mardi 17 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2209856 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 juin et 11 septembre 2022, M. B D, représenté par Me Bertrand, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 6 septembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée de violation de la loi, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il pouvait adresser sa demande de titre de séjour par voie postale à bon droit, dès lors que la circonstance que l'administration a mis en place un téléservice ne fait pas obstacle à ce que les administrés la saisissent par un autre moyen ;
- le préfet, en rendant obligatoire l'emploi de téléservice de prise de rendez-vous pour la présentation des demandes de titre de séjour a entaché sa décision d'une violation de la loi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il soutient que par un arrêté du 6 septembre 2022, il a explicitement rejeté la demande de titre de séjour de M. D, au motif de l'absence de comparution personnelle de l'intéressé en préfecture.
La clôture de l'instruction a été fixée au 22 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 janvier 2022 :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Bertrand, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant égyptien né en 1987, a sollicité auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis, par lettre recommandée reçue le 29 décembre 2021, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de la décision du 6 septembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté cette demande.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Si une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour de M. D est initialement née du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis sur cette demande pendant plus de quatre mois, il ressort des pièces du dossier que le préfet a expressément rejeté la demande de titre de séjour de l'intéressée par une décision du 6 septembre 2022. Ainsi, cette décision explicite s'est substituée à la décision implicite de rejet précédemment née du silence gardé par le préfet. Cette circonstance n'a pas pour effet de priver le litige de son objet. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense par le préfet de la Seine-Saint-Denis doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision litigieuse vise, notamment, les articles R. 431-2 et R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique qu'en application de ces articles les demandes d'admission au séjour telle que celle présentée par le requérant doivent être effectuées sur présentation du demandeur en préfecture et qu'en conséquence, la demande de titre de séjour adressée par voie postale par M. D doit être rejetée. La décision litigieuse comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et respecte ainsi les exigences de motivation de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision attaquée manque en fait et doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale. ".
5. Il constant que les demandes d'admission exceptionnelle au séjour présentées sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne figurent pas dans la liste définie à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il est également constant que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a prévu aucune possibilité de présentation d'une demande de titre de séjour par voie postale sur le fondement du deuxième alinéa de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il suit des points 4 et 5 que pour introduire valablement une demande d'admission exceptionnelle au séjour, l'étranger doit se présenter physiquement en préfecture ou en sous-préfecture.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. D a adressé sa demande de titre de séjour au préfet de la Seine-Saint-Denis par voie postale, en méconnaissance de la règle de la comparution personnelle prévue par les dispositions précitées de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable. Par suite, le préfet, pour ce seul motif, pouvait légalement rejeter sa demande.
8. En troisième lieu, l'article L. 112-8 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Toute personne, dès lors qu'elle s'est identifiée préalablement auprès d'une administration, peut, dans des conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat, adresser à celle-ci, par voie électronique, une demande, une déclaration, un document ou une information, ou lui répondre par la même voie. Cette administration est régulièrement saisie et traite la demande, la déclaration, le document ou l'information sans lui demander la confirmation ou la répétition de son envoi sous une autre forme ". Aux termes de l'article L. 112-10 du même code : " L'application des articles L. 112-8 et L. 112-9 à certaines démarches administratives peut être écartée, par décret en Conseil d'Etat, pour des motifs d'ordre public, de défense et de sécurité nationale, de bonne administration, ou lorsque la présence personnelle du demandeur apparaît nécessaire ". Il résulte du décret n° 2015-1423 du 5 novembre 2015 relatif aux exceptions à l'application du droit des usagers de saisir l'administration par voie électronique, dans sa rédaction applicable à la date de la demande, que les demandes de titre de séjour sont exclues du champ d'application de l'article L. 112-8 du code des relations entre le public et l'administration au motif de la nécessité de la comparution personnelle du demandeur.
9. Contrairement à ce que soutient le requérant, ces dispositions n'ont pas pour objet de permettre aux administrés de présenter une demande de titre de séjour par voie postale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions par le préfet doit être écarté comme inopérant.
10. En quatrième lieu, si le requérant soutient que l'obligation de prise de rendez-vous en ligne mise en place par le préfet de la Seine-Saint-Denis est illégale, il n'établit ni même n'allègue qu'il aurait tenté sans succès d'obtenir un rendez-vous en préfecture, que ce soit via la plate-forme de prise de rendez-vous en ligne ou via un quelconque autre moyen, afin de procéder au dépôt de sa demande de titre de séjour en préfecture.
11. En cinquième lieu, lorsque le refus de titre de séjour est fondé à bon droit sur l'absence de comparution personnelle du demandeur, ce dernier ne peut utilement se prévaloir, à l'encontre de la décision de rejet de sa demande de titre de séjour, de moyens autres que ceux tirés d'un vice propre de cette décision. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision de refus de titre de séjour est entachée de " violation de la loi, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ", au demeurant dépourvus de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, doivent être écartés. Il doit en être de même pour le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la demande de titre de séjour de l'intéressé.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision préfectorale du 6 septembre 2022. Ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles demandant de mettre à la charge de l'État les frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mohamed D et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 3 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Doyelle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2023.
La rapporteure,
S. C
Le président,
C. Tukov La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026