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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2206515

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2206515

mardi 17 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2206515
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème chambre
Avocat requérantSEMAK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 avril 2022, complétée par des pièces enregistrées le 27 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Semak, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 février 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de carte de résident ;

2°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer une carte de résident dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délais, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 413-7 et L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit quant à son niveau de langue et au caractère stable et suffisant de ses ressources.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.

La clôture de l'instruction a été fixée au 14 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 janvier 2023 :

- le rapport de Mme D ;

- les observations de Me Chartier, substituant Me Semak, pour le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né en 1968, demande l'annulation de la décision du 16 février 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une carte de résident.

2. En premier lieu, la décision attaquée, qui cite l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que le requérant ne remplit pas la condition du niveau de langue requis et ne justifie pas de ressources suffisantes, compote les considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement. La circonstance que l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'était plus en vigueur à la date de la décision attaquée mais avait été repris à l'article L. 426-17 du même code n'est pas de nature à faire regarder la décision attaquée comme dépourvue de motivation en droit. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni de la lecture de la décision attaquée que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. A. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. / () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. () ". Il résulte du point 58 de l'annexe 10 du même code, que les demandes de carte de résident présentées sur le fondement de l'article L. 426-17, doivent comporter, notamment, les justificatifs de ressources, qui doivent être " suffisantes, stables et régulières sur les cinq dernières années ".

5. Si M. A fait valoir qu'il travaille en qualité de déménageur pour une société d'intérim depuis le mois de novembre 2013 et justifie, notamment par la production de ses avis d'imposition, de ressources supérieures au montant du salaire minimum de croissance pour les années 2017 à 2020, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé a perçu des ressources inférieures au montant de référence au titre de l'année 2021 et n'a notamment perçu aucun revenu durant les mois de décembre 2021 à janvier 2022, précédant l'édiction de la décision attaquée. Dans ces conditions, en rejetant la demande de l'intéressé au motif, notamment, de l'insuffisance de ses ressources, le préfet n'a pas inexactement apprécié les dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le motif mentionné au point précédent. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que l'intéressé maîtrise la langue française dans les conditions prévues par les articles L. 413-7 et R. 413-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, contrairement à ce qu'a estimé le préfet aux termes de sa décision par un autre motif de rejet de sa demande, n'est pas susceptible d'entraîner l'annulation de la décision attaquée.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision préfectorale du 16 février 2022. Ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles demandant de mettre à la charge de l'État les frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 3 janvier 2022, à laquelle siégeaient :

M. Tukov, président,

Mme Van Maele, première conseillère,

M. Doyelle, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2023.

La rapporteure,

S. D

Le président,

C. Tukov La greffière,

Signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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