jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2001197 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | TRUMER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 janvier 2020, M. C A, représenté par Me Trumer, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 5 décembre 2019 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a refusé de reconnaître l'accident dont il a été victime le 12 mars 2018 comme étant imputable au service ;
2°) d'enjoindre au département des Hauts-de-Seine sa prise en charge à plein traitement ;
3°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine les entiers dépens de l'instance ;
4°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que son accident étant imputable au service, la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2022, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 2 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 janvier 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sitbon, conseiller ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;
- et les observations de Mme B pour le département des Hauts-de-Seine.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint technique principal de 1ère classe des établissements d'enseignement, a été recruté par le département des Hauts-de-Seine le 19 novembre 2005 et affecté au collège Maréchal Leclerc de Puteaux (Hauts-de-Seine). Le 13 avril 2018, il a demandé à son employeur la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident dont il a été victime le 12 mars 2018. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 5 décembre 2019 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale applicable à l'accident de M. A : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".
3. Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Il en va ainsi lorsqu'un suicide ou une tentative de suicide intervient sur le lieu et dans le temps du service, en l'absence de circonstances particulières le détachant du service. Il en va également ainsi, en dehors de ces hypothèses, si le suicide ou la tentative de suicide présente un lien direct avec le service. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel événement, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A, à la suite d'accusations de collègues et d'agents placés sous son autorité mettant en cause son comportement à leur égard, a été convoqué à un entretien avec son supérieur hiérarchique le 12 mars 2018. Il est alors monté sur une fenêtre, a menacé de sauter et, retenu par des agents de l'établissement, s'est jeté à deux reprises la tête contre le mur. Cet évènement soudain et violent doit être regardé comme une tentative de suicide et présente donc le caractère d'un accident, quand bien même la convocation qui en serait à l'origine, selon le département, n'en serait pas un. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 3 ci-dessus, cet incident, survenu sur le lieu et dans le temps du service, est présumé imputable au service. Pour renverser cette présomption, le département fait valoir en défense, du reste sans l'établir, que M. A a entretenu une relation de " défiance " avec son employeur. Toutefois, il ne démontre pas, ni même n'allègue, que les accusations à l'origine de l'entretien du 12 mars 2018, et donc de l'accident, étaient fondées. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'accident serait imputable à un état anxio-dépressif antérieur du requérant, lequel n'est corroboré par aucune pièce médicale versée à l'instance. A cet égard, si le certificat du docteur D du 17 janvier 2020 conclut que M. A " présente un vécu de préjudice avec une composante dépressive ", il ne décrit pas les antécédents psychiatriques du requérant mais son état de santé actuel. Dans ces conditions, à défaut de faute personnelle ou de circonstance particulière de nature à l'en détacher, M. A est fondé à soutenir que l'accident dont il a été victime le 12 mars 2018 est imputable au service, que le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, en rejetant sa demande, a commis une erreur d'appréciation et à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Il résulte de l'instruction que la consolidation de l'accident de M. A a été fixée au 6 décembre 2018. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a donc lieu d'enjoindre au département des Hauts-de-Seine de prendre en charge à plein traitement ses arrêts de travail jusqu'au 6 décembre 2018.
Sur les frais liés au litige :
6. En premier lieu, aucun dépens n'a été exposé pour la présente instance. Les conclusions présentées par M. A sur ce fondement ne peuvent qu'être rejetées.
7. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros réclamée par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La décision du 5 décembre 2019 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a refusé de reconnaître l'accident dont M. A a été victime le 12 mars 2018 imputable au service est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au département des Hauts-de-Seine de prendre en charge à plein traitement les arrêts de travail de M. A jusqu'au 6 décembre 2018.
Article 3 : Le département des Hauts-de-Seine versera à M. A la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de M. A sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au département des Hauts-de-Seine
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente,
M. Carpentier-Daubresse, premier conseiller
M. Sitbon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La présidente,
Signé
C. Oriol
Le rapporteur
Signé
J. Sitbon
La greffière,
Signé
V. Ricaud
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026