LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2211468

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2211468

mardi 20 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2211468
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre (J.U)
Avocat requérantHAGEGE SOPHIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2206279 du 28 juin 2022, le président du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Montreuil le dossier de la requête présentée par M. I G D, représenté par Me Hagege.

Par cette requête, enregistrée le 24 juin 2022 au greffe du tribunal administratif de Melun, M. G D doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait révélant le défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 121-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la décision portant refus de titre de séjour méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention internationale des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné a été prise sur le fondement d'une décision illégale l'obligeant à quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens de la requête soulevés par M. G D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 8 décembre 2022 à 9h30.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en l'absence des parties, après appel de leur affaire à l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. G D, ressortissant capverdien né le 31 décembre 1994 à Ilha de Santiago (Cap-Vert), demande l'annulation de l'arrêté du 22 juin 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

2. Si M. G D formule des conclusions en annulation à l'encontre des décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français, il n'articule aucun moyen à leur encontre de sorte que de telles conclusions ne peuvent qu'être rejetées. Par ailleurs s'il articule des moyens à l'encontre d'une décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait présenté une telle demande ni des termes de l'arrêté litigieux que le préfet aurait statué sur une telle demande.

3. Par un arrêté n°22/BC/025 du 22 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne n° D77-22-03-2022 du même jour, le préfet de la Seine-et-Marne a donné délégation à Mme C B, cheffe du bureau de l'éloignement, signataire de l'arrêté litigieux, pour signer une tel arrêté en cas d'absence ou d'empêchement de Mme F H, directrice de l'immigration et de l'intégration, dont il n'est pas établi qu'elle n'était pas absente ou empêchée lorsque la décision contestée a été prise. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'obligation de quitter le territoire français.

4. La décision portant obligation de quitter le territoire français vise notamment le 1° et le 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette décision, qui ne doit pas nécessairement faire état de tous les éléments relatifs à la situation, reprend les éléments de la situation personnelle de M. G D, et notamment le fait qu'il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire, qu'il s'y est maintenu depuis plus de trois mois sans être en possession d'un titre de séjour en cours de validité et qu'il a été interpellé et placé en garde à vue pour usage de faux documents et relève qu'il n'est pas portée une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. Si le requérant soutient que le préfet aurait commis un défaut d'examen en ne mentionnant pas sa situation personnelle et professionnelle et une erreur de fait, il ressort d'une part de la décision contestée que le préfet a mentionné la circonstance que M. G D exerce une activité professionnelle sans être titulaire d'un titre de séjour l'autorisant à travailler et, d'autre part, du procès-verbal d'audition du 22 juin 2022 produit en défense qu'il s'est déclaré célibataire et père de deux enfants résidant hors du territoire français sans indiquer qu'il en avait la charge. La décision attaquée comporte ainsi l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui la fonde. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen et de l'erreur de fait doivent être écartés.

5. Aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable au litige : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ;()" . En vertu de l'article L. 233-2 du même code, qui reprend désormais l'article L. 121-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur jusqu'au 1er mai 2021, dont se prévaut le requérant : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. () ". Aux termes de l'article L. 200-4 de ce code : " Par membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne, on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, qui relève d'une des situations suivantes : 1° Conjoint du citoyen de l'Union européenne ; () ".

6. Bien qu'il déclare vivre avec Mme A de Brito, ressortissante portugaise dont la situation sur le territoire français n'est au demeurant pas précisée, M. G D n'établit ni même n'allègue être marié avec elle et ne peut donc être regardé comme membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 200-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le requérant ne démontrant pas disposer d'un droit au séjour sur le territoire en application des dispositions précitées des articles L. 233-1 et L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il pouvait se voir opposer une obligation de quitter le territoire français.

7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. Si M. G D articule un moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre d'une décision de refus de titre de séjour, comme il a été dit, il ne ressort pas des termes dudit arrêté que le préfet de Seine-et-Marne aurait pris une telle décision. En tout état de cause, à supposer que M. G D puisse être regardé comme soutenant que la décision portant obligation de quitter le territoire français violerait les stipulations précitées, il ressort des pièces du dossier que la présence du requérant en France n'est établie, tout au plus, qu'à compter d'avril 2021. En outre, s'il n'est pas contesté que M. G D est père de l'enfant Kylie Rafaela Brito G, de nationalité portugaise, la présence en France de cette enfant n'est pas établie dès lors qu'elle est née au Portugal en février 2022 et que le requérant a déclaré être père d'un enfant " au Portugal " lors de l'audition du 22 juin 2022 susmentionnée. D'autre part, à supposer même que cette enfant réside en France, le requérant n'établit pas qu'il contribuerait à son entretien ni à son éducation, pas plus qu'il n'établit la relation de concubinage qu'il entretiendrait avec la mère de cette dernière, Mme A de Brito, dont seule la carte d'identité portugaise est produite. Par ailleurs, s'il se prévaut de la présence en France de parents de nationalité française, la seule production d'une carte d'identité française au nom de M. J D et l'attestation d'hébergement de ce dernier ne permettent pas d'établir leur lien de parenté. Enfin, en dépit de ce qu'il travaille en intérim depuis mars 2021, cette expérience professionnelle débutée récemment ne reflète pas une insertion professionnelle significative sur le sol français. Dans ces conditions, eu égard aux buts en vue desquels l'obligation de quitter le territoire français a été prise, d'autre part, cette décision ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de mener une vie privée et familiale normale garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que cette mesure d'éloignement serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

9. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

10. S'il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions le concernant, M. G D ne justifie pas, ainsi qu'il a été dit au point 8, de la présence de son enfant en France ni, de plus fort, de ce qu'il contribuerait à son entretien et à son éducation. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français a méconnu les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

11. Il résulte de ce qui précède que M. G D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 juin 2022 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français. Il suit de là que l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'encontre de la décision fixant le pays à destination duquel il sera éloigné, doit être écarté. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays à destination duquel il sera éloigné. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions en injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. G D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. I G D et au préfet de Seine-et-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

L. E La greffière,

Signé

I. Dad La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions