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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2402225

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2402225

mardi 20 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2402225
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKADOCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 février 2024, Mme A C B, représentée par Me Kadoch, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures suivant la décision du tribunal, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser, soit à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ce dernier renonçant à percevoir la part contributive de l'Etat, soit à elle-même, dans le cas où l'aide juridictionnelle totale ne lui serait pas accordée.

Elle soutient que :

- en ce qui concerne l'urgence : l'absence de délivrance d'un récépissé la place dans une situation d'illégalité sur le territoire français ainsi que de précarité, dès lors qu'elle ne peut plus subvenir à ses besoins, ne pouvant travailler et étant privée de droits sociaux ;

- en ce qui concerne l'atteinte grave et manifestement illégale portée à une liberté fondamentale : l'absence de récépissé porte atteinte à sa liberté d'aller et venir, à ses droits au logement et au travail et à la dignité de la personne ; l'atteinte est manifestement illégale au regard de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. D'une part, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée à cet article, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Si Mme C B fait valoir que compte tenu de l'absence de délivrance d'un récépissé par le préfet de la Seine-Saint-Denis elle se trouve placée en situation irrégulière sur le territoire français, il résulte de l'instruction que son dernier titre de séjour était valable jusqu'au 29 décembre 2023. En outre, elle invoque être privée de ses droits professionnels et sociaux ainsi que la précarité de sa situation financière, sans apporter au soutien de ses allégations d'autre justificatif qu'une correspondance de Pôle emploi en date du 29 décembre 2023 l'informant de la cessation de son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi. Dans ces conditions, elle ne justifie pas d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

4. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme C B a sollicité le 17 octobre 2023 le renouvellement de son titre de séjour. Il ne résulte pas de l'instruction que le préfet de la Seine-Saint-Denis se soit prononcé expressément sur cette demande. Dès lors, celle-ci s'est trouvée implicitement rejetée à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de son dépôt, soit le 17 février 2024, en application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la requérante ne peut se prévaloir de sa qualité de demandeuse d'un titre de séjour pour solliciter la délivrance d'un récépissé de sa demande ni, par voie de conséquence, de l'atteinte à des libertés fondamentales qu'elle invoque sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme C B doivent être rejetées selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris celles tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle et au paiement des frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C B.

Fait à Montreuil, le 20 février 2024.

Le juge des référés,

D. Charageat

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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