jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2403234 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | BECHLIVANOU MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2401363 du 4 mars 2024, le magistrat désigné du tribunal administratif de Strasbourg a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête, enregistrée le 24 février 2024, présentée par M. A B, représenté par Me Moreau-Bechlivanou.
Par cette requête, et un mémoire enregistré le 12 mars 2024, M. B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2024 par lequel le préfet de la Moselle l'oblige à quitter le territoire français sans délai et lui interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au Préfet de la Moselle de prendre toute mesure propre à mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure résultant de l'absence de production du procès-verbal d'audition sur lequel se fonde l'arrêté et a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de l'absence de traduction de la décision dans une langue qu'il comprend ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le risque de fuite n'est pas caractérisé et est entachée d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation pour ce même motif ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée, est disproportionnée et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen est illégal par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mars 2024, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, dans les fonctions de magistrat désigné chargé du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Baffray a été lu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 23 février 2024, le préfet de la Moselle oblige M. B, né le 1er avril 1997 à Briceni, de nationalité moldave, à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B en demande l'annulation.
Sur la légalité de l'arrêté pris dans son ensemble :
2. M. B, qui a été régulièrement été entendu lors de son audition du 23 février 2024 comme l'atteste le procès-verbal produit par le préfet, ne saurait se prévaloir au soutien de sa requête ni d'une erreur de plume de l'arrêté mentionnant une audition du 16 février 2024 ni de l'absence de notification de l'arrêté attaqué dans une langue qu'il comprend, de tels éléments étant sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. M. B, célibataire et sans enfant, a déclaré séjourner irrégulièrement en France depuis trois mois à la date de l'arrêté attaqué et faire des allers-retours entre la Moldavie et la France depuis trois ans, n'a pas été en mesure de présenter un document l'autorisant à séjourner ou circuler en France et n'a effectué aucune démarche afin de régulariser sa situation administrative. S'il soutient qu'il est en mesure de justifier d'une résidence effective à Gagny où il vit avec sa mère, divorcée et titulaire d'un passeport roumain, et qu'il n'entretient aucun lien avec son père qui vit en Moldavie, de tels éléments ne permettent pas de considérer que le préfet n'aurait pas sérieusement examiné sa situation au regard des liens intenses et stables qu'il dit posséder en France, ni que l'obligation de quitter le territoire français, le refus de lui octroyer un délai de départ volontaire et l'interdiction de retourner durant un an sur le territoire français porteraient une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la légalité de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
4. Pour décider de ne pas accorder de délai de départ volontaire à l'intéressé, le préfet de la Moselle a, conformément aux dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment retenu que le risque de fuite était établi par la circonstance que M. B s'est maintenu sur le territoire français sans jamais avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ou entrepris d'autres démarche depuis sa date d'entrée en France, a explicitement déclaré qu'il souhaitait rester en France et ne présentait pas de garanties de représentation suffisante dès lors qu'il n'était pas en mesure de produire un passeport original. Dès lors, les moyens tirés de ce que le préfet n'aurait pas caractérisé le risque de fuite pour refuser d'accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire, aurait commis une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
5. La décision attaquée, qui vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment, l'article L. 612-10 du même code, mentionne des éléments de faits relatifs à la durée de présence du requérant sur le territoire français ainsi qu'à la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France. Dès lors, et au regard de ce qui a été retenu au point 3, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, qui est suffisamment motivée, n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B n'est pas fondée et doit être rejetée en toutes ses conclusions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
Le magistrat désigné,
J.-F. BaffrayLa greffière de l'audience,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle et à tout autre préfet compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026