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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2204790

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2204790

mardi 22 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2204790
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantMASILU-LOKUBIKE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mars 2022 et un mémoire complémentaire du 27 avril 2022, M. A B, représenté par Me Masilu, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 17 mai 2021 par lesquelles le préfet de la

Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé sans délai à quitter le territoire français, a désigné le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail et de retirer le signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Masilu de la somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Masilu renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

La décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :

- n'est pas suffisamment motivée ;

- est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la saisine pour avis de la commission du titre de séjour ;

- est entachée d'une erreur de fait sur sa date de naissance et d'une défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne peut pas bénéficier d'un traitement approprié au Mali ;

- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa vie privée et familiale.

L'obligation de quitter le territoire français :

- est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa vie privée et familiale.

La décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- méconnaît l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faute de prise en compte de l'ensemble des critères légaux pour fixer la durée de l'interdiction de retour ;

- est entachée d'une erreur de fait quant au doute sur son identité ;

- méconnaît l'article L. 612-6 en raison de l'existence de circonstances humanitaires.

Le préfet de la Seine-Saint-Denis, auquel les écritures de la partie requérante ont été communiquées, n'a pas produit d'observations en défense.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal est susceptible :

- d'une part, de relever d'office le moyen tiré de ce que le préfet de la

Seine-Saint-Denis a méconnu le champ d'application de la loi en se fondant pour prendre une interdiction de retour sur le territoire français sur les dispositions de l'article L. 612-8 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables seulement en cas d'octroi d'un délai de départ volontaire,

- d'autre part, de procéder d'office à une substitution de base légale entre les dispositions de l'article précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de L. 612-6 du même code, applicables en l'absence d'octroi d'un délai de départ volontaire.

Par une décision du 31 janvier 2022, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Thobaty, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malien né le 22 février 1971, a demandé le renouvellement d'un titre de séjour délivré pour raison de santé. Par un arrêté du 17 mai 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté la demande de l'intéressé, l'a obligé sans délai à quitter le territoire français, a désigné le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par cette requête, M. B demande l'annulation de ces décisions.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

2. . L'arrêté attaqué comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait sur lesquels le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B. Cette décision satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, il ne résulte ni de la motivation de l'arrêté en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet aurait pris cette décision sans tenir compte de l'ensemble des éléments qui lui étaient soumis. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

3. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil ; 2° Les documents justifiants de sa nationalité () La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents () ".

4. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de la Seine-Saint-Denis a constaté que le passeport communiqué par le requérant indique une date de naissance au 22 février 1971, alors que son ancien passeport mentionne une date de naissance au 22 février 1976. Si le requérant se prévaut d'une attestation de concordance délivrée le 23 mai 2022 par le consulat du Mali à Paris, selon laquelle M. A B né le 22 février 1971 et M. A B né le 22 février 1976 sont la même personne, et d'un acte de naissance mentionnant le 22 février 1971, ces éléments ne permettent pas de caractériser une erreur de fait dès lors que le préfet a relevé dans sa décision les contradictions existant entre les mentions des passeports successifs et les déclarations dans le temps du requérant. Par suite, le moyen tiré d'une erreur de fait doit être écarté.

5. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

6. Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 27 décembre 2016 : " Au vu de ce rapport médical et des informations dont il dispose, le médecin de l'agence régionale de santé émet un avis précisant : si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; s'il existe dans le pays dont il est originaire, un traitement approprié pour sa prise en charge médicale ; la durée prévisible du traitement. Dans le cas où un traitement approprié existe dans le pays d'origine, il peut, au vu des éléments du dossier du demandeur, indiquer si l'état de santé de l'étranger lui permet de voyager sans risque vers ce pays () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser d'accorder à M. B le titre de séjour qu'il avait sollicité pour raison médicale, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est notamment fondé sur l'avis émis le 2 février 2021 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui a considéré que l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale, que le défaut de prise en charge médicale peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que le traitement existe dans le pays d'origine, où l'intéressé peut être pris en charge. Le requérant, qui est atteint d'hépatite B, se prévaut, à l'appui de son allégation relative à l'impossibilité de bénéficier effectivement d'un traitement approprié au Mali, d'un certificat médical établi le 21 février 2022 qui indique seulement que son état de santé nécessite une prise en charge médicale au long cours. Il produit aussi un certificat médical du 12 décembre 2018 établi par un médecin du groupe hospitalier du

Raincy-Montfermeil, qui indique " qu'il n'existe à ce jour aucune perturbation du bilan hépatique " et " rappelle qu'il a comme principal antécédent un accident de voie publique () et une consommation excessive d'alcool sevrée depuis environ deux ans ". Dans ces conditions, ces éléments ne suffisent pas à remettre en cause l'appréciation portée par le préfet au vu notamment de l'avis émis précité. Par suite, la décision refusant de délivrer un titre de séjour à M. B n'a pas méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu, au titre de l'article L. 432-13 de code, de saisir la commission du titre de séjour que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions pour obtenir un titre de séjour en vertu de ces articles. Dès lors que le requérant ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour en application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour. Le moyen tiré de l'irrégularité de procédure doit, par suite, être écarté.

9. M. B se prévaut d'une résidence habituelle en France depuis 2010 et de la présence d'une sœur et d'un oncle en situation régulière. Cependant, l'intéressé, célibataire et sans charge de famille, ne justifie ni de la durée de présence en France qu'il invoque, ni d'une intégration particulière en France, ni de liens d'une intensité suffisante avec la France. Dans ces conditions, en lui refusant un titre de séjour, le préfet n'a pas entaché cette décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa vie privée et familiale.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

10. M B n'établissant pas que le refus de délivrance d'un titre de séjour serait illégal, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit, en conséquence, être écartée.

11. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ;() ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".

12. Dès lors que la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée et que la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte, mentionne l'article L. 611-1 de ce code, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée doit être écarté.

13. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".

14. Comme il a été au point 7, le requérant n'établit pas ne pas pouvoir bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont il a la nationalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 de ce code doit être écarté.

15. M. B se prévaut des conséquences sur sa santé en cas de retour dans son pays dont il a la nationalité. Cependant il ne justifie pas que ce retour aurait pour conséquence une interruption de tout traitement. Dans ces conditions, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet n'a pas entaché cette décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa vie privée et familiale.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-8 de ce code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".

17. Il ressort des pièces du dossier que, pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre M. B, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles prévoient que l'autorité administrative peut, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français lorsque un délai de départ volontaire a été accordé à l'étranger, alors que M. B, dans le même arrêté, s'est vu refuser un délai de départ volontaire. Par suite, l'arrêté en litige ne pouvait être fondé sur les dispositions de l'article L. 612-8 précité.

18. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

19. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative est tenue, sauf circonstances humanitaires, d'assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. En l'espèce, l'obligation de quitter le territoire français n'a pas été assortie d'un délai de départ volontaire pour l'exécution de la mesure d'éloignement. En se prévalant de son état de santé, le requérant n'établit pas l'existence de circonstances humanitaires faisant obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français. Ainsi, le préfet de la Seine-Saint-Denis pouvait prononcer à son encontre une telle interdiction. Compte de ce qui vient d'être dit, le préfet aurait pris la même décision d'interdiction de retour s'il s'était fondé sur les dispositions de l'article L. 612-6 précité. L'intéressé n'étant privé d'aucune garantie, il y a lieu de procéder d'office à la substitution de la base légale tirée de l'application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à celle figurant dans la décision attaquée.

20. Eu égard à la substitution de base légale à laquelle il est procédé, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur de fait sur l'existence d'un doute quant à l'identité de l'intéressé eu égard aux années de naissance différentes figurant dans ses passeports successifs est sans incidence sur le bien-fondé de l'interdiction de retour sur le territoire français.

21. Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

22. En se fondant sur la durée de la présence en France de l'intéressé, la faible intensité de ses liens avec la France, l'édiction d'une précédente obligation de quitter le territoire français le 26 février 2016 et des contradictions entre les dates de naissance figurant sur ses passeports successifs pour fixer à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Par voie de conséquence, ne peuvent qu'être rejetées les conclusions présentées par le requérant aux fins d'injonction et d'application des articles

L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la

Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 27 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Toutain, président,

- M. Thobaty, premier conseiller,

- M. Puechbroussou, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

G. Thobaty

Le président,

Signé

E. Toutain

La greffière,

Signé

S. Desplan

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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