valoir la commune en défense, que les désordres en litige " sont très anciens " et étaient connus depuis au moins décembre 2017, date à laquelle la précédente propriétaire du bien a fait appel à un cabinet d'expertise qui en a établi le détail et la portée par un rapport du 16 avril 2018. Or M. B qui a acquis ledit bien le 30 décembre 2019, n'établit pas, ni même n'allègue, avoir été irrégulièrement privé d'une telle information de nature à lui permettre d'imputer le coût de travaux prévisibles sur le prix d'acquisition du bien immobilier. Dans ces conditions, le requérant ne justifie pas du préjudice financier qu'il allègue avoir subi. Par suite, la responsabilité de la commune de Noisy-le-Sec ne saurait être engagée et les conclusions tendant à ce qu'elle soit condamnée à verser la somme de 55 308,5 euros doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Noisy-le-Sec, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, en application des mêmes dispositions, de mettre à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au profit de la commune de Noisy-le-Sec.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 500 euros à la commune de Noisy-le-Sec en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Noisy-le-Sec.
Délibéré après l'audience du 25 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
Mme Nguër, première conseillère,
Mme Courneil, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.
La rapporteure,
L. Courneil Le président,
J. Charret
La greffière,
D. Ferreira
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026