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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2218223

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2218223

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2218223
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPôle Urgences (J.U)
Avocat requérantMECHRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2208912 du 21 décembre 2022, enregistrée le 21 décembre 2022, le président du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête, enregistrée le 28 novembre 2022, présentée par M. D A.

Par cette requête, et un mémoire enregistré le 30 décembre 2022, M. A, représenté par Me Mechri, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de 3 ans en l'informant de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen pendant la durée de cette interdiction.

3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours et de lui délivrer dans l'intervalle une autorisation provisoire de séjour et de mettre fin à son inscription aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle, et en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle, de verser au requérant la somme demandée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle méconnait le principe du contradictoire garanti par les articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, et l'article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :

-elle est dépourvue de base légale ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

-elle est dépourvue de base légale ;

-elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

-elle est dépourvue de base légale.

La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné Mme Cayla, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience :

- le rapport de Mme CAYLA ;

- les observations de Me Mechri, représentant M. A, présent, assisté de Mme E interprète en langue mandarin, reprenant les conclusions et moyens de ses écritures, en faisant notamment valoir que l'arrêté contesté ne mentionne pas qu'il est père de trois enfants mineurs vivant avec leur mère en situation régulière, ni qu'il souffre d'une pathologie grave ;

- les observations de Me Jacquard, représentant le préfet de l'Essonne, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé et notamment que l'intéressé a été entendu lors de son incarcération sans que l'assistance d'un avocat ne soit requise, qu'il représente une menace grave à l'ordre public compte tenu de la condamnation prononcée à son encontre et des signalements dont il fait l'objet pour des faits similaires en 2017 et 2020, que sa présence en France n'est pas établie entre 2001 et 2009, qu'il ne justifie pas de l'indisponibilité du traitement dont il bénéficie pour sa pathologie, ni d'entretenir des liens avec ses enfants.

La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire à l'audience, en application des articles R. 776-13-2 et R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité chinoise, demande l'annulation de l'arrêté du 23 novembre 2022, par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur la demande d'admission au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. Au cas particulier, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, il ressort de l'ensemble des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment de ses chapitres III et IV, que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des obligations de quitter le territoire français et des décisions relatives au délai de départ, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. Par suite, M. A ne peut utilement se prévaloir des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration

5. En second lieu, si le requérant soutient qu'en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être informé et entendu, il n'a pas été en mesure, de présenter ses observations préalablement à l'édiction de la décision attaquée, avec l'assistance d'un avocat, il ressort des pièces du dossier que, lors d'une audition qui s'est tenue le 23 novembre 2022 au sein de la maison d'arrêt de Fleury Mérogis, M. A, en la présence téléphonique d'un interprète en langue mandarin, a pu faire valoir tous les éléments pertinents à l'examen de sa situation en précisant sa situation administrative, personnelle, notamment médicale, et familiale. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait pu faire valoir d'autres éléments pertinents et qui, si ils avaient pu être communiqués à temps, auraient pu faire aboutir la procédure administrative à un résultat différent. Dès lors, M. lieu n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée a été prise en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

6. Il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui foit état d'éléments de fait propres à la situation de l'intéressé, que le préfet n'aurait pas procédé, ainsi qu'il y était tenu, à l'examen particulier de la situation de l'intéressé. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'illégalité, faute d'avoir été précédé d'un examen particulier de l'affaire.

7. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; ()/ 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; / ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné à une peine d'emprisonnement de sept ans par la Cour d'Assises de Paris le 5 septembre 2019 pour des faits de viol incestueux commis sur mineur par un ascendant et agression sexuelle sur un mineur de 15 ans par un ascendant. Il fait également l'objet de signalement pour des faits similaires en 2017 et 2020. Par suite, le préfet a pu considérer que son comportement constituait une menace à l'ordre public et qu'il entrait dans le cas mentionné au 5° de l'article L. 611-1 précité pour obliger M. A à quitter le territoire français par la décision contestée.

9. La décision en litige qui mentionne les éléments mentionnés au point précédent, précise également qu'il déclare séjourner en France depuis 2001, travailler dans le bâtiment, qu'il est célibataire et sans charge de famille et non dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, sans se borner ainsi à faire état de la seule procédure pénale dont il fait l'objet. Elle comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Si le requérant soutient qu'elle ne fait pas état de la présence de ses trois enfants en France et de leur mère en situation régulière, il n'allègue, ni n'établit entretenir des liens avec ceux-ci. Par ailleurs, si le préfet ne fait pas état de sa pathologie, il n'était pas tenu de mentionner l'ensemble de la situation de l'intéressé. Cette décision satisfait donc à l'exigence de motivation prévue par l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".

11. Il ressort des pièces du dossier et notamment d'un certificat médical du 8 novembre 2022 que M. A est atteint d'une hépatite B chronique, pour laquelle il bénéfice d'un suivi médical et d'un traitement quotidien. Toutefois, il ne ressort pas de ce certificat que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni en tout état de cause que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit dès lors être écarté.

12. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.

13. Si M. lieu soutient qu'il est entré en France en 2001, y réside depuis, et a travaillé entre 2013 et 2017, il n'en justifie pas par les pièces qu'il produit, toutes postérieures à 2012. Ainsi qu'il a été dit au point 10, il est célibataire et sans enfant à charge, ne justifiant pas entretenir des liens avec ses trois enfants et n'est pas dépourvu d'attache familiale dans son pays d'origine. Dans ces conditions et compte tenu de la menace à l'ordre public qu'il représente, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français en litige porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

15. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;(); / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; (); / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

16. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné à une peine d'emprisonnement de sept ans par la Cour d'Assises de Paris le 5 septembre 2019 pour des faits de viol incestueux commis sur mineur par un ascendant et agression sexuelle sur un mineur de 15 ans par un ascendant. Il fait également l'objet de signalement pour des faits similaires en 2017 et 2020. Par suite, le préfet a pu considérer que son comportement constituait une menace à l'ordre public et qu'il entrait dans le cas mentionné au 1° de l'article L. 612-2, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. M. A n'est donc pas fondé à soutenir que la décision contestée serait dépourvue de base légale.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

18. Lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où l'étranger fait état de circonstances humanitaires qui y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code précité, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

19. Le préfet ayant refusé d'octroyer à M. A un délai de départ volontaire, il pouvait sur le fondement de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle à ce qu'une telle mesure soit prise à en encontre. D'autre part, il ressort de ce qui a été aux points précédents, qu'en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne le pays de renvoi :

20. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ".

21. M. A ne démontrant pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai dont il fait l'objet, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, ni à soutenir que cette décision serait dépourvue de base légale.

22. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 8 et 13, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi méconnaitrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

Sur les conclusions à fin d'injonction :

23. Le présent jugement, lequel rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

24. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par le requérant doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Mechri et au préfet de l'Essonne.

Lu en audience publique le 30 décembre 2022.

La magistrate désignée,

Signé

F. CAYLA La greffière,

Signé

S. TRAORE

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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