mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2211637 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | MARMIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2022, M. C B, représenté par Me Marmin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juin 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a retiré son certificat de résidence algérien de dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui restituer son certificat de résidence algérien sans délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'un vice d'incompétence en ce qu'elle ne mentionne pas la qualité du signataire ;
- est entachée d'erreur de fait en ce qu'elle mentionne qu'il vivait avec sa précédente épouse algérienne pendant la durée de son mariage avec une ressortissante française ;
- le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui a la charge de la preuve, ne démontre pas que le mariage du requérant avec une ressortissante française avait un caractère frauduleux ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistrée le 5 septembre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu l'ordonnance en date du 12 août 2022 par laquelle le juge des référés a suspendu l'exécution de la décision du 28 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Delamarre,
- les conclusions de Mme Lunshof, rapporteure publique,
M. B et la préfecture de la Seine-Saint-Denis n'étaient ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, né le 23 août 1984, entré en France en 2015 sous couvert d'un visa Schengen, a été, à la suite de son mariage avec une ressortissante française en août 2016, mis en possession d'un premier certificat de résidence valable du 9 mars 2017 au 8 mars 2018, puis d'un second valable du 9 mars 2018 au 8 mars 2028. Par un arrêté du 28 juin 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé de lui retirer son certificat de résidence, au motif que le mariage était frauduleux. Par ordonnance en date du 12 août 2022, le juge des référés a suspendu l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " (). / Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : / a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article ; / () ". Aux termes de l'article 6 de cet accord : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () ; / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; / (). / Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2) ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux ".
3. En l'absence de stipulations expresses sur ce point prévues par l'accord franco-algérien précité, le préfet peut légalement faire usage du pouvoir général qu'il détient, même en l'absence de texte, pour retirer une décision individuelle créatrice de droits obtenue par fraude. Un acte administratif obtenu par fraude ne crée pas de droits et, par suite, peut être retiré ou abrogé par l'autorité compétente pour le prendre, alors même que le délai de retrait de droit commun serait expiré. Toutefois, dès lors que les délais encadrant le retrait d'un acte individuel créateur de droit sont écoulés, il appartient à l'administration d'établir la preuve de la fraude, tant s'agissant de l'existence des faits matériels l'ayant déterminée à délivrer l'acte que de l'intention du demandeur de la tromper, pour procéder à ce retrait.
4. Pour retirer le certificat de résidence algérien dont M. B est titulaire, le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui s'est fondé sur la circonstance que l'ancienne épouse du requérant vivait au domicile de M. B pendant son mariage avec une ressortissante française, a estimé que le mariage du requérant avec Mme A D avait été contracté dans l'unique but d'obtenir un titre de séjour et revêtait donc un caractère frauduleux.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est marié avec Mme A D en août 2016 et qu'ils ont emménagé, le 1er septembre 2016, à Villeneuve-le-Roi. M. B produit plusieurs témoignages concordants de son ancien propriétaire et de ses voisins lesquels attestent que ce dernier a vécu uniquement avec sa femme entre septembre 2016 et décembre 2018. Si l'ancienne femme de M. B, Mme F a pu donner comme adresse lors de ses démarches administratives celle du couple, il ressort des pièces du dossier qu'il ne s'agissait que d'une domiciliation administrative et que cette dernière n'a jamais vécu au domicile de ce dernier lorsqu'il était marié avec Mme D. Cette domiciliation administrative ne saurait à elle seule démontrer la volonté de M. B d'avoir contracté mariage dans l'unique but d'obtenir un titre de séjour. En outre, s'il est constant que M. B à la suite de sa séparation avec Mme D s'est rapproché de Mme F et qu'il vit désormais maritalement avec cette dernière, cet élément n'est davantage pas de nature à démontrer que l'union de M. B avec Mme D présentait un caractère frauduleux au moment de la délivrance de son certificat de résidence, dès lors que, par ailleurs, il n'est pas contesté que le couple qu'il formait avec Mme D avait une communauté de vie pendant le mariage et notamment pendant plusieurs mois après la délivrance de son certificat de résidence, et que le divorce a été prononcé par la voie du consentement mutuel. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que le préfet de la Seine-Saint-Denis ne rapporte pas la preuve qui lui incombe de la fraude et qu'en conséquence, la décision lui retirant son certificat de résidence est entachée d'une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce tout qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 28 juin 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a retiré son certificat de résidence.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Le présent jugement implique, eu égard au motif d'annulation retenu au point 5 ci-dessus, que le certificat de résidence algérien dont M. B était titulaire lui soit restitué. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder à cette restitution dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais non compris dans les dépens :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfet de la Seine-Saint-Denis) le versement d'une somme de 1 000 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 juin 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a retiré le certificat de résidence de M. B est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de restituer à M. B son certificat de résidence algérien dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État (préfet de la Seine-Saint-Denis) versera à M. B une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Caldoncelli Vidal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2023
La présidente-rapporteure
A-L Delamarre
L'assesseur le plus ancien
D. Israël
La greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026