vendredi 3 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2003476 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOTON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mars 2020, la société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL DU SUD DE PARIS, représentée par Me Soton, avocat, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2015 et des rappels de la taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL DU SUD DE PARIS soutient que :
- la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires est radicalement viciée, dès lors qu'elle propose une méthode alternative élaborée à partir de la période allant du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2016 aboutissant à un taux d'actes éligibles à la taxe sur la valeur ajoutée de 4,5 % et non de 10 % ;
- la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée contestés doit conduire, par voie de conséquence, à la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre du profit sur le Trésor pour l'année 2015 et à la prise en compte des déficits antérieurs au titre de l'impôt sur les sociétés pour cette même année.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par la société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL DU SUD DE PARIS ne sont pas fondés.
Vu :
- le jugement n° 1821479-1820912 du 18 décembre 2020 du Tribunal administratif de Paris ;
- l'arrêt n° 21PA00823 du 23 septembre 2022, de la Cour administrative d'appel de Paris ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prost, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Barraud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL DU SUD DE PARIS, qui délivre à la fois des prestations à finalité thérapeutique, réparatrice et esthétique, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014. À la suite de ce contrôle, la société s'est vu notifier des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de ces années. Le recours introduit par la société requérante à l'encontre de ces impositions supplémentaires a été rejeté, le 18 décembre 2020, par le jugement n° 1821479-1820912 du Tribunal administratif de Paris, puis par la Cour administrative d'appel de Paris dans un arrêt n° 21PA00823 du 23 septembre 2022. L'administration, ayant constaté que la société n'avait pas déposé de déclarations de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2015, a procédé à un contrôle sur pièces de sa situation fiscale au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2015. Par une proposition de rectification en date du 13 novembre 2018, l'administration lui a notifié, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et, selon la procédure de taxation d'office, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'exercice 2015. Par des réclamations préalables en date des 24 juin et 23 décembre 2019, la société requérante a contesté ces impositions et les pénalités afférentes. L'administration a, par des décisions datées des 24 juin 2019 et 21 janvier 2020, rejeté ces réclamations.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
2. Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : () 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes () ". Aux termes de l'article L. 193 du même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Aux termes de l'article R. 193-1 de ce livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. ".
3. En l'espèce, il est constant que, faute pour la société requérante d'avoir déposé des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2015, le service vérificateur a eu recours à la procédure de taxation d'office, prévue à l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, pour procéder aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige. Par suite, la requérante supporte la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions supplémentaires mises à sa charge à raison de ces rectifications, en application des dispositions précitées de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales.
En ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :
4. Aux termes de l'article 269 du code général des impôts : " 1. Le fait générateur de la taxe se produit : / a) Au moment où la livraison, l'acquisition intracommunautaire du bien ou la prestation de services est effectué () 2. La taxe est exigible : () c) Pour les prestations de services autres que celles visées au b bis, lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits () ".
5. La société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL SUD DE PARIS, qui assure, ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, des prestations à finalité thérapeutique ou réparatrice, exonérées de taxe sur la valeur ajoutée, et des prestations à finalité esthétique soumises à cette taxe, n'a pas déposé de déclaration de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2015. Le service vérificateur a reconstitué le chiffre d'affaires de la société soumis à la taxe sur la valeur ajoutée pour l'année 2015 en retenant la moyenne des taux d'actes soumis à la taxe sur la valeur ajoutée due au titre des années 2013 et 2014, établis à l'occasion d'une précédente procédure de vérification de comptabilité.
6. La société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL SUD DE PARIS conteste la méthode de reconstitution retenue par le service au titre de l'année 2015 au motif qu'elle repose sur des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2013 et 2014 établis à partir d'une méthode elle-même contestée devant la juridiction administrative. La société requérante soutient que cette méthode conduit à majorer le nombre d'actes éligibles à la taxe sur la valeur ajoutée et propose une nouvelle méthode alternative, établie par un huissier de justice, consistant à retenir par sondage 621 consultations anonymisées sur un nombre total de 23 710 dossiers sur la période comprise entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2016. Cette méthode alternative aboutirait à retenir un taux de 4,5 % d'actes esthétiques, éligibles à la taxe sur la valeur ajoutée, au lieu des 10 % retenus par le service.
7. Il résulte de l'instruction que la requête par laquelle la société requérante a contesté la méthode de reconstitution de chiffre d'affaires portant sur les années 2013 et 2014 et proposé la méthode alternative présentée ci-dessus a été, ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, rejetée, le 18 décembre 2020, par le jugement n° 1821479-1820912 du Tribunal administratif de Paris, décision confirmée par l'arrêt n° 21PA00823, en date du 23 septembre 2022, de la Cour administrative d'appel de Paris. En l'espèce, la société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL SUD DE PARIS, à qui incombe la charge de la preuve, se borne à proposer, au titre de la présente instance, la même méthode alternative de reconstitution de chiffre d'affaires, évoquée ci-dessus, et ne produit aucune preuve quant à l'indication thérapeutique des actes qu'elle estime devoir être pris en compte pour déterminer son chiffre d'affaires. Dans ces conditions, la société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL SUD DE PARIS ne conteste pas utilement la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires soumis à la taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2015 établie par l'administration et n'est donc pas fondée à soutenir que cette méthode serait radicalement viciée ou excessivement sommaire.
8. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires soumis à la taxe sur la valeur ajoutée n'étant pas sérieusement contestée, la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés qui en résultent au titre du profit de taxe sur la valeur ajoutée. De la même manière, la société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL DU SUD DE PARIS n'apporte aucun élément à même de conduire à une décharge au titre de la prise en compte des déficits antérieurs imputables.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de la société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL DU SUD DE PARIS doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL DU SUD DE PARIS est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société CENTRE DERMATOLOGIE ET LASER MEDICAL DU SUD DE PARIS et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 20 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2023.
Le rapporteur,
signé
F.-X. PROST
Le président,
signé
K. KELFANI
La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026