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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2404272

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2404272

mardi 23 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2404272
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVICTOR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mars 2024, M. B A, représenté par Me Victor demande au juge des référés :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 30 janvier 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a clôturé sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'enregistrer sa demande et de lui en délivrer un récépissé, à défaut, d'enjoindre aux services préfectoraux de réexaminer sa demande, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

M. A soutient que :

- la requête est recevable ;

- la condition d'urgence est remplie, la décision attaquée lui interdisant de poursuivre ses études alors qu'il se trouve sur le territoire français depuis l'âge de 14 ans, où il a suivi assidûment et avec succès sa scolarité ;

- il existe des moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, tirés de l'insuffisance de sa motivation, de l'erreur de droit dont elle est entachée, dès lors qu'il n'a pas fait sa demande de titre de séjour en se prévalant d'un placement auprès de l'aide sociale à l'enfance, de la méconnaissance des articles

R. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2024, le préfet de la

Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie, M. A s'étant vu remettre, le 16 avril 2024, une convocation pour un rendez-vous en préfecture le 7 mai 2024.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 18 avril 2024, M. A soutient que sa convocation au sein des services de la préfecture doit être regardée comme une décision revenant sur la décision de classer sans suite sa demande de titre de séjour, et ainsi comme privant d'objet ses conclusions à fin de suspension et d'injonction, mais indique maintenir ses conclusions relatives aux frais de l'instance.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée le 29 mars 2024 sous le n°2404273, tendant à l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme Renault, première conseillère, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme Renault a lu son rapport au cours de l'audience publique qui s'est tenue le

18 avril 2024 en présence de Mme Goossens, greffière.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. M. A, ressortissant tunisien, a sollicité le 30 juin 2023 son admission exceptionnelle au séjour. Par décision du 30 janvier 2024, sa demande a été classée sans suite. Il résulte toutefois de l'instruction que par courrier du 16 avril 2024, postérieur à l'introduction de la requête, le préfet de la Seine-Saint-Denis a convoqué M. A le 7 mai 2024 afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour. En soutenant que sa convocation au sein des services de la préfecture prive d'objet ses conclusions à fin de suspension et d'injonction, l'intéressé doit être regardé comme se désistant de ces conclusions. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

4. La présente ordonnance admet M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Victor, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Victor de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée au requérant.

O R D O N N E:

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête aux fins de suspension et d'injonction.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros dans les conditions mentionnées au point 4.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Victor, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 22 avril 2024.

La juge des référés,

Th. Renault

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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