jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204511 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | MASILU-LOKUBIKE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 mars 2022, M. A C, représenté par Me Masilu-Lokubike, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 janvier 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a procédé à la modification de son titre séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis à titre principal de lui délivrer une carte de résident dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délais et d'astreinte et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué :
- est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- est entaché d'un défaut de base légale
- est entaché d'une erreur de droit
- méconnaît les dispositions des articles L. 432-4 et L.423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 7 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 août 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Tukov, président, a été entendu au cours de l'audience publique du 6 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant béninois né le 28 septembre 1976, a présenté, le 9 juillet 2020, une demande de carte de résident, sur le fondement de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile. Par une décision du 7 janvier 2022, le Préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait perdre le bénéfice de son titre de séjour pluriannuel portant la mention " vie privée et familiale " de deux ans, et l'a mis en possession d'un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article R. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les différentes infractions reprochées à l'intéressé conduisant le préfet à considérer qu'il n'est plus en cohérence avec les valeurs de la République, tout en prenant en considération la vie privée et familiale du requérant. Elle comporte ainsi les éléments de fait et de droit qui en constitue le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ladite décision doit, en conséquence, être écarté, de même, subséquemment, que le moyen tiré du défaut de base légale.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I.- Le titre de séjour peut être retiré : / () 10° Si l'étranger titulaire d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle constitue une menace pour l'ordre public ; ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis a retiré le titre de séjour pluriannuel de M. C au motif que son comportement constitue une menace à l'ordre public, eu égard à ses condamnations, le 9 janvier 2013 à la peine de 550 euros d'amende pour conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, véhicule sans assurance et sans permis, le 2 décembre 2014, à la peine de 600 euros d'amende pour conduite d'un véhicule sans permis et conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, le 6 mars 2015 à la peine de 2 ans d'emprisonnement dont 1 an avec sursis pour escroquerie en bande organisée (tentative), escroquerie et faux dans un document administratif ,et le 9 janvier 2018, à la peine de 4 mois d'emprisonnement avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant 2 ans pour récidive de conduite d'un véhicule sans permis. Le préfet relève au surplus que l'intéressé est connu des services de police pour conduite sans permis le 14 novembre 2019, vol simple et conduite d'un véhicule à moteur malgré l'annulation du permis le 15 mai 2020, et conduite d'un véhicule sans assurance et malgré annulation du permis le 20 mars 2021. Ainsi, eu égard à la répétition d'infractions pénales et à supposer même la non prise en compte des éléments du TAJ, c'est à bon droit, en dépit de l'obtention du code de la route le 6 juillet 2021, et de l'attestation de sa conseillère pénitentiaire d'insertion et de probation en date du 11 octobre 2021 attestant de son suivi régulier jusqu'au 20 janvier 2021, que le préfet de la Seine-Saint-Denis a pu considérer que la présence en France de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article R. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur de droit doivent ainsi être écartés.
5. En dernier lieu, à supposer même que le requérant, qui fait valoir qu'il est marié depuis 15 ans, à la date de la décision attaquée, avec une ressortissante française et que trois enfants, de 8, 6 et 1 ans à la date de la décision attaquée, sont nés de cette union, que la communauté de vie n'a pas été rompue, et que sa participation à l'éducation et à l'entretient de ses enfants est attestée, puisse être regardé comme invoquant l'atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale portée par la décision attaquée, il a été néanmoins mis en possession, par la décision contestée, d'un titre de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. Le moyen doit, dès lors, être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023 à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Doyelle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le président-rapporteur,
C. Tukov
L'assesseure la plus ancienne,
S. Van Maele La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026