mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2400693 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GOEAU-BRISSONNIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 et 24 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Goeau Brissonnière, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 15 janvier 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a classé sans suite sa demande de délivrance de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'enregistrer sa demande, dans le délai de sept jours à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient :
S'agissant de l'urgence :
- la décision contestée met en péril son parcours d'insertion socio-professionnelle ; son employeur veut le licencier faute d'autorisation de séjour et il est exposé désormais à une situation de grande précarité.
S'agissant du doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d'une erreur de droit car quand bien même il aurait fait l'objet d'une mesure d'éloignement, il est en droit de déposer une demande de titre de séjour au regard du changement de circonstance constitué par le suivi d'une formation en apprentissage ayant abouti à l'obtention d'un diplôme, et qu'il suit actuellement une formation en hôtellerie ;
- elle est entachée d'une de fait, dès lors que le préfet n'a pas procédé à l'examen de sa situation personnelle antérieurement.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête en l'absence d'urgence et de doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la requête enregistrée le 16 janvier 2024 sous le n° 2400658, tendant à l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 31 janvier 2024 à 14h30, tenue en présence de Mme Diallo, greffière d'audience :
- le rapport de M. Tukov, juge des référés ;
- les observations de Me Goeau-Brissonière.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'est ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien, né le 8 octobre 2003, a sollicité, le 4 avril 2023, son admission exceptionnelle au séjour. Par une décision du 15 janvier 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a classé sans suite sa demande. au motif qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement, exécutoire, et d'un examen de sa situation. M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution du refus opposé le 25 novembre 2021 à sa nouvelle demande de titre de séjour.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions au titre de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ".
En ce qui concerne l'urgence :
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision de refus de titre de séjour d'apprécier et de motiver l'urgence, compte tenu de l'incidence immédiate du refus ainsi opposé sur la situation concrète de l'intéressé. L'urgence s'apprécie à la date à laquelle le juge des référés se prononce sur la demande de suspension qui lui est soumise. Cette condition d'urgence sera, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme dans le cas d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
6. Le classement sans suite, décidé le 15 janvier 2024, opposé à la demande d'admission exceptionnelle au séjour du requérant, doit être regardé comme une décision de refus de délivrance de ce titre.
7. Il résulte de l'instruction que, bien qu'il soit soumis à une obligation de quitter le territoire français du 30 décembre 2021, non exécutée et non contestée, ainsi qu'à une deuxième OQTF prise le 23 décembre 2023, qui a fait l'objet d'un recours devant la juridiction administrative, M. A justifie d'une nouvelle circonstance dans sa vie socio-professionnelle constituée par le suivi d'une formation en apprentissage ayant abouti à l'obtention d'un diplôme, et le suivi actuel d'une formation en hôtellerie. Alors qu'il résulte de l'instruction que s'étant maintenu dans son emploi, il est sous la menace d'une décision imminente de licenciement de l'employeur, ayant nécessairement des conséquences sur son insertion, M. A justifie de ce que la décision contestée préjudicie de façon suffisamment grave et immédiate à sa situation socio-professionnelle. Dans ces circonstances très particulières, au regard du parcours de l'intéressé depuis son entrée en France, M. A doit être regardé comme justifiant d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
8. Il résulte de l'instruction que le moyen tiré d'une erreur de droit en ce que le préfet de la Seine-Saint-Denis ne pouvait légalement classer sans suite la demande d'admission exceptionnelle au séjour et refuser ainsi un titre de séjour au seul motif de l'existence d'une obligation de quitter le territoire français non exécutée sans examiner l'élément nouveau, constitué par le suivi d'une formation en apprentissage ayant abouti à l'obtention d'un diplôme, et le suivi actuel d'une formation en hôtellerie, dont le préfet n'allègue pas qu'il ne s'en est pas prévalu, est propre, en l'état de l'instruction, et au regard du parcours particulier de l'intéressé depuis son entrée sur le territoire français, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
9. Il résulte de ce qui précède que la décision du 15 janvier 2024 rejetant la demande de titre de séjour de M. A doit être suspendue jusqu'à ce qu'il y soit statué au fond.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. La présente décision implique nécessairement que le préfet de la Seine-Saint-Denis procède à l'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. A dans le délai de quinze à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Goeau-Brissonière, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement au conseil de M. A d'une somme de 1 100 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En cas de non admission définitive de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à ce dernier, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La décision du 15 janvier 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis est suspendue jusqu'à ce qu'il y soit statué au fond.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. A dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 100 euros dans les conditions mentionnées au point 11.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Goeau-Brissonnière et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 19 février 2024.
Le juge des référés,
C. Tukov
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026