vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1811189 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | FACTORHY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I°/ Par une requête, enregistrée le 26 octobre 2018, sous le n° 1811189, et un mémoire complémentaire, enregistré le 1er décembre 2020, la société Metro France, représentée par la SELAS Factorhy Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 31 juillet 2018 par laquelle la ministre du travail a rejeté le recours hiérarchique qu'elle avait formé, le 28 mars 2018, à l'encontre de la décision de l'inspecteur du travail du 28 février 2018 refusant de lui accorder l'autorisation de licenciement pour faute de M. C A, ensemble la décision de l'inspecteur du travail du 28 février 2018 ;
2°) d'enjoindre à l'inspecteur du travail d'autoriser le licenciement de M. C A pour faute grave ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de rejet implicite est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision du 28 février 2018 est entachée d'irrégularité, dès lors que le principe du contradictoire a été méconnu lors de l'enquête menée le 25 janvier 2018 par l'inspecteur du travail ;
- les faits reprochés à M. A ne sont pas prescrits ;
- les fautes commises par M. A sont suffisamment graves pour justifier son licenciement ;
- il n'y a aucun lien entre la demande d'autorisation de licenciement et le mandat détenu par M. A.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2020, la ministre du travail conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société Metro France ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 28 juin 2021, M. C A conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Metro France une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société Metro France ne sont pas fondés.
II°/ Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2019, sous le n° 1901181, et des mémoires complémentaires, enregistrés respectivement les 1er décembre 2020, 21 décembre 2020 et 6 mai 2021, la société Metro France, représentée par la SELAS Factorhy Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision expresse du 26 novembre 2018 de la ministre du travail, en tant qu'elle a rejeté sa demande d'autorisation de licencier M. C A ;
2°) d'enjoindre à la ministre du travail d'autoriser le licenciement de M. C A dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à tout le moins, de statuer sur la demande d'autorisation de licenciement dans le même délai.
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que les faits reprochés à M. A ne sont pas prescrits ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que M. A avait parfaitement connaissance de l'ensemble des faits qui lui étaient reprochés à l'occasion de l'entretien préalable ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les fautes commises par M. A sont suffisamment graves pour justifier son licenciement ;
- il n'y a aucun lien entre la demande d'autorisation de licenciement et le mandat détenu par M. A.
Par des mémoires, enregistrés les 14 mai 2019, 8 avril 2021 et 2 août 2021, et des pièces complémentaires, enregistrées le 9 avril 2021, M. C A conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Metro France une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société Metro France ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2020, la ministre du travail conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société Metro France ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 mai 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 28 juin 2021 à 12h00.
Un mémoire complémentaire a été enregistré le 2 août 2021, postérieurement à la clôture de l'instruction, pour M. A, qui n'a pas été communiqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lebdiri, rapporteur,
- les observations de Me Gholami Bavil, pour la société Metro France,
- et les conclusions de Mme Riedinger, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir été recruté en qualité de chargé d'études statistique, sous couvert d'un contrat de travail à durée indéterminée conclu le 31 juillet 2001, par la société Metro France, M. A exerçait, en dernier lieu, les fonctions d'organisateur. Le 10 mars 2015, il a été élu délégué du personnel suppléant sur l'établissement de Metro Cash et Carry France Services Centraux. Le 5 janvier 2018, la société Metro France a sollicité de l'inspection du travail l'autorisation de licencier M. A pour faute grave. Par une décision du 28 février 2018, l'inspecteur du travail a refusé de faire droit à cette demande. L'employeur a alors formé, le 28 mars 2018, un recours hiérarchique devant la ministre du travail, resté dans un premier temps, sans réponse expresse et donc rejeté par une décision implicite née le 31 juillet 2018. Puis, par une décision expresse du 26 novembre 2018, la ministre du travail a retiré sa décision implicite de rejet, annulé la décision de l'inspecteur du travail et refusé le licenciement pour faute de M. A. Par les requêtes susvisées, la société Metro France demande au tribunal d'annuler la décision de l'inspectrice du travail du 28 février 2018, la décision implicite de rejet de la ministre du travail, ainsi que la décision expresse du 26 novembre 2018 de la ministre du travail, en tant qu'elle a rejeté sa demande d'autorisation de licenciement de M. A.
Sur la jonction :
2. Les instances n° 1811189 et n° 1901181 concernent la situation d'un même salarié, ont le même objet et ont été instruites ensemble. Il y a donc lieu de les joindre pour ne statuer que par une seule décision.
Sur les conclusions de la requête n° 1811189 tendant à l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail du 28 février 2018 et de la décision implicite de rejet de la ministre du travail née le 31 juillet 2018 :
3. Ainsi qu'il a été rappelé au point 1, par décision du 26 novembre 2018 prise sur recours hiérarchique de la société Metro France, la ministre du travail a, postérieurement à l'introduction de cette requête, retiré sa décision implicite du 31 juillet 2018 rejetant ce recours hiérarchique, annulé la décision de l'inspecteur du travail du 28 février 2018, et refusé l'autorisation de licencier M. A. Par la requête n° 19011181, la société requérante a demandé l'annulation de la décision ministérielle du 26 novembre 2018, en tant seulement qu'elle refuse d'autoriser le licenciement de M. A. Dès lors, cette décision, laquelle comporte les délais et voies de recours, en tant qu'elle prononce, en son article 1er, le retrait de la décision implicite de rejet née le 31 juillet 2018 et, en son article 2, l'annulation de la décision du 28 février 2018 de l'inspecteur du travail, est devenue définitive, faute d'avoir été contestée dans le délai de recours contentieux. Il s'ensuit que les conclusions de la société requérante tendant à l'annulation de la décision du 28 février 2018 de l'inspecteur du travail et de la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de la ministre du travail du 26 novembre 2018 :
En ce qui concerne la légalité externe :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 7° Refusent une autorisation () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. La décision attaquée du 26 novembre 2018 vise les articles L. 2411-5 et suivants du code du travail, mentionne le mandat détenu par le salarié protégé, ainsi que le recours hiérarchique formulé le 28 mars 2018 par l'employeur, et rappelle les faits reprochés à l'intéressé par la société Metro France. L'autorité ministérielle a également examiné la légalité de la décision de l'inspecteur du travail et les deux griefs retenus par l'employeur. A cet égard, la ministre a exposé, de manière claire et détaillée, les raisons qui l'ont conduite à annuler la décision de l'inspecteur du travail et à refuser le licenciement de M. A, en statuant au vu des circonstances de droit et de fait à la date à laquelle la décision a été édictée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision litigieuse doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
6. Aux termes l'article L. 1235-1 du code du travail : " () le juge, à qui il appartient d'apprécier la régularité de la procédure suivie et le caractère réel et sérieux des motifs invoqués par l'employeur, forme sa conviction au vu des éléments fournis par les parties après avoir ordonné, au besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles. () Si un doute subsiste, il profite au salarié ".
7. Les salariés qui, en vertu du code du travail, bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peuvent être licenciés qu'avec l'autorisation de l'inspecteur du travail. S'il est envisagé, le licenciement d'un de ces salariés ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par l'intéressé ou avec son appartenance syndicale. Dans le cas où le licenciement est motivé par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre du travail, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables à son contrat de travail et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1232-2 du code du travail : " L'employeur qui envisage de licencier un salarié le convoque, avant toute décision, à un entretien préalable. La convocation est effectuée par lettre recommandée ou par lettre remise en main propre contre décharge. Cette lettre indique l'objet de la convocation ". Aux termes de l'article L. 1232-3 du même code : " Au cours de l'entretien préalable, l'employeur indique les motifs de la décision envisagée et recueille les explications du salarié. ". Aux termes de l'article R. 1232-1 de ce code : " La lettre de convocation prévue à l'article L. 1232-2 indique l'objet de l'entretien entre le salarié et l'employeur. Elle précise la date, l'heure et le lieu de cet entretien. Elle rappelle que le salarié peut se faire assister pour cet entretien par une personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise ou, en l'absence d'institutions représentatives dans l'entreprise, par un conseiller du salarié ".
9. Dans le cadre de sa demande d'autorisation de licenciement, la société Metro France a retenu un grief tiré de ce que M. A aurait manifesté à l'égard des salariés officiant au sein de l'établissement de Metro Cash et Carry France Services Centraux un comportement inacceptable se traduisant par des propos violents et injurieux à leur encontre et ayant entraîné une dégradation considérable de leurs conditions de travail. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment tant du compte-rendu d'entretien préalable établi par le délégué syndical ayant assisté M. A que de celui établi par l'adjointe responsable des ressources humaines, que l'employeur n'a pas porté à la connaissance de son salarié, avec suffisamment de précision, les faits décrits ci-dessus. Il est pourtant constant qu'à l'occasion de cet entretien du 2 janvier 2018, M. A a fait valoir qu'il était dans l'impossibilité d'assurer sa défense, faute de connaître les faits incriminés relatifs à son comportement. Si l'employeur n'était pas dans l'obligation de divulguer à M. A les témoignages des salariés entendus par la commission d'enquête, il lui incombait de détailler de façon suffisante les faits reprochés au salarié afin de conférer à l'entretien préalable une portée utile. En ne s'acquittant pas de cette obligation, la société Metro France n'a pas mis à même M. A d'apporter, au cours de l'entretien préalable, des explications au sujet du grief énoncé ci-dessus. Les droits de la défense ont donc été méconnus. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1332-4 du code du travail : " Aucun fait fautif ne peut donner lieu à lui seul à l'engagement de poursuites disciplinaires au-delà d'un délai de deux mois à compter du jour où l'employeur, qui dispose du pouvoir disciplinaire, en a eu connaissance, à moins que ce fait ait donné lieu dans le même délai à l'exercice de poursuites pénales ".
11. Il résulte de ces dispositions que l'employeur ne peut fonder une demande d'autorisation de licenciement sur des faits prescrits en application de ces dispositions, sauf si ces faits procèdent d'un comportement fautif de même nature que celui dont relèvent les faits non prescrits donnant lieu à l'engagement des poursuites disciplinaires. Le délai de deux mois commence à courir lorsque l'employeur a une connaissance exacte de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits reprochés au salarié protégé.
12. En l'espèce, la société requérante estime que la décision ministérielle attaquée est entachée d'une erreur de droit quant à la date de départ du délai de prescription pour ce qui concerne le grief tiré de la dénonciation mensongère par M. A de faits de harcèlement moral et de discrimination. Toutefois, la décision refusant l'autorisation de licencier le salarié intéressé n'est pas fondée sur cette appréciation de la date de départ de la prescription, la ministre ayant retenu à juste titre l'absence de prescription de ces faits. Dès lors, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1152-2 du code du travail : " Aucun salarié () ne peut être () licencié () pour avoir subi ou refusé de subir des agissements répétés de harcèlement moral ou pour avoir témoigné de tels agissements ou les avoir relatés ". Il résulte de ces dispositions que le salarié qui relate des faits de harcèlement moral ne peut être licencié pour ce motif, sauf mauvaise foi, laquelle ne peut résulter que de la connaissance par le salarié de la fausseté des faits qu'il dénonce et non de la seule circonstance que les faits dénoncés ne sont pas établis.
14. A l'appui du grief tiré de ce que M. A a dénoncé de mauvaise foi des faits de harcèlement moral et de discrimination dont il disait être victime, la société requérante se prévaut de ce que les témoignages recueillis au cours de l'enquête interne diligentée à la suite des accusations émises par l'intéressé ont conduit la commission d'enquête à conclure, à l'unanimité, au caractère infondé de telles accusations et au fait que celles-ci étaient sciemment mensongères et liées à une volonté délibérée de nuire aux deux personnes accusées.
15. Il ressort des pièces du dossier que, par courriel du 30 mai 2017 adressé à Mme D, directrice des ressources humaines, M. A a porté contre cette dernière et contre M. B, son supérieur hiérarchique direct, des accusations liées aux faits de harcèlement et de discrimination qu'il disait subir en raison de ses activités syndicales. Au soutien de sa thèse, M. A se référait à un événement récent, à savoir le refus auquel s'était heurté sa demande de remplacement de son ordinateur professionnel, ainsi qu'à vingt faits qui auraient eu lieu au cours des derniers mois et qui visaient, selon lui, à vider son poste de travail de sa substance. En conclusion, l'intéressé évoquait son isolement, le caractère répétitif de ces humiliations, la dégradation constante de ses conditions de travail, et se plaignait de la souffrance au travail en résultant, ainsi que des répercussions sur son état de santé et sur son moral.
16. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des témoignages des salariés auditionnés par la commission d'enquête, que rien ne permet d'accréditer les faits dénoncés par M. A. Pour autant, si les allégations de ce dernier ne sont pas établies, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait dénoncé ces faits de mauvaise foi, en ayant connaissance de leur fausseté ou de ce qu'ils ne pouvaient être qualifiés de harcèlement moral ou de discrimination. A cet égard, la commission d'enquête a conclu que l'intéressé a manifestement fait preuve de mauvaise foi en raison du " décalage entre les graves accusations portées par Monsieur A et la réalité des faits est tel, qu'il apparaît impossible pour la commission d'enquête que Monsieur A ait pu objectivement ou subjectivement penser être véritablement victime d'une situation de harcèlement moral et de discrimination ". Toutefois, une telle conclusion qui ne peut être regardée comme reposant sur des éléments de faits précis et concrets, traduisant le seul ressenti des membres de la commission d'enquête, ainsi d'ailleurs que la ministre du travail l'a relevé dans ses observations en défense, ne permet pas d'établir la réalité de la mauvaise foi ainsi alléguée.
17. Dans ces conditions, comme l'a relevé la ministre du travail, il existe un doute sur l'imputabilité du grief articulé à l'encontre de M. A, qui doit lui profiter. Il s'ensuit que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la ministre aurait commis une erreur d'appréciation en refusant de retenir les faits sus-analysés à l'encontre du salarié. Par suite, la ministre a pu, à bon droit, estimer que ces faits ne constituaient pas une faute d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement de l'intéressé.
18. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la demande d'autorisation de licenciement est étrangère au mandat de délégué de personnel de M. A est inopérant, dès lors que la décision litigieuse n'est pas fondée sur la circonstance que la demande d'autorisation de licencier ce salarié serait en lien avec son mandat syndical.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de la ministre du travail doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la société Metro France au titre des frais exposés par elle. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Metro France la somme réclamée par M. A au titre des frais exposés à l'occasion du litige.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 1811189 de la société Metro France tendant à l'annulation de la décision de l'inspectrice du travail du 28 février 2018 et de la décision implicite de la ministre du travail du 31 juillet 2018 portant rejet de son recours hiérarchique.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 1811189 est rejeté.
Article 3 : La requête n° 1901181 est rejetée.
Article 4 : Les conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Metro France, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, et à M. C A.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
M. Lebdiri, premier conseiller,
M. Bellity, premier conseiller,
Assistés de Mme Bonfanti, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé
S. LEBDIRI
La présidente,
Signé
H. LE GRIELLa greffière,
Signé
D. BONFANTI
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
Nos 1811189 et 1901181
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026