mardi 15 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1907465 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET TACHNOFF TZAROWSKY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et un mémoire récapitulatif enregistrés les 14 juin 2019, 17 juillet 2020, 4 mars et 14 avril 2022, M. A B et Mme C B, représentés par Me Tachnoff-Tzarowsky, avocate, demandent au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2013 et des pénalités correspondantes.
M. et Mme B soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- l'autorité de la chose jugée ne saurait leur être opposée, dès lors qu'ils avaient invoqué des moyens relatifs à la procédure qui concernait la société Alba international déménagement et qu'ils soulèvent, dans la présente instance, des moyens de procédure relatifs la procédure d'examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle, que le Tribunal n'a pas jugé que la procédure était régulière et que les décisions mentionnées par l'administration étaient des jugements avant-dire droit ;
- ils n'ont pas pu bénéficier d'un débat oral et contradictoire avec le vérificateur ;
- l'avis relatif à l'engagement de la procédure d'examen contradictoire de situation fiscale personnelle ne leur a pas été valablement notifié ; l'administration ne leur a pas remis la charte du contribuable vérifié ;
- M. B s'étant désigné comme bénéficiaire des revenus distribués, l'administration ne pouvait faire jouer la présomption d'appréhension des sommes en litige inhérente à la maîtrise de l'affaire ;
- M. B n'étant pas le seul associé de la société Alba international déménagement, l'administration ne pouvait le désigner comme seul maître de l'affaire ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de l'appréhension par M. B des sommes regardées comme des revenus distribués ;
- l'administration a méconnu les énonciations de la documentation administrative référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-20-40, n° 60, BOI-RPPM-RCM-10-20-20-40, n° 110 et BOI-RPPM-RCM-10-20-20-40, n° 360 ; la majoration de 40 % pour manquement délibéré est insuffisamment motivée ;
- l'administration a méconnu les énonciations de la documentation administrative référencée " Inst. 6 février 1980, 13 L.-1-80 ; D. adm 13 N-1223 n° 15 à 17 du 1er novembre 1990, D. adm 13 N-1611, n° 1 et 2 du 1er avril 1995 ".
Par des mémoires en défense enregistrés les 12 décembre 2019, 25 janvier et 27 octobre 2021, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France conclut au rejet de la requête.
L'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable pour méconnaissance de l'autorité de la chose jugée ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués par M. et Mme B ne sont pas fondés ;
- les nombreuses requêtes similaires présentées par les requérants justifieraient le prononcé d'une amende pour recours abusif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prost, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Barraud, rapporteur public ;
- et les observation de Me Tachnoff-Tzarowsky.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, gérant et associé à hauteur de 95 % des parts sociales de la société Alba international déménagement, et Mme B, détentrice des autres parts sociales, ont fait l'objet d'un examen contradictoire de situation fiscale personnelle au titre des années 2012 et 2013. Par une proposition de rectification en date du 27 mai 2016, l'administration a notifié à M. et Mme B des rectifications en matière d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2013, à raison notamment de sommes regardées comme des revenus distribués par la société Alba international déménagement, ainsi que des pénalités pour manquement délibéré. Par cinq réclamations préalables, ils ont contesté ces impositions et les pénalités afférentes. L'administration a rejeté leur réclamation préalable en date du 14 février 2019, par une décision datée du 11 avril 2019.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
2. Il résulte de l'instruction que, par une ordonnance n° 1802021 du 3 mai 2018, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. et Mme B sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les moyens soulevés, dirigés contre la procédure de vérification de la comptabilité de la société Alba international déménagement, étant inopérants à l'encontre des impositions mises à leur charge. Par la présente requête, M. et Mme B invoquent à nouveau des moyens relatifs à la régularité de la procédure d'imposition. Par suite, l'administration est fondée à soutenir que cette requête était formée par les mêmes contribuables, pour le même impôt et la même année et relevait de la même cause juridique relative à la régularité de la procédure. Par suite, les nouveaux moyens relatifs à la régularité de la procédure, présentés par M. et Mme B, méconnaissent l'autorité de la chose jugée et sont, dès lors, irrecevables.
3. M. et Mme B ayant présenté, par leur mémoire enregistré le 4 mars 2022 et leur mémoire récapitulatif du 14 avril 2022, des moyens relatifs au bien-fondé des impositions en litige et aux pénalités mises à leur charge, il y a lieu d'examiner ces nouveaux moyens, qui ne sont pas irrecevables.
En ce qui concerne le bien-fondé :
4. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ". Aux termes de l'article 117 du code précité : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution () ". En cas de refus des rehaussements par les contribuables qu'elle entend imposer comme bénéficiaires des sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que ceux-ci en ont effectivement disposé. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.
5. Il est constant que l'administration fiscale a, dans un premier temps, demandé, sur le fondement de l'article 117 du code général des impôts, à la société Alba international déménagement de désigner le bénéficiaire des sommes regardées comme des revenus distribués, puis, dans un second temps, considéré en se fondant sur un faisceau d'indices M. B comme maître de l'affaire.
6. Le service a constaté que M. B était gérant de la société Alba international déménagement, qu'il détenait, ainsi qu'il a été dit au point 1, 95 % des parts sociales de cette société et qu'il disposait de la signature de la société. Dans ces conditions, l'administration établit que M. B était bien le seul maître de l'affaire. En se bornant à faire valoir que la société disposait d'un autre associé, en la personne de Mme B, qui détenait 5 % des parts sociales, les requérants ne contestent pas utilement la désignation de l'intéressé comme ayant la maîtrise de l'affaire, dès lors qu'il n'est ni soutenu, ni même allégué que Mme B assurait la gestion de la société, disposait de la signature de la société et devait être regardée comme maître de l'affaire. Dans ces conditions, M. B est réputé, comme seul maître de l'affaire, avoir appréhendé les distributions litigieuses en application des dispositions du c. de l'article 111 du code général des impôts.
7. En outre, M. et Mme B ne peuvent utilement se prévaloir de la désignation de M. B par la société Alba international déménagement en tant que bénéficiaire des revenus distribués dans le cadre de la procédure prévue par l'article 117 du code général des impôts, dès lors que cette désignation ne fait pas obstacle à ce que l'administration impose le maître de l'affaire.
8. M. et Mme B ne sauraient utilement invoquer les énonciations de la documentation administrative publiée au bulletin officiel des finances publiques référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-20-40, n° 60, BOI-RPPM-RCM-10-20-20-40, n° 110 et BOI-RPPM-RCM-10-20-20-40, n° 360, qui ne comporte, au sens de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, aucune interprétation différente de la loi fiscale dont il est fait application dans le présent jugement.
En ce qui concerne les pénalités :
9. Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. / Les sanctions fiscales ne peuvent être prononcées avant l'expiration d'un délai de trente jours à compter de la notification du document par lequel l'administration a fait connaître au contribuable ou redevable concerné la sanction qu'elle se propose d'appliquer, les motifs de celle-ci et la possibilité dont dispose l'intéressé de présenter dans ce délai ses observations. ". Il résulte de ces dispositions que l'administration a l'obligation, au moins trente jours avant la mise en recouvrement de pénalités visées par le second alinéa de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales, d'adresser au contribuable un document comportant la motivation des pénalités qu'elle envisage de lui appliquer, et indiquant qu'il dispose d'un délai de trente jours pour présenter ses observations.
10. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification en date du 27 mai 2016 adressée à M. et Mme B énonce les considérations de droit, à savoir le a. de l'article 1729 du code général des impôts, et les considérations de fait sur lesquelles se fonde la majoration de 40 % pour manquement délibéré dont ont été assorties les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles les intéressés ont été assujettis au titre de l'année 2013 à raison de sommes regardées comme des revenus distribués non déclarés. Elle fait notamment état de ce que M. B, gérant détenant, ainsi qu'il a déjà été dit, 95 % des parts sociales, titulaire de la signature de la société, a été considéré comme maître de l'affaire, qu'il ne pouvait ignorer les sommes importantes qu'il a appréhendées et qu'il n'a pas déclaré ces revenus distribués et donc sciemment diminué les bases imposables à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales pour l'année 2013. Enfin, la proposition de rectification mentionne que, conformément aux dispositions de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales, les requérants disposent d'un délai de trente jours pour présenter leurs observations éventuelles, notamment concernant ces pénalités. Par suite, M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que la majoration de 40 % contestée serait insuffisamment motivée.
11. Les requérants ne sont pas davantage fondés à invoquer la documentation administrative " Inst. 6 février 1980, 13 L.-1-80 ; D. adm 13 N-1223 n° 15 à 17 du 1er novembre 1990, D. adm 13 N-1611, n° 1 et 2 du 1er avril 1995 " qui ne comporte aucune interprétation différente de la loi fiscale de celle dont il vient d'être fait application.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions de l'administration tendant à l'application des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative :
13. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. ".
14. La condamnation à l'amende pour recours abusif prévue à l'article R. 741-12 du code de justice administrative est un pouvoir propre du juge. Dès lors, les conclusions de l'administration fiscale tendant à ce que le Tribunal inflige une amende pour recours abusif à M. et Mme B ne sont pas recevables.
Sur les frais du litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. et Mme B demandent au titre des frais exposés pour eux et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France tendant à ce que M. et Mme B soient condamnés à payer une amende pour recours abusif sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et Mme C B et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
F.-X. PROST
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026