mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2314017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 novembre 2023, M. B D, représenté par Me Bertrand, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 du préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qu'il l'oblige à quitter le territoire français, refuse de lui accorder un délai de départ volontaire et lui interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis et à tout autre préfet compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente du réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence, d'insuffisance de motivation et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire est entachée d'incompétence, d'insuffisance de motivation et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'incompétence, est insuffisamment motivée et méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, dans les fonctions de magistrat désigné chargé du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus à l'audience publique :
- le rapport de M. Baffray,
- les observations de Me Bertrand pour le requérant qui soulève un nouveau moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision interdisant le retour sur le territoire français dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français illégale.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant égyptien, né le 14 septembre 1986, a déclaré aux services préfectoraux être entré en France le 21 novembre 2023. Par un arrêté du 22 novembre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. D demande l'annulation de cet arrêté.
2. Par un arrêté n° 2023-0538 du 10 mars 2023, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives des services de l'État en Seine-Saint-Denis, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. A C, attaché d'administration de l'État, chef du pôle instruction et mise en œuvre des mesures d'éloignement auprès de la cheffe du bureau de l'éloignement, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer, notamment, les obligations de quitter le territoire français, les décisions fixant le pays de destination des personnes objet de telles mesures d'éloignement et les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il n'est pas établi qu'elles n'auraient pas été absentes ou empêchées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait application, notamment les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier celles visées aux termes de l'article L. 611-1 du même code et des articles L. 612-2 à L. 612-6 et L. 612-10 dudit code. Il mentionne également de manière suffisamment précise les circonstances de fait propres à la situation personnelle et familiale du requérant, en rappelant notamment les conditions de son entrée sur le territoire français, la circonstance qu'il n'a pas effectué de démarche administrative en vue de régulariser sa situation, l'absence d'atteinte disproportionnée que la mesure d'éloignement fait peser sur sa vie privée et familiale, dès lors que même s'il se déclare marié, il n'a pas d'enfant à sa charge et ne justifie pas être empêché de poursuivre sa vie de couple dans son pays d'origine, ni qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. L'arrêté litigieux mentionne donc les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions qu'il comporte, y compris celle portant refus d'accorder un délai de départ et celle portant interdiction de retour sur le territoire français, et est, dès lors, suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, l'intéressé soutient, sans autre précision, que le préfet aurait entaché chacune de ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, compte tenu de de l'ancienneté et des conditions de son séjour en France. Toutefois, alors qu'il ne dément pas avoir déclaré aux services préfectoraux vivre en France depuis le 23 novembre 2023, les pièces qu'il produit, notamment des obligations de quitter le territoire français notifiées le 26 décembre 2017 et le 8 avril 2019, un avis d'imposition en 2020 sur les revenus de 2018, un avis de taxe d'habitation pour l'année 2020, des relevés bancaires pour les années 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022, des attestations de souscription à un forfait Navigo pour les années 2018 et 2019, des attestation de droits à l'aide médicale d'Etat, échus en février 2022, et des ordonnances médicales de 2019, janvier 2020 et novembre 2021, ne permettent pas d'établir qu'il aurait résidé de manière habituelle continue sur le territoire français entre 2020 et le 21 novembre 2023, ni qu'il y aurait noué des liens personnels et familiaux intenses et stables. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation doit être écarté.
5. En quatrième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen soutenu à l'audience, tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision interdisant le retour sur le territoire français, ne peut qu'être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.
Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "
7. En l'espèce, si l'intéressé soutient que la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de la durée de sa présence et de ses conditions de séjour en France, les pièces qu'il a produites indiquent qu'il a déjà fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement et comme il a été dit au point 4, ne démontrent pas qu'il aurait avec France des liens intenses, stables et anciens. Dans ces conditions, la durée de l'interdiction fixée à un an n'apparaît ni excessive, ni disproportionnée et le moyen tiré de la violation de l'article susmentionné ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. D ne sont pas fondées et doivent être rejetées, de même que, par conséquent, celles à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, Me Bertrand et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.
Le magistrat désigné,La greffière,
J.-F. BaffrayD. Coulibaly
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout autre préfet compétent en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026