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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2209329

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2209329

mardi 14 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2209329
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème chambre
Avocat requérantKOENIG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés le 3 juin 2022, le 13 juillet 2022 et le 15 septembre 2022, M. B C, représenté par Me Koenig doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler le titre de perception émis le 21 octobre 2021 représentant le trop-perçu de l'aide qui lui a été versée dans le cadre du fonds de solidarité créé par l'ordonnance n° 2020-317 du 30 mars 2020, ensemble la décision du 7 avril 2022 prise sur recours administratif préalable obligatoire ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 280 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 7 avril 2022, prise à la suite du recours administratif préalable obligatoire, est entaché d'incompétence du signataire de l'acte, n'est pas suffisamment motivée et n'est pas signée ;

- il établit la perte de chiffre d'affaires entre l'année 2019 et l'année 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 12 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 décembre 2022.

Un mémoire produit par M. C a été enregistré le 17 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,

- les conclusions de M. A,

- et les observations de Me Koenig représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C exploite une activité de transport par taxis. Il a bénéficié de l'aide exceptionnelle à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences de la propagation de l'épidémie de covid-19 à hauteur de 29 799 euros au titre des années 2020-2021. En application des dispositions de l'article 3-1 de l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, le directeur départemental des finances publiques a effectué une vérification portant sur l'éligibilité des demandes de la société. Par un titre de perception du 21 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques lui demande la récupération des sommes indûment perçues. M. C demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions dirigées à l'encontre de la décision du 7 avril 2022 :

2. Aux termes de l'article 117 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Les titres de perception émis en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables :

1° Soit d'une opposition à l'exécution en cas de contestation de l'existence de la créance, de son montant ou de son exigibilité ; 2° Soit d'une opposition à poursuites en cas de contestation de la régularité de la forme d'un acte de poursuite. L'opposition à l'exécution et l'opposition à poursuites ont pour effet de suspendre le recouvrement de la créance ". Selon l'article 118 du même décret : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. () Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent ".

3. Il résulte de l'instruction que la décision du 7 avril 2022 constitue la décision de rejet de la réclamation préalable obligatoire formée le 24 mars 2022 à l'encontre du titre de perception émis à l'encontre de M. C pour le recouvrement des aides indûment versées au titre du fonds de solidarité, ayant pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de l'intéressé qui relève du plein contentieux. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de cette décision, de l'absence de signature de la décision et de l'insuffisance de motivation ne peuvent qu'être écartés comme inopérants dès lors que ces vices propres sont sans incidence sur la solution du litige.

Sur les conclusions à fin d'annulation du titre de perception de la créance :

4. Aux termes de l'article 2 du décret n° 2020-371 : "Les aides financières prévues à l'article 3 prennent la forme de subventions attribuées par décision du ministre de l'action et des comptes publics aux entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret qui remplissent les conditions suivantes : () / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er mars 2020 et le 31 mars 2020,/ () - ou, pour les entreprises créées après le 1er mars 2019, par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 ;() " ; aux termes de l'article 3 du décret précité : " Les entreprises mentionnées à l'article 2 du présent décret ayant subi une perte de chiffre d'affaires inférieure à 1 500 euros perçoivent une subvention égale au montant de cette perte. () ".

5. Pour réclamer un trop-perçu de 29 799 euros au requérant, l'administration lui a demandé, dans le cadre d'un contrôle, de présenter des justificatifs concernant le chiffre d'affaires réalisé dans le cadre de son activité. Le requérant n'a jamais répondu à cette demande. Dans le cadre de la présente instance, il se borne à produire deux récapitulatifs fiscaux de la période 2019 et 2020, de la société Uber, qui ne sont pas de nature à établir son chiffre d'affaires de référence eu égard aux incohérences qu'ils comportent et que relève l'administration en défense. Au demeurant, les pièces produites par le requérant le 17 février 2023 sont identiques à celles produites dans la requête introductive d'instance. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a émis un titre de perception, au motif qu'il ne respectait pas les conditions d'éligibilité relatives au chiffre d'affaires.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. C doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les

dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.

Copie en sera adressée pour information au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et du département de Paris.

Délibéré après l'audience du 21 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Auvray, président,

Mme Syndique, première conseillère,

Mme Fabre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.

La rapporteure,

A.-L. Fabre Le président,

B. Auvray

Le greffier,

S. Werkling

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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