lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2404369 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HAYRANT-GWINNER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 avril 2024, M. B A, représenté par Me Hayrant-Gwinner, demande au juge des référés :
1°) de prononcer son admission, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 26 décembre 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé verbalement d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) en cas d'admission définitive à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; en cas de refus de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son profit en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
Sur l'urgence, que cette condition est remplie dès lors que le refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour le place dans une situation administrative et financière précaire étant désormais en situation irrégulière alors qu'il peut prétendre à un titre de séjour de plein droit, qu'il est privé de la possibilité de poursuivre son activité professionnelle nécessaire à sa réinsertion ; en outre cette situation porte atteinte à sa vie privée et familiale dès lors qu'il ne peut envisager de s'installer avec sa compagne.
Sur le doute sérieux, que la décision attaquée est entachée :
- d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- de la violation de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- de la violation de l'article R. 311-4 et R311-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet de la Seine-Saint-Denis serait dans l'obligation de lui délivrer un récépissé ;
- de la violation de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- de la violation de la liberté d'aller et venir ;
- de la violation du droit à la vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'elle est dépourvue d'objet, M. A étant convoqué le 22 mai 2024 à la préfecture de la Seine-Saint-Denis.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 avril 2024 sous le numéro 2404387 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Cayla, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 23 avril 2024, tenue en présence de Mme Le Ber greffière d'audience :
- le rapport de Mme Cayla, juge des référés ;
- les observations de Hayrant-Gwinner, représentant M. A, qui reprend ses conclusions et ses moyens, et fait en outre valoir que M. A est en situation irrégulière depuis la fin de son attestation provisoire de séjour à l'issue de son rendez-vous du 10 novembre 2023 ; que l'objet de la requête est la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour et que deux rendez-vous lui ont déjà été fixés ; que M. A n'a pas été destinataire de la convocation.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien, né 18 août 1996, entré en France en 2001 dans le cadre du regroupement familial selon ses déclarations, a été muni de titres de séjour mention " vie privée et familiale " renouvelés jusqu'au 27 août 2019. Au cours de sa dernière incarcération au centre de détention du Val-de-Reuil faisant suite à plusieurs condamnations pénales prononcées à son encontre depuis 2018, le préfet de l'Eure, par arrêté du 31 mai 2023 l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et l'a interdit de retour pour une durée de deux ans, dont M. A a obtenu l'annulation par un jugement du tribunal administratif de Rouen du 12 juin 2023. Il a été muni, sur injonction prononcée par le tribunal, d'une autorisation provisoire de séjour valable du 26 juin 2023 au 25 décembre 2023. Lors de son rendez-vous du 26 décembre 2023 à la sous-préfecture de Raincy pour le renouvellement de son récépissé, l'agent de préfecture a refusé d'enregistrer sa demande au motif que la préfecture compétente était la préfecture de Seine-Maritime. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision du 26 décembre 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé verbalement d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ";
En ce qui concerne la condition de l'urgence :
4. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'introduction de la requête, le 19 avril 2024, la préfecture de la Seine-Saint-Denis a convoqué M. A un rendez-vous le 22 mai 2024 pour l'exécution d'un jugement. Par suite, si M. A soutient que le refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour l'empêche de poursuivre son activité professionnelle et que son contrat à durée indéterminée en qualité de technicien de fabrication est toujours suspendu, il ne fait valoir aucun élément précis et circonstancié, relatif notamment à sa situation financière, alors qu'il est hébergé chez ses parents, caractérisant la nécessité de bénéficier d'une mesure provisoire, justifiant la nécessité d'obtenir un récépissé, avant son rendez-vous du 22 mai 2024. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme justifiant de la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens invoqués quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2: Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 6 mai 2024.
La juge des référés,
F. Cayla
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026