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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2217353

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2217353

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2217353
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre (J.U)
Avocat requérantITSOUHOU-MBADINGA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2216268 du 1er décembre 2022, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Montreuil le dossier de la requête présentée pour M. D, enregistrée le 30 novembre 2022.

Par cette requête et un mémoire, enregistré le 20 mars 2023, M. D, représenté par Me Itsouhou-Mbadinga, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 novembre 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation.

Il soutient que :

S'agissant des moyens communs aux décisions attaquées :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen ;

- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- il est entré régulièrement en France ;

- l'arrêté attaqué porte atteinte à sa vie privée et familiale ;

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- le préfet a violé l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a violé l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;

- elle est entachée d'une violation de l'article 3 de la convention de New York sur les droits de l'enfant ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le préfet a violé l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;

S'agissant du refus de délai de départ volontaire :

- il remplit les conditions pour bénéficier d'un délai de départ volontaire ;

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- il justifie de circonstances humanitaires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gauchard pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gauchard ;

- les observations de Me Itsouhou-Mbadinga, pour M. D, présent et assisté de M. A, interprète en langue arabe, qui reprend les conclusions et moyens des écritures. Il relève que : - il n'a pas fait l'objet de poursuites pénales ; - l'arrêté litigieux est entaché d'un défaut d'examen et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son épouse réside également en France avec leurs deux enfants dont l'un est scolarisé et que son père est en séjour régulier en France ; - son épouse est enceinte et connaît une grossesse difficile ; - il n'est pas contesté qu'il est entré sous couvert d'un visa.

M. D a produit des pièces lors de l'audience.

Le préfet du Val-d'Oise, régulièrement convoqué, n'est ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée après que les parties présentes ont formulé leurs observations orales en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant algérien né le 21 juin 1989 à Sidi Bel Abbes (Algérie), déclare être entré en France en août 2022 sous couvert d'un visa Schengen. Par un arrêté du 28 novembre 2022, dont il demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays à destination duquel il sera renvoyé et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

2. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté contesté comporte une décision portant refus de titre de séjour. Par suite, les moyens dirigés contre une telle décision, au surplus non assortis de conclusions à fin d'annulation, ne peuvent qu'être écartés. En tout état de cause, M. D ne peut utilement soutenir que le préfet a méconnu les dispositions du 7°) de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions sont désormais codifiées à l'article L. 423-23 du même code, dès lors qu'il ne justifie pas ni même ne soutient avoir déposé une demande de titre de séjour sur ce fondement.

3. L'arrêté litigieux a été signé par Mme F H, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté n° 22-073 du 28 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision manque en fait et doit être écarté.

4. L'arrêté litigieux vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 611-1, L. 612-1, L. 612-2, L. 612-3 à

L. 612-6 à L. 612-12 et L. 721-3 à L. 721-5. Il vise également les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Concernant l'obligation de quitter le territoire français, l'arrêté attaqué, qui mentionne la nationalité du requérant, précise que M. D se trouvait en situation irrégulière sur le territoire national. S'agissant de la décision de refus de délai de départ volontaire, l'arrêté litigieux relève qu'il existe un risque de M. D se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français et qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. S'agissant de la décision fixant le pays de destination, l'arrêté contesté mentionne la nationalité de M. D et relève qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou tout autre pays où il est effectivement admissible. S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français, cette décision est fondée sur le refus de délai de départ volontaire et relève que M. D ne justifie d'aucune circonstance particulière. Enfin, l'arrêté attaqué souligne qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, les décisions attaquées comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait sur le fondement desquelles elles ont été prises. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. Il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. D. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

6. Aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

7. L'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen du 19 juin 1990 susvisé prévoit que : " 1. Les étrangers entrés régulièrement sur le territoire d'une des Parties contractantes sont tenus de se déclarer, dans les conditions fixées par chaque Partie contractante, aux autorités compétentes de la Partie contractante sur le territoire de laquelle ils pénètrent. Cette déclaration peut être souscrite au choix de chaque Partie contractante, soit à l'entrée, soit, dans un délai de trois jours ouvrables à partir de l'entrée, à l'intérieur du territoire de la Partie contractante sur lequel ils pénètrent () ". Aux termes de l'article L. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un Etat partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les dispositions de l'article L. 612-1 lorsqu'il est entré ou a séjourné sur le territoire français () sans souscrire, au moment de l'entrée sur ce territoire, la déclaration obligatoire prévue par l'article 22 de la même convention, alors qu'il était astreint à cette formalité. " et aux termes de l'article R. 621-2 du même code : " Sous réserve des dispositions de l'article R. 621-4, l'étranger souscrit la déclaration d'entrée sur le territoire français mentionnée à l'article

L. 621-3 auprès des services de la police nationale ou, en l'absence de tels services, des services de douanes ou des unités de la gendarmerie nationale. A cette occasion, il lui est remis un récépissé qui peut être délivré par apposition d'une mention sur le document de voyage. () ". Enfin, l'article R. 621-4 de ce code dispose : " N'est pas astreint à la déclaration d'entrée sur le territoire français l'étranger qui se trouve dans l'une des situations suivantes : 1° N'est pas soumis à l'obligation du visa pour entrer en France en vue d'un séjour d'une durée inférieure ou égale à trois mois ; 2° Est titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, d'une durée supérieure ou égale à un an, délivré par un Etat partie à la convention signée à Schengen le

19 juin 1990 ; toutefois un arrêté du ministre chargé de l'immigration peut désigner les étrangers titulaires d'un tel titre qui demeurent astreints à la déclaration d'entrée. ".

8. Pour obliger M. D à quitter le territoire français, le préfet du Val-d'Oise s'est fondé sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées dès lors que M. D est entré irrégulièrement en France. Ainsi, le requérant ne peut utilement soutenir que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public pour contester cette décision. Le requérant soutient également qu'il est entré régulièrement en France, sous couvert d'un visa. Il produit un visa délivré par les autorités espagnoles, valable du 9 juillet 2022 au 8 octobre 2022 et il produit son passeport, comportant un tampon d'entrée en Espagne en date du 8 août 2022. Toutefois, il n'établit pas que son entrée en France aurait été déclarée dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 7 alors qu'il ne se trouvait dans aucune des situations, visées par les dispositions de l'article R. 621-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées, dans lesquelles l'étranger n'est pas astreint à cette déclaration d'entrée sur le territoire français. Ainsi, il ne justifie pas de son entrée régulière en France et se trouve, dès lors, dans le cas mentionné au 1° de l'article

L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans lequel le préfet peut prendre une obligation de quitter le territoire français à son encontre.

9. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L.612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".

10. Pour refuser un délai de départ volontaire à M. D, le préfet s'est fondé sur la double circonstance que, d'une part, il existe un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre dès lors qu'il est entré sur le territoire sans être en possession des documents et visa requis et s'y est maintenu dans la clandestinité et, d'autre part, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes en l'absence de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, d'une résidence effective et permanente et de la circonstance qu'il a déclaré son intention de ne pas se conformer à l'obligation de quitter le territoire français. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 que si M. D est entré en France avec un visa délivré par les autorités espagnoles, il ne justifie pas de son entrée régulière en France en l'absence de déclaration d'entrée. En outre, s'il produit dans la présente instance son passeport et une attestation d'hébergement de son père, il ressort des termes du procès-verbal de son audition par les services de police le 28 novembre 2022 qu'il a déclaré ne pas être prêt à se conformer à une décision d'éloignement. En tout état de cause, les conditions posées par l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étant alternatives, la seule circonstance que M. D soit entré irrégulièrement en France suffisait à considérer qu'il existe un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement prise à son encontre. Enfin, la décision de refus de délai de départ volontaire n'étant pas fondée sur la menace pour l'ordre public que constituerait le comportement du requérant, comme il a été dit, celui-ci ne peut utilement soutenir qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir qu'il remplissait les conditions pour bénéficier d'un délai de départ volontaire.

11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

12. Il résulte de ces dispositions que le préfet doit prononcer une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre d'un étranger auquel est notifiée une obligation de quitter le territoire français sans délai, à moins que celui-ci ne fasse état de circonstances humanitaires avérées. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

13. Il ressort des pièces du dossier que M. D s'est vu refuser un délai de départ volontaire. Dans ces conditions, il appartenait au préfet de prononcer une interdiction de retour sur le territoire français, en application des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si M. D fait valoir qu'il justifie de circonstances humanitaires, il n'apporte sur ce point aucune précision. Dans ces conditions, le moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'apprécier son bien-fondé et doit, dès lors, être écarté.

14. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

15. Si M. D fait valoir être entré en France en août 2022, sans toutefois l'établir, sa durée de présence en France serait, en tout état de cause, d'une durée limitée de l'ordre de quatre mois à la date de l'arrêté attaqué. Une telle durée est, en tout état de cause, tout à fait insuffisante pour faire considérer que le préfet a commis une erreur d'appréciation en obligeant le requérant à quitter le territoire français. Le requérant soutient également qu'il dispose d'attaches familiales en France dès lors qu'il y réside avec son épouse et leurs deux enfants, dont l'aînée est scolarisée en France. Toutefois, eu égard à la circonstance que son épouse, également de nationalité algérienne se trouve en situation irrégulière en France et au jeune âge des enfants du couple, âgés de quatre ans et de huit mois à la date de l'arrêté attaqué, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie. M. D soutient en outre que son épouse, enceinte, connaît une grossesse difficile. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que celle-ci a été hospitalisée du 16 au 20 janvier 2023 au service de grossesse à haut risque du groupement hospitalier de territoire Saint-Denis-Gonesse-Plaine de France, ce certificat est postérieur à l'arrêté attaqué et, en tout état de cause, il ne résulte pas des termes de ce certificat médical qu'un retour de Mme D dans son pays d'origine présenterait des risques pour sa santé ou pour celle de l'enfant à naître. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et notamment des termes du certificat médical précité que M. D et sa famille se trouvent démunis de toute ressource en France où ils ont été pris en charge en centre d'hébergement d'urgence en janvier 2023 après avoir vécu " à la rue ". Enfin, M. D soutient que son père réside régulièrement en France et produit le certificat de résidence algérien de M. B D dont il ressort des pièces du dossier et notamment de l'attestation d'hébergement rédigée par M. B D qu'il est le père du requérant. Toutefois, M. D était âgé de 33 ans à la date de l'arrêté attaqué et il ne justifie pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, dans lequel, ainsi qu'il a été dit, il peut reconstituer sa cellule familiale. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué, n'a pas, au regard des buts en vue desquels il a été pris, porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant, garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, dirigé contre l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G D et au préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.

Le magistrat désigné,

L. GauchardLa greffière,

S. Jarrin

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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