lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2013442 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | SEREE DE ROCH LUDOVIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 22 décembre 2020, 2 mars 2022 et 2 mai 2024, Mme B A représentée par Me Seree de Roch, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 octobre 2020 par laquelle Pôle Emploi Occitanie a classé sans suite sa demande d'octroi d'allocation de solidarité spécifique ;
2°) de mettre à la charge de Pôle emploi la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le tribunal administratif est compétent dès lors que la décision contestée concerne son affiliation ou sa radiation à Pôle Emploi ;
- la décision en litige qui constitue une sanction est entachée d'une insuffisance de motivation qui révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une inexactitude matérielle des faits et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a envoyé les documents qui lui avaient été demandés.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 16 mars 2021 et 23 mai 2024, Pôle emploi Services, devenu France TRAVAIL services, conclut à titre principal à l'incompétence du juge administratif, au non-lieu à statuer et à titre subsidiaire au rejet de la requête au fond.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Colin, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, dont les droits au versement de l'aide au retour à l'emploi arrivaient à expiration le 16 juin 2020, a été destinataire, le 18 mai 2020, d'un courrier de Pôle emploi l'invitant à déposer une demande d'allocation de solidarité spécifique et à remplir, à cette fin, le formulaire joint à ce courrier qu'elle a renvoyé le 12 juin 2020. La requérante a été informée, par un courrier du 24 juin 2020 que l'évolution de sa situation nécessitait l'étude de sa qualité de salariée au sein de la SARL du BON ACCUEIL et a été invitée à produire des pièces complémentaires. Elle a été relancée par courriers des 17 juillet, 26 août et 18 septembre 2020. Le 23 octobre 2020, le directeur de l'agence Pôle emploi Occitanie a classé sans suite la demande présentée par Mme A au motif qu'en dépit des demandes qui lui avaient été adressées, celle-ci n'a pas fourni les documents complémentaires demandés. L'intéressée demande l'annulation de cette décision.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative opposée par France Travail :
2. Aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : () 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et de l'allocation des travailleurs indépendants et, pour le compte de l'Etat, le service des allocations de solidarité () ". Aux termes de l'article L. 5312-12 du même code : " Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage ou de l'Etat sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution. ". Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi de laquelle elles sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s'est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi à l'Agence nationale pour l'emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Assedic), reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s'agissant des prestations servies au titre du régime d'assurance chômage. En revanche, un litige relatif aux prestations servies au titre du régime de solidarité relève de la compétence de la juridiction administrative, qu'il porte sur le droit aux prestations ou sur les modalités de leur versement ou, dès lors que n'est pas en cause la régularité d'un acte de poursuite, sur leur récupération en cas d'indu.
3. France Travail fait valoir que le litige relève de la compétence de la juridiction judiciaire dès lors que l'étude du dossier de Mme A a eu lieu dans le cadre de l'examen de l'aide au retour à l'emploi dont elle bénéficiait depuis le mois de janvier 2019 et dont la fin d'indemnisation était prévue le 16 juin 2020. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la décision en litige fait suite à la demande d'allocation de solidarité spécifique formée par la requérante le 12 juin 2020 à la suite de laquelle Pôle emploi a sollicité des documents complémentaires pour étudier sa qualité de salarié au sein de la SARL DU BON ACCUEIL où elle a travaillé du 1er août 2017 au 31 octobre 2018. Par suite, l'exception d'incompétence ne peut être accueillie.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
4. En faisant valoir que la situation de Mme A a été régularisée, France Travail doit être regardé comme soutenant que l'objet du litige a disparu. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la régularisation du dossier de Mme A dont se prévaut France Travail concernait le versement de l'aide au retour à l'emploi dont elle a obtenu un paiement de régularisation d'un montant de 3 146,54 euros le 21 janvier 2022 pour la période de janvier 2019 à mai 2020 alors que, par sa demande du 12 juin 2020, la requérante sollicite le versement de l'allocation de solidarité spécifique à compter de l'expiration de ses droits le 16 juin 2020. Par suite, la requête tendant à l'annulation de la décision de classement sans suite de sa demande d'allocation de solidarité spécifique n'est pas devenue dépourvue d'objet et l'exception de non lieu à statuer ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de classement sans suite :
5. En premier lieu, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active ou à l'aide exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
6. Dès lors, il appartient au tribunal de se prononcer directement sur les droits de Mme A à l'allocation de solidarité spécifique, sans avoir à se prononcer sur le vice propre de l'acte invoqué par la requérante. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation qui concerne un éventuel vice propre de la décision attaquée et est dépourvu d'influence sur les droits réels du demandeur de l'allocation qui sont déterminés par le juge dans le cadre du recours contentieux, doit être écarté comme inopérant.
7. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que l'examen de la situation de Mme A n'aurait pas fait l'objet d'un examen sérieux alors que la décision mentionne la demande présentée par la requérante le 12 juin 2020, la raison pour laquelle des pièces complémentaires lui ont été demandées et les deux relances restées sans suite des 26 août et 18 septembre 2020. Le moyen doit dès lors être écarté.
8. Il résulte de l'instruction que le 24 juin 2020 les services de Pôle emploi ont adressé à Mme A, en réponse à sa demande d'allocation de solidarité spécifique, un courrier lui indiquant que l'évolution de sa situation nécessitait une étude de sa qualité de salarié au sein de l'entreprise " SARL DU BON ACCUEIL " en l'invitant à produire le questionnaire demandeur, l'attestation bancaire précisant le nom des délégataires, son contrat de travail, les photocopies d'un extrait récent du registre du commerce et des sociétés, de sa feuille de présence à l'assemblée générale, de ses 12 derniers bulletins de salaire, et des statuts. Par un courrier du 26 août 2020 lui ont également été réclamées les photocopies des cessations et des nominations de mandat, l'attestation bancaire précisant le nom des délégataires et des types de procuration. Ces documents lui ont été de nouveau réclamés le 18 septembre 2020 outre son contrat de travail avec la " SARL DU BON ACCUEIL " et les statuts de la SARL MOCHATO.
9. Il résulte de l'instruction que la requérante a procédé à l'envoi de documents qui lui ont été réclamés dans le courrier de relance du 17 juillet 2020, par un courrier recommandé dont Pôle emploi a accusé réception le 30 juillet 2020. En revanche, Mme A n'établit pas que Pôle emploi ait accusé réception de son envoi du 28 août 2020 comportant les pièces complémentaires réclamées le 26 août 2020. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que Pôle emploi aurait entaché sa décision de classement sans suite de sa demande d'allocation de solidarité spécifique d'une inexactitude matérielle des faits et d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées. Néanmoins, la requérante si elle s'y croit fondée peut présenter une nouvelle demande auprès de France travail qui sera examinée au regard de sa situation actuelle.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Pôle emploi Services devenu France Travail Services, qui n'est pas la partie perdante à l'instance la somme que demande Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à France Travail Services.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
Mme Colin, première conseillère,
M. Jacquelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
C. COLIN
La présidente,
signé
H. LE GRIELLa greffière,
signé
E. PRADEL
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°201344
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026