jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2305435 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BALME LEYGUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 mai 2023 et le 5 février 2024, Mme A B, représentée par Me Balme Leygues, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 27 février 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé à son employeur la délivrance d'une autorisation de travail et l'arrêté du 4 avril 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à son employeur une autorisation de travail et de lui délivrer, à elle, un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 200 euros par jour de retard, ou, à tout le moins, de réexaminer ses demandes d'autorisation de travail et de titre de séjour, dans le même délai et sous la même astreinte, et, en tout hypothèse, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
la décision de refus de délivrance d'une autorisation de travail est entachée d'une irrégularité formelle en l'absence de sa notification à l'étranger, d'une méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, d'un défaut de motivation en droit et d'une erreur de fait pour l'application des dispositions de l'article
R. 5221-1 du code du travail ;
la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour est entachée d'incompétence de son signataire et elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de délivrance d'une autorisation de travail sur laquelle elle se fonde.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Une ordonnance du 6 février 2024 a fixé la clôture d'instruction au 8 mars 2024.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code du travail ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
l'arrêté du 1er avril 2021 fixant la liste des pièces à fournir à l'appui d'une demande d'autorisation de travail ;
le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
le rapport de M. Doyelle, premier conseiller,
et les observations de Me Balme Leygues, avocat, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née en 1995, a sollicité, le 27 février 2023, le renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiante ou de salariée dans le cadre d'un changement de statut. La requérante demande au tribunal l'annulation de la décision du 27 février 2023 refusant à son employeur la délivrance d'une autorisation de travail et celle de l'arrêté du 4 avril 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. "
3. Par une décision du 13 juin 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à Mme B. Sa demande tendant à être admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle est par conséquent devenue sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions attaquées :
En ce qui concerne la décision du 27 février 2023 :
4. Aux termes de l'article R. 5221-1 du code du travail : " I.- Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Étranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; / () ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 1er avril 2021 susvisé : " Pour le recrutement d'un ressortissant dans le cadre d'un contrat à durée déterminée ou indéterminée d'un étranger résidant régulièrement en France, l'employeur qui sollicite une autorisation de travail sur le fondement de l'article R. 5221-1 du code du travail, verse les pièces justificatives suivantes : / 1° Une copie recto verso du titre de séjour en cours de validité du ressortissant étranger ; / () ".
5. En l'espèce, le chef de la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère de la Seine-Saint-Denis a refusé, le 27 février 2023, la délivrance d'une autorisation de travail à l'employeur de Mme B au seul motif que " le titre de séjour / récépissé joint à la demande d'autorisation de travail n'est plus en cours de validité. " S'il ressort des pièces du dossier qu'à la date de cette décision, le titre de séjour en qualité d'étudiante de Mme B était en effet expiré depuis le 3 février 2023, la requérante produit à l'instance un récépissé de demande de carte de séjour valable du 27 février au 26 août 2023. Dans ces conditions, comme le soutient la requérante, la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 27 février 2023 portant refus de délivrance d'une autorisation de travail.
En ce qui concerne l'arrêté du 4 avril 2023 :
7. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-3175 du 22 novembre 2022, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis du 24 novembre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à Mme D C, attachée d'administration de l'État, adjointe au chef du bureau de l'accueil et de l'admission au séjour, pour les décisions attaquées. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
8. En second lieu, il ressort des motifs de la décision attaquée que le préfet de la
Seine-Saint-Denis a refusé d'accorder à Mme B le changement de statut en qualité de salariée qu'elle avait sollicité au seul motif qu'elle n'avait pas obtenu l'autorisation de travail pour exercer une activité professionnelle. Or, pour les motifs déjà exposés au point 4, la décision de refus de délivrance d'une autorisation de travail n'est pas fondée. Dans ces conditions, comme le soutient la requérante, l'arrêté préfectoral du 4 avril 2023 est entaché d'illégalité en tant qu'elle lui refuse la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salariée.
9. Il résulte de ce qui précède que la requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 4 avril 2023 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salariée, non incluse la décision lui refusant le renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiante. Par voie de conséquence, elle est également fondée à demander l'annulation des décisions l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
10. Le présent jugement implique uniquement d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis ou au préfet territorialement compétent, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de quatre mois à compter de la date de sa notification et de la munir, sans délai, d'une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
11. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Balme Leygues, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de ce dernier le versement à Me Balme Leygues de la somme de 1 100 euros.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La décision du 27 février 2023 et, dans la mesure indiquée au point 9, l'arrêté du 4 avril 2023 du préfet de la Seine-Saint-Denis sont annulés.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis ou au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de quatre mois à compter de la date de notification du présent jugement et de la munir, sans délai, d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : L'État versera la somme de 1 100 euros à Me Balme Leygues, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Balme Leygues renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Balme Leygues et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Toutain, président,
M. Doyelle, premier conseiller,
M. David, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
Le rapporteur,
Le président,G. DoyelleE. ToutainLa greffière,
S. Desplan
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026