mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1911362 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 10ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | MOULOUADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires complémentaires enregistrés les 10 septembre 2019, 8 février 2021, 10 septembre 2021 et 28 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Moulouade, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 18 juin 2019 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a refusé de lui accorder une remise de sa dette correspondant à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 801,09 euros ;
3°) d'annuler la décision du 10 novembre 2019 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a implicitement rejeté la réclamation relative au bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 801,09 euros mis à sa charge ;
4°) d'enjoindre au Conseil départemental des Hauts-de-Seine de procéder à sa remise de dette ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative.
Il soutient que :
- la décision rejetant la contestation de l'indu est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des articles L. 262-5 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles ;
- il est de bonne foi et en situation de précarité ;
- sa situation administrative, ayant donné lieu au rapport d'enquête, en date du 5 août 2022, n'a pas été réexaminée dès lors que les pièces sollicitées par l'administration ne correspondaient pas à la période concernée par l'indu en litige.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 26 août 2020 et 6 octobre 2022, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre la décision du 18 juin 2019 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a refusé de lui accorder une remise de sa dette correspondant à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 801,09 euros sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une décision, en date du 29 novembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bories, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 11 août 2017, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a notifié à M. A B un indu d'un montant de 6 299,34 euros correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période du 1er janvier 2016 au 31 janvier 2017 ainsi qu'à la prime d'activité. Par la suite, M. B a demandé au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de lui accorder la remise gracieuse de sa dette d'un montant de 3 801,39 euros. Par la décision du 18 juin 2019, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a refusé de lui accorder la remise de cette dette. Par un recours administratif, en date du 10 septembre 2019, M. B a contesté le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge. Par sa requête, M. B demande l'annulation de la décision rejetant cette réclamation et de celle refusant de lui accorder une remise de dette.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Postérieurement à l'enregistrement de la requête, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. B par une décision du 29 novembre 2021. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions relatives au bien-fondé de la créance :
4. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () ".
5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
6. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
7. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête du 26 juillet 2017, que l'agent assermenté en charge du contrôle des droits de M. B au revenu de solidarité active a conclu, en se fondant notamment sur la copie du passeport de ce dernier, communiquée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine par la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine, que le requérant avait résidé hors de France 238 jours au cours de l'année 2016, soit du 22 janvier au 23 février, du 31 mars au 2 mai, du 25 mai au 6 septembre, du 9 septembre au 24 septembre et du 4 novembre au 12 janvier 2017, le contrôleur précisant, par ailleurs, ne pas prendre en considération la période d'hospitalisation de son frère du 25 décembre 2016 au 4 janvier 2017. Si M. B conteste avoir séjourné à l'étranger au cours de ces différentes périodes, il ne l'établit pas, par les pièces versées à l'instance, en particulier par la production d'une copie de son passeport, dont certaines pages sont illisibles. Le conseil départemental a néanmoins, en sollicitant auprès des services de la caisse d'allocations des Hauts-de-Seine une vérification des termes de ce rapport dans la perspective d'une révision de son dossier, offert l'opportunité à M. B de communiquer de nouveaux éléments, dont l'original de son passeport, ainsi que cela apparait très clairement dans les deux courriers qui lui ont adressés par lettre recommandée, respectivement les 29 avril et 7 juin 2022, dont il n'a accusé réception le 9 juin 2022 que de la seconde, le requérant s'abstenant de retirer le premier pli. Ainsi, alors qu'il était invité à établir qu'il n'avait résidé hors de France que 86 jours comme il le prétend, M. B a refusé l'entretien qui lui était proposé le 13 juin 2022 ainsi que cela résulte du rapport du 5 août 2022. Dans ces conditions, le requérant, nonobstant le fait que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui aurait réclamé des documents concernant les années 2019 à 2022 pour justifier son absence, n'est pas fondé à soutenir que l'administration a entaché sa décision d'une erreur dans l'appréciation de sa situation au regard de l'article R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision maintenant l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 801,09 euros à la charge du requérant doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives à la remise de dette :
9. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
10. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prime d'activité ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
11. Comme indiqué au point n°7, il résulte de l'instruction que M. B a omis de déclarer, d'une part, ses séjours à l'étranger de 2016 à 2017. Eu égard à la durée et au caractère répété de ces omissions déclaratives, la bonne foi de M. B n'est pas établie. Au demeurant, le requérant n'établit pas qu'il se trouverait dans une situation de précarité telle qu'il lui serait impossible de rembourser l'indu litigieux, au besoin en se rapprochant des services compétents afin de définir des modalités de remboursement les mieux adaptées à ses capacités financières. Par suite, la remise totale du solde de la dette de revenu de solidarité active n'est pas justifiée et ne peut être accordée.
12. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. B doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle de M. B.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. BoriesLa greffière,
signé
S. Lefebvre
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°191136
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026