mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1908613 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | HASCOET ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°1811437 du 1er juillet 2019, le premier vice-président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal, sur le fondement de l'article R. 312-14 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 19 novembre 2018 au greffe du tribunal administratif de Montreuil, présentée pour la société Axa France IARD.
Par cette requête et un mémoire complémentaire, enregistré le 26 juin 2020, la société Axa France IARD, représentée par Me Verdon, demande au tribunal :
1 °) à titre principal, de se déclarer incompétent pour statuer sur sa requête ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler le titre de recettes n°804 émis par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) le 16 juillet 2018 pour un montant de 14 284 euros et de débouter l'ONIAM de toutes ses demandes formulées à son encontre ;
3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle s'est conformée à l'indication des voies et délais de recours portés sur le titre exécutoire attaqué mais la juridiction administrative est incompétente pour annuler le titre en litige ;
- le titre exécutoire n°804 a été émis par une autorité incompétente dès lors que l'ONIAM ne peut user du procédé du titre exécutoire pour recouvrer les sommes qu'il estime lui être dues en application des dispositions de l'article L. 1221-14 du code de la santé publique ;
- le titre exécutoire attaqué est irrégulier dès lors qu'il ne comporte pas la signature de l'ordonnateur ;
- le titre en litige est entaché d'un vice de procédure dès lors que l'ONIAM ne justifie pas avoir indemnisé les ayants droit de la victime ;
- le titre exécutoire méconnait l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 dès lors qu'il ne précise pas les bases de liquidation de la créance ;
- l'ONIAM ne justifie d'aucune des conditions requises pour prétendre détenir une créance de garantie certaine, liquide et exigible à l'encontre de l'assureur de l'ancien centre départemental de transfusion sanguine d'Asnières dès lors que l'office ne rapporte la preuve ni de l'existence et du contenu du contrat d'assurance ni de la responsabilité du centre départemental de transfusion sanguine d'Asnières dans la contamination de la victime.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 16 juin 2020 et 1er février 2021, l'ONIAM, représenté par Me Saumon, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal :
1°) à titre reconventionnel, de condamner la société Axa France IARD à lui verser la somme de 14 284 euros, en application des dispositions de l'article L. 1221-14 du code de la santé publique, majorée des intérêts au taux légal à compter du 19 novembre 2018 et de leur capitalisation ;
2°) de condamner la société Axa France IARD à lui verser la somme de 700 euros en remboursement des frais d'expertise ;
3°) d'appeler à la cause la caisse primaire d'assurance maladie de la Réunion ;
4°) de mettre à la charge de la société Axa France IARD la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il s'en rapporte à la sagesse du tribunal s'agissant de la compétence juridictionnelle ;
- les moyens de légalité interne et externe de la requête ne sont pas fondés ;
- la responsabilité de l'établissement français du sang est engagée au motif que Mme B a été contaminée le 24 janvier 1980 par le virus de l'hépatite C à la suite d'une transfusion de produits sanguins fournis par le centre départemental de transfusion sanguine d'Asnières, assuré par la société Axa France IARD ;
- il dispose d'une créance à l'encontre de la société Axa France IARD d'un montant de 14 284 euros correspondant à la somme qu'il a versée aux ayants droit de Mme B ;
- la société Axa France IARD doit être condamnée à lui régler cette somme, à lui verser les intérêts au taux légal à compter du 19 novembre 2018 et leur capitalisation et à prendre en charge les frais d'expertise.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2001-1168 du 11 décembre 2001 ;
- le décret n°98-111 du 27 février 1998 ;
- le code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 6 avril 2021 par une ordonnance du même jour.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) a émis le 16 juillet 2018 un titre exécutoire n°804 d'un montant de 14 284 euros à l'encontre de la société Axa France IARD correspondant à des sommes versées à Mme B en indemnisation de préjudices consécutifs à la contamination de cette dernière par le virus de l'hépatite C à la suite d'une transfusion intervenue le 24 janvier 1980.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 1221-14 du code de la santé publique : " Les victimes de préjudices résultant de la contamination par le virus de l'hépatite B ou C ou le virus T-lymphotropique humain causée par une transfusion de produits sanguins ou une injection de médicaments dérivés du sang réalisée sur les territoires auxquels s'applique le présent chapitre sont indemnisées au titre de la solidarité nationale par l'office mentionné à l'article L. 1142-22 dans les conditions prévues à la seconde phrase du troisième alinéa de l'article L. 3122-1, aux deuxième et troisième alinéas de l'article L. 3122-2, au premier alinéa de l'article L. 3122-3 et à l'article L. 3122-4, à l'exception de la seconde phrase du premier alinéa. / () Lorsque l'office a indemnisé une victime, il peut directement demander à être garanti des sommes qu'il a versées par les assureurs des structures reprises par l'Etablissement français du sang en vertu du B de l'article 18 de la loi n° 98-535 du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la veille sanitaire et du contrôle de la sécurité sanitaire de produits destinés à l'homme, de l'article 60 de la loi de finances rectificative pour 2000 (n° 2000-1353 du 30 décembre 2000) et de l'article 14 de l'ordonnance n° 2005-1087 du 1er septembre 2005 relative aux établissements publics nationaux à caractère sanitaire et aux contentieux en matière de transfusion sanguine, que le dommage subi par la victime soit ou non imputable à une faute () ".
3. L'ordre de juridiction compétent pour connaître de l'action en garantie ouverte à l'ONIAM par l'article L. 1221-14 du code de la santé publique doit être déterminé en fonction de la nature du contrat d'assurance conclu entre l'assureur, contre lequel cette action est dirigée, et la structure de transfusion sanguine reprise par l'Etablissement français du sang. Si ce contrat est de droit privé, la juridiction judiciaire est compétente pour connaître d'une telle action. S'il présente le caractère d'un contrat administratif, l'action en garantie de l'ONIAM doit être portée devant la juridiction administrative.
4. La juridiction compétente pour connaître de l'action en garantie formée par l'ONIAM sur le fondement de ces dispositions l'est également pour connaître de l'opposition formée par l'assureur contre le titre exécutoire émis par l'office, lorsque celui-ci a choisi cette voie pour procéder au recouvrement de sa créance.
5. En l'espèce, l'ONIAM soutient que le titre exécutoire n°804 attaqué est fondé sur un contrat d'assurance couvrant la période du 1er janvier 1978 au 31 décembre 1980 entre l'ancien centre départemental de transfusion sanguine d'Asnières et la société Axa France IARD. La société Axa France IARD ne le conteste pas sérieusement en se bornant à soutenir que l'ONIAM ne rapporte pas la preuve de l'existence ni du contenu de celui-ci. Ainsi, à supposer que le centre départemental de transfusion sanguine d'Asnières, qui a fourni les produits sanguins à l'origine de la contamination transfusionnelle de Mme B du 24 janvier 1980, fût une personne publique, ce contrat ne peut être un contrat administratif par détermination de la loi en application des dispositions combinées de l'article 1er du décret du 27 février 1998 et de l'article 2 de la loi du 11 décembre 2001. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que ce contrat aurait eu pour objet de faire participer l'assureur à l'exécution d'un service public ni qu'il comporte une clause qui implique, dans l'intérêt général, qu'il relève du régime exorbitant des contrats administratifs.
6. Il résulte de ce qui précède que la juridiction administrative n'est compétente pour connaître ni de l'opposition formée par la société Axa France IARD à l'encontre du titre exécutoire n°804 émis par l'ONIAM aux fins de recouvrer les sommes versées à Mme B ni des conclusions formées par l'ONIAM à titre reconventionnel sur le fondement de l'article L. 1221-14 du code de la santé publique et concernant le remboursement des frais d'expertise. Ces conclusions doivent, par suite, être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître, sans qu'il soit besoin de mettre en cause, ainsi que le sollicite l'ONIAM, la caisse primaire d'assurance maladie auprès de laquelle était affiliée la victime.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'ONIAM, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par la société Axa France IARD et non compris dans les dépens. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Axa France IARD la somme demandée par l'ONIAM au titre de ces mêmes frais.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête présentée par la société Axa France IARD est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaitre.
Article 2 : Les conclusions présentées à titre reconventionnel par l'ONIAM tendant à la condamnation de la société Axa France IARD au paiement de la somme de 14 284 euros, majorée des intérêts au taux légal à compter du 19 novembre 2018 et de leur capitalisation, et au paiement des frais d'expertise sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Axa France IARD et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère
et M. Goupillier, premier conseiller,
assistés de Mme Charleston, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
V. A
La présidente,
signé
E. CoblenceLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°1908613
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026