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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2207118

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2207118

mardi 17 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2207118
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème chambre
Avocat requérantSEMAK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête complétée de pièces, enregistrées les 29 avril et 19 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Semak, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un certificat de résidence mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, " salarié " dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard et de la munir, durant cet examen, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 400 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

­ la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour est entachée d'une erreur de droit, la menace pour l'ordre public ne pouvant être opposée à une ressortissante algérienne ;

­ les décisions de refus de délivrance d'un titre de séjour, d'obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont entachées d'un défaut de motivation, d'insuffisance d'examen de sa situation et d'une erreur de droit au regard du pouvoir discrétionnaire du préfet ;

­ elles sont entachées d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

­ la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, et elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

­ elle est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 612-6 et L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une méconnaissance des articles L. 612-8 et L. 612-10 du même code, ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Une ordonnance du 20 juin 2022 a fixé la clôture d'instruction au 20 juillet 2022.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, le 24 novembre 2022, que le tribunal était susceptible de substituer d'office à la base légale de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile celle tirée du pouvoir de régularisation dont dispose l'autorité préfectorale.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

­ la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

­ la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

­ l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

­ le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

­ le code des relations entre le public et l'administration ;

­ la loi n° 91-467 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

­ le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

­ le rapport de M. Doyelle, premier conseiller,

­ les observations de Me Chartier, avocate, substituant Me Semak, représentant le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante algérienne née en 1988, a sollicité, le 22 janvier 2021, un certificat de résidence au titre de l'admission exceptionnelle au séjour en raison de ses attaches familiales. La requérante demande l'annulation de l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les décisions de refus de délivrance d'un titre de séjour, d'obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

2. En premier lieu, aux termes l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées dans un délai de trente jours des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

3. En l'espèce, les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et fixant le pays de destination comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent leur fondement. Le préfet de la Seine-Saint-Denis fait notamment état de la situation personnelle, familiale et professionnelle de Mme A sur le territoire français, de sa nationalité, ainsi que des éléments factuels sur lesquels il se base pour considérer qu'elle constitue une menace pour l'ordre public. En outre, il est relevé que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour, conformément à l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis se soit abstenu d'examiner la situation de Mme A. Dès lors, les moyens tirés d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, la requérante soutient que la réserve d'ordre public qui n'est pas prévue par l'accord franco-algérien n'est pas opposable aux ressortissants algériens. Les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne privent cependant pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à une ressortissante algérienne la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit dirigé à l'encontre de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.

5. En troisième lieu, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux différents titres de séjour qui peuvent être délivrés aux étrangers en général et aux conditions de leur délivrance s'appliquent, ainsi que le rappelle l'article L. 110-1 du même code, " sous réserve du droit de l'Union européenne et des conventions internationales ". En ce qui concerne les ressortissants algériens, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles ils peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Dès lors, les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables aux ressortissants algériens. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Ainsi, il lui appartient, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

6. Il ressort de ce qui a été dit au point précédent, ainsi que le soutient la requérante, que le préfet de la Seine-Saint-Denis ne pouvait légalement se fonder sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour rejeter la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par Mme A.

7. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur un autre texte ou fondement légal que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressée ait disposé des garanties dont est assortie l'application du fondement légal sur lequel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

8. En l'espèce, si le préfet de la Seine-Saint-Denis a fondé de façon erronée sa décision sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de substituer à ce fondement celui relatif au pouvoir discrétionnaire dont il dispose pour régulariser, en opportunité, la situation de tout étranger, dès lors que cette substitution de base légale n'a pas pour effet de priver Mme A des garanties de procédure qui lui sont offertes par la loi et que le préfet dispose du même pouvoir d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir général de régularisation que lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée sur le fondement de l'article L. 435-1. Dès lors, le moyen tiré d'une erreur de droit au regard du pouvoir discrétionnaire du préfet doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "

10. D'une part, s'agissant de la situation familiale de Mme A, il ressort des pièces du dossier qu'elle réside habituellement sur le territoire français depuis l'année 2013, qu'elle s'est mariée avec un compatriote le 5 octobre 2013, qu'ils sont les parents de deux enfants scolarisés nés en 2014 et 2015, qu'une ordonnance de non conciliation du juge aux affaires familiales près le tribunal de grande instance de Bobigny a été prise dès le 22 juin 2015, qu'un jugement du 13 février 2018 du même juge a prononcé le divorce, que les enfants ont fait l'objet d'un placement à domicile auprès de l'aide sociale à l'enfance par jugement en assistance éducative du 26 novembre 2018, puis une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert par jugement du 26 novembre 2020 de la vice-présidente du tribunal judiciaire de Bobigny chargée de la fonction de juge des enfants jusqu'au jugement du 20 mai 2021 de la même juge ordonnant la mainlevée de la mesure d'assistance éducative compte tenu des capacités parentales certaines de Mme A pour s'occuper d'eux, qu'enfin, l'intéressée ne dispose d'aucune attache familiale sur le territoire français, étant précisé que les membres de sa famille résident dans son pays d'origine. D'autre part, s'agissant de la participation effective à l'éducation et à l'entretien des enfants, il ressort des pièces du dossier que Mme A participe seule à l'éducation de ses enfants, le père ne leur ayant rendu visite que de manière très irrégulière avant, ainsi que le rapporte le jugement du 26 novembre 2020 précédemment mentionné, de s'éloigner d'eux pendant plus d'un an en raison d'un séjour prolongé à l'étranger. Enfin, s'agissant de l'insertion dans la société française de Mme A, il ressort des pièces du dossier que, si elle est titulaire d'un diplôme de coiffeuse délivré en Algérie en 2012, elle n'a exercé aucune activité professionnelle depuis son arrivée sur le territoire français, nonobstant la situation irrégulière de son séjour, qu'elle ne produit qu'une promesse d'embauche peu formalisée du 13 mai 2022 qui est postérieure à la date de la décision attaquée, qu'elle vit dans un centre d'hébergement d'urgence et qu'elle ne maîtrise pas suffisamment la langue française, même si elle atteste suivre des cours depuis toutefois moins de six mois à la date de la décision attaquée. À cet égard, si le préfet de la Seine-Saint-Denis ne pouvait pas valablement considérer que Mme A, qui a vécu une situation conjugale conflictuelle, représente une menace pour l'ordre public au motif qu'elle est connue au fichier du traitement des antécédents judiciaires pour violences sur une personne vulnérable sans incapacité en 2015 et pour violences par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité en 2016, il est néanmoins relevé que le préfet a également motivé sa décision de refus de délivrance d'un titre de séjour, au regard de son pouvoir discrétionnaire, sur l'absence d'insertion professionnelle de Mme A et l'absence d'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ainsi qu'au regard de l'accord franco-algérien, sur l'absence d'obtention d'un visa long séjour. Dans ces conditions, en dépit d'une ancienneté de séjour d'environ huit ans sur le territoire français, compte tenu de l'absence d'attaches familiales et d'intégration professionnelle en France, ainsi que d'une faible insertion dans la société française et de conditions d'existence précaires, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis a porté à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été édicté et qu'il a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou, en tout état de cause, celles du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation au titre de l'admission exceptionnelle au séjour et il ne ressort pas, non plus, des pièces du dossier qu'il se soit abstenu d'examiner la situation de Mme A. Enfin, sachant que le père, dont le pays de résidence n'est pas connu, ne participe en tout état de cause pas à l'éducation des enfants, l'arrêté attaqué n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme A de ses enfants qui sont encore en jeune âge, qui ne font plus l'objet d'une mesure d'assistance éducative et avec lesquelles elle peut donc reconstituer sa cellule familiale en Algérie. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit également être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 14 octobre 2021 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

12. En premier lieu, il résulte du point précédent que la requérante n'est pas fondée à contester la décision l'interdisant de retour sur le territoire français en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours.

13. En second lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

14. Il ressort de l'arrêté attaqué que le préfet de la Seine-Saint-Denis a relevé que Mme A a déclaré être entrée sur le territoire français en 2013, qu'elle est divorcée et mère de deux enfants mineurs, qu'elle ne justifie d'aucun lien personnel ou familial et d'aucune insertion professionnelle en France et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Sur la base de ces motifs, le préfet pouvait valablement assortir la décision d'obligation de quitter le territoire français d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui est donc, au cas particulier, suffisamment motivée. Nonobstant la circonstance que Mme A ne représente pas une menace pour l'ordre public comme il a été dit au point 10, la décision l'interdisant de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans n'est pas disproportionnée au regard de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France. Dès lors, les moyens tirés du défaut de motivation et de la méconnaissance des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 14 octobre 2021. Il s'ensuit que ses conclusions aux fins d'annulation, celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 3 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

­ M. Tukov, président,

­ Mme Van Maele, première conseillère,

­ M. Doyelle, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2023.

Le rapporteur,Le président,G. DoyelleC. Tukov La greffière,SignéM. C

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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