mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2408647 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Pôle Urgences (J.U) |
| Avocat requérant | MECHRI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2406848 du 11 juin 2024, enregistrée le même jour, le vice-président du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête, enregistrée le 28 mai 2024, présentée par M. C.
Par cette requête et un mémoire complémentaire du 26 juin 2024, M. C, actuellement retenu au centre de rétention n°3 du Mesnil Amelot, représenté par Me Bisalu, demande à la présidente du tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, ou au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de l'intéressé et de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'arrêté attaqué :
- la commission du titre de séjour aurait dû être saisie ;
- il méconnaît le principe du contradictoire garanti par l'article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il n'est pas suffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux ;
- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ;
- l'article 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu ;
- l'article 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu ;
- l'article 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu ;
- l'article 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu ;
- il méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il ne représente notamment pas une menace pour l'ordre public.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Iss, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-5 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Iss,
- les observations de Me Bisalu, représentant M. C,
- les observations de M. C,
- les observations de Me Rahmouni, représentant la préfète du Val-de-Marne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
1. M. C, ressortissant tunisien, né le 6 décembre 2001 à Teboulba, actuellement retenu au centre de rétention du Mesnil Amelot 3 a fait l'objet d'un arrêté du 23 mai 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité et portant une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans. Le requérant demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
2. L'arrêté en litige indique notamment que M. C est célibataire, sans charge de famille, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas intenses et stables, et que dans ces conditions il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et à sa vie familiale. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que tout d'abord, M. C établit avoir indiqué préalablement à la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige dans sa fiche de renseignements pénitentiaire du 2 octobre 2023 être le père d'un enfant né en France et qui y réside toujours. Ensuite, M. C justifie bien être le père de l'enfant Elyas Naceur né le 25 février 2022 à Villeneuve-Saint-Georges, dont il soutient, sans être contredit utilement en défense qu'il est ressortissant de l'Union européenne, à savoir de la même nationalité que la mère de celui-ci Mme D, née le 19 novembre 1999 à Nergresti-Oas (Roumanie), par la production notamment de l'acte de naissance de l'enfant. La préfète du Val-de-Marne ne conteste en outre pas utilement que M. C exerce bien l'autorité parentale conjointe à l'égard de cet enfant ressortissant de l'Union européenne, ce dernier ayant été reconnu conjointement avant sa naissance par ses deux parents le 28 décembre 2021. Ainsi, eu égard à ces éléments, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire serait entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle doit être accueilli.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 23 mai 2024 de la préfète du Val-de-Marne portant obligation de quitter le territoire français, et par voie de conséquence les décisions du même jour lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 513-4, L. 551-1, L. 552-4, L. 561-1 et L. 561-2 et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas () ".
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a seulement lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne ou à tout préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation du requérant dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de justice :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 23 mai 2024, par lesquelles la préfète du Val-de-Marne a obligé M. C à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné, lui a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne ou à tout préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la situation de M. C dans un délai de trois mois suivant la notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera à C une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, et à la préfète du Val-de-Marne.
Lu en audience publique le 26 juin 2024.
Le magistrat désigné,
A. Iss Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne ou à tout préfet territorialement compétent en ce qui la ou le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026