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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2409174

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2409174

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2409174
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantADDEN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 juin et 4 juillet 2024, la société Move up ! Formation, représentée par Me Phan, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de la décision du 26 juin 2024, par laquelle la Caisse des dépôt et consignations a suspendu, à titre provisoire, le paiement de ses formations réalisées dans le cadre du dispositif du compte personnel de formation ainsi que son référencement sur le service dématérialisé " Mon compte formation " ;

2°) d'enjoindre à la Caisse des dépôts et consignations de rétablir son référencement et de procéder au versement des sommes bloquées pendant la période de suspension des paiements, dans un délai de cinq jours et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société Move up ! Formation soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

En ce qui concerne l'urgence :

- l'urgence est caractérisée dès lors que 80 % de son chiffre d'affaires dépend des formations réalisées dans le cadre du compte personnel de formation et que la suspension des paiements et son référencement sont de nature à la placer en situation de cessation de paiements à brève échéance ;

- au surplus, à la date du 28 juin 2024, 881 stagiaires étaient inscrits auprès du centre via le compte personnel de formation et n'avaient pas terminé leur formation ; c'est notamment le cas de 45 d'agents de la ville de paris qui suivent une formation en LSF (langue des signes française) en vue des jeux olympiques ; c'est également le cas de 87 candidats inscrits pour passer leur examen TCF ( test de connaissance du français tout public) et TEF (test d'évaluation de français).

En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'incompétence ; au surplus, la régularité de la signature électronique qu'elle comporte n'est pas établie ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît le principe du contradictoire et les dispositions des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'une première erreur de droit dès lors qu'elle est prise en application des dispositions de l'ancien article R. 6333-8 du code du travail qui ne sont plus en vigueur ;

- elle est entachée d'une seconde erreur de droit dès lors qu'elle n'est assortie d'aucune limite temporelle alors que l'article R. 6333-6-1 du code du travail, en vigueur, prévoit que le suspension du référencement et du paiement ne peut pas dépasser six mois ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 6333-6-1 du code du travail dès lors que la Caisse des dépôts et consignations échoue à démontrer l'existence d'un schéma de fraude caractérisé constitutif d'une atteinte grave aux intérêts publics ;

- elle est entachée d'un détournement de procédure.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 29 juin 2024 sous le numéro 2409175, par laquelle la société Move up ! Formation demande l'annulation de la décision attaquée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, la Caisse des dépôts et consignations, représentée par Me Nahmias, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Move up ! Formation la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La Caisse des dépôts et consignations soutient que les conditions relatives à l'urgence et au doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée ne sont pas remplies.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. L'hôte, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, le 18 juillet 2024.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, démarrée à 14h00 :

- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;

- les observations de Me Phan, représentant la société requérante ;

- et celles de Me Monfront, substituant Me Nahmias, représentant la Caisse des dépôts et consignations.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 15h30.

Une note en délibéré, enregistrée le 18 juillet 2024 à 18h03, a été présentée par la société Move Up ! Formation. Elle n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. La société Move up ! Formation est un organisme de formation professionnelle qui propose diverses actions de formation sur la plateforme " Mon compte formation ". Le 26 juin 2024, la Caisse des dépôts et consignations lui a adressé une lettre d'observations ouvrant la procédure contradictoire, qui l'informait d'un certain nombre de griefs relevés à son encontre. Ce courrier indiquait également à la société requérante qu'au titre des mesures de sauvegarde prévues par les dispositions précitées de l'article R. 6333-6-1 du code du travail, les paiements des formations en cours ainsi que son référencement sur la plateforme " Mon compte formation " étaient suspendus à titre provisoire jusqu'au terme de la procédure contradictoire. La société Move up ! Formation demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision, contenue dans cette lettre d'observations en date du 26 juin 2024, par laquelle la Caisse des dépôts et consignations a suspendu, à titre provisoire, le paiement de ses formations réalisées dans le cadre du dispositif du compte personnel de formation ainsi que son référencement sur le service dématérialisé " Mon compte formation ".

I. Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Et aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

I.A- En ce qui concerne l'urgence :

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes qui sont tributaires de lui, caractérisent une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.

4. Il résulte de l'instruction que le blocage des paiements par la Caisse des dépôts et consignations a commencé à la mi-mai 2024. Par ailleurs, la société requérante produit une attestation de son expert-comptable en date du 4 juillet 2024, attestation accompagnée d'un tableau prévisionnel de trésorerie détaillé pour la période juillet-décembre 2024 ainsi que de nombreuses pièces justificatives, dont il ressort que le chiffre d'affaires réalisé par la société Move up ! Formation au cours de l'année 2023 provient, à hauteur de 79,47 %, représentant une somme de 3 318 000 euros, des prestations réalisées dans le cadre du compte personnel de formation et rémunérées par la Caisse des dépôts et consignations. L'attestation ajoute qu'en dépit de l'apport de trésorerie de 150 000 euros réalisé le 7 juin 2024 au moyen d'un emprunt et de l'augmentation de capital de 200 000 euros réalisée le 1er juillet 2024, une insuffisance de trésorerie de plus de 166 000 euros sera constatée à la fin du mois de juillet 2024, dépassant les 25 000 euros de découvert autorisés et plaçant ainsi la société requérante en situation de cessation de paiement. En outre, la société Move up ! Formation rappelle qu'elle emploie 29 salariés à temps plein et 40 formateurs indépendants dont 20 à titre principal, ce qu'elle justifie par un avis d'opération de virement multiple de sa banque détaillant les salaires versés pour le mois de mai 2024 en ce qui concerne les salariés et une liste accompagnée de curriculum vitae pour les formateurs. Enfin, la société requérante souligne qu'à la date du 28 juin 2024, 881 stagiaires étaient inscrits via le compte personnel de formation et n'avaient pas terminé leur formation, dont 45 agents de la ville de paris qui suivent une formation en LSF (langue des signes française) en vue des jeux olympiques, ainsi que 87 candidats inscrits pour passer leur examen TCF (test de connaissance du français tout public) et TEF (test d'évaluation de français) et produit des listes de dossiers bloqués au stade de la facturation et du paiement. Ces listes ne sont pas sérieusement contestées par la Caisse des dépôts et consignations qui se borne à faire valoir que les formations des 45 agents de la ville de Paris ne sont pas financées par le dispositif " Mon compte formation " mais par un marché public conclu avec la commune, cette circonstance étant, même si elle est avérée, sans incidence dès lors que le risque de cessation de paiement auquel est exposé la société requérante menace également le déroulement et l'aboutissement de ces formations des agents de la ville de Paris, lesquelles ne représentent en outre que 5,1 % des formations non achevées.

5. Si la Caisse des dépôts et consignations fait valoir que la société Move up ! Formation peut réorienter son activité sur des formations impliquant d'autres types de financement dès lors que la part du compte professionnel de formation représente 7,5 % du marché de la formation professionnelle, une telle diversification de son activité suppose une réorientation à moyen-long terme, alors qu'ainsi qu'il a été dit au point 4, la société requérante sera en situation de cessation de paiement à la fin du mois de juillet 2024.

6. Enfin, il résulte de l'instruction que la lettre d'observations de la Caisse des dépôts et consignations en date du 26 juin 2024 ouvrant la période contradictoire, complétée par un deuxième courrier en date du 10 juillet 2024, fait état de quatre catégories de griefs reprochés à la société requérante, à savoir l'opacité de son fonctionnement et de son environnement commercial, des anomalies concernant des actions sur 69 dossiers de formation, des modifications de données personnelles sans l'accord des intéressés concernant 9 dossiers et 13 signalements dont 2 cas de vente forcée, 8 cas de pratiques commerciales trompeuses et 3 cas de vol d'identité. La société Move up ! Formation y a répondu par deux courriers en date du 28 juin 2024 et du 18 juillet 2024, ce dernier étant resté sans réponse de la part de la Caisse des dépôts et consignations et n'ayant pas fait l'objet d'observations à la barre par son avocat. S'agissant des interrogations sur son mode de fonctionnement et son environnement commercial, la société requérante apporte aux huit questions qui lui étaient posées des réponses cohérentes et circonstanciées. Elle transmet également les documents réclamés par la Caisse des dépôts et consignations pour justifier des relations avec les sous-traitants, en l'occurrence les formateurs indépendants. Concernant les anomalies constatées sur les dossiers de formation, à savoir l'inscription de 69 candidats le même jour et à partir de la même connexion internet pour la majorité des cas, la société Move up ! Formation explique, sans être sérieusement contestée en défense, qu'elle dispose d'une équipe de 18 conseillers-formation salariés à temps plein qui proposent un rendez-vous en présentiel aux candidats et qu'une fois la formation proposée acceptée, ils sont orientés, pendant que le conseiller-formation finalise le dossier d'inscription, vers une salle informatique où un ordinateur est à leur disposition pour valider leur choix et où ils peuvent utiliser le code wifi de la société requérante pour le valider au moyen de leur téléphone portable. S'agissant des 9 modifications de données personnelles sans l'accord des intéressés constatées sur la période comprise entre le 16 avril et le 21 mai 2024 et des 13 signalements pour la période du 27 mars 2023 au 7 mars 2024, la société Move Up ! Formation a demandé, dans ses deux courriers adressés à la Caisse des dépôts et consignations les 28 juin 2024 et 18 juillet 2024, le détail et les preuves de ces anomalies pour pouvoir en détecter l'origine et apporter le cas échéant des explications, mais s'est heurtée à un refus de la part de l'institution financière. Au surplus, ces 9 modifications de données personnelles sans l'accord des intéressés représenteraient, si elles étaient inexplicables et imputables à la société Move Up ! Formation, 1,4 % des dossiers traités sur la même période (642), tandis que les 13 anomalies représenteraient 0,3 % des dossiers traités sur la même période (3 715). Enfin, si la Caisse des dépôts a, dans son courrier en date du 26 juin 2024, demandé à la société requérante de transmettre une attestation sur l'honneur rédigée et remplie par chaque titulaire inscrit à une formation entre le 1er septembre 2022 et le 30 septembre 2023 selon un modèle défini par elle et sur lequel chaque titulaire doit apposer une signature électronique, l'institution financière a, eu égard au coût de 11 376,4 euros d'une telle opération justifié par un devis obtenu par la société requérante, accepté, dans son courrier du 10 juillet 2024, que cette dernière produise des attestations manuelles. Toutefois cette opération nécessite, eu égard au nombre de dossiers concernés, soit 2 600, ainsi qu'à la période des congés d'été, un traitement à moyen terme qui n'est pas compatible avec la situation financière de la société Move up ! Formation et nécessiterait que la Caisse des dépôts et consignations concentre sa demande ou procède par sondage. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date de la présente ordonnance, l'intérêt public qui s'attache, d'une part au bon fonctionnement du dispositif de financement de formation continue " Mon compte formation " et, d'autre part, à la préservation des finances publiques, ferait obstacle à ce que puisse être regardée comme remplie la condition d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

7. Dès lors, et bien qu'elle ne fasse pas obstacle, par elle-même, à ce que la société Move up ! Formation poursuive d'autres actions de formation, la décision attaquée, en ce qu'elle bloque les paiements alloués par la Caisse des dépôts et consignations à la société requérante et prononce son déréférencement du service dématérialisé " Mon compte formation ", met un terme à l'exercice de l'essentiel de son activité, pour une durée qui plus est indéterminée même si elle est provisoire, portant ainsi une atteinte suffisamment grave et immédiate à ses intérêts pour que la condition d'urgence puisse être regardée comme remplie.

I.B- En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :

8. Aux termes de l'article R. 6333-6-1 du code du travail, applicable depuis le 31 décembre 2023 au lieu et place de de celles de l'ancien article R. 6333-8 de ce même code, abrogées à compter de cette même date : " Lorsque la Caisse des dépôts et consignations constate un manquement d'un prestataire mentionné à l'article L. 6351-1 aux engagements qu'il a souscrits de nature à porter une atteinte grave aux intérêts publics, elle peut suspendre pendant une durée maximale de six mois le paiement du prestataire et son référencement sur le service dématérialisé préalablement ou au cours de la procédure contradictoire mentionnée au premier alinéa de l'article R. 6333-6./Ces mesures sont d'effet immédiat et peuvent être maintenues jusqu'au terme de la même procédure contradictoire. ".

9. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de la méconnaissance du champ d'application de la loi dans le temps dès lors que la Caisse des dépôts et consignations a fondé sa décision sur les dispositions de l'ancien article R. 6333-8 du code du travail abrogées ainsi que de la méconnaissance des dispositions du nouvel article R. 6333-6-1 dès lors que la suspension des paiements et du référencement, même si elle est provisoire, n'est pas limitée dans le temps, sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la société Move up ! Formation est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision du 26 juin 2024, par laquelle la Caisse des dépôt et consignations a suspendu, à titre provisoire, le paiement de ses formations réalisées dans le cadre du dispositif du compte personnel de formation ainsi que son référencement sur le service dématérialisé " Mon compte formation ", ce jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité ou, si elle intervenait avant, jusqu'à la clôture de la procédure contradictoire.

II. Sur les conclusions aux fins d'injonction :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à la Caisse des dépôts et consignations de procéder, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, à titre provisoire et jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond ou jusqu'à ce que la procédure contradictoire soit close, au versement des sommes bloquées pendant la période de suspension des paiements et au rétablissement du référencement de la société Move up ! Formation sur le service dématérialisé " Mon compte formation ". En revanche, il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une quelconque astreinte.

III. Sur les frais liés au litige :

12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Move up ! Formation, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la Caisse des dépôts et consignations réclame au titre des frais liés au litige. Il y a lieu, en revanche et dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations le versement d'une somme de 1 500 euros à la société Move up ! Formation, au titre des mêmes frais.

O R D O N N E :

Article 1er : La décision du 26 juin 2024, par laquelle la Caisse des dépôt et consignations a suspendu, à titre provisoire, le paiement des formations réalisées par la société Move up ! Formation dans le cadre du dispositif du compte personnel de formation ainsi que son référencement sur le service dématérialisé " Mon compte formation ", est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité ou jusqu'à ce que la procédure contradictoire soit close.

Article 2 : Il est enjoint à la Caisse des dépôts et consignations de procéder, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, à titre provisoire et jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond ou jusqu'à ce que la procédure contradictoire soit close, au versement des sommes bloquées pendant la période de suspension des paiements et au rétablissement du référencement de la société Move up ! Formation sur le service dématérialisé " Mon compte formation ".

Article 3 : La Caisse des dépôts et consignations versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la société Move up ! Formation au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la Caisse des dépôts et consignations, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont rejetées.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Move up ! Formation et à la Caisse des dépôts et consignations.

Fait à Montreuil, le 23 juillet 2024.

Le juge des référés,

F. L'hôte.

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et de la solidarité en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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