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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2100934

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2100934

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2100934
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSERMOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 janvier 2021 et le 1er avril 2022, M. E C , représenté par Me Sermot, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Clichy-La-Garenne (Hauts-de-Seine) à lui verser la somme de 62 336,60 euros en réparation des préjudices nés du non-renouvellement de son contrat à durée déterminée, à assortir des intérêts de droit et de leur capitalisation à compter du 6 octobre 2020 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Clichy-La-Garenne la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la commune de Clichy-La-Garenne a commis plusieurs fautes qui engagent sa responsabilité : son dernier contrat à durée déterminée méconnaît l'article 3-3 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et doit être à ce titre requalifié en contrat à durée indéterminée ; il a été employé dans le cadre de contrats à durée déterminée pour occuper le même poste pendant près de quatorze ans, ce qui constitue un recours abusif à de tels contrats ; la décision de non-renouvellement de son contrat de travail est entachée de vices de procédure dès lors que l'évaluation sur laquelle elle est fondée ne lui a pas été communiquée et qu'il n'a pas été mis à même de faire part de ses observations ;

- il en est résulté un préjudice de 12 336,60 euros au titre de l'indemnité de licenciement qui lui est due, de 40 000 euros au titre de son préjudice financier et des troubles dans ses conditions d'existence et de 10 000 euros au titre de son préjudice moral.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2022, la commune de Clichy-La-Garenne, représentée par Me A et Me Marcantoni, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. C au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'elle n'a commis aucune faute et que les préjudices invoqués sont inexistants et, en tout état de cause, surévalués.

Par une ordonnance du 4 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 mai 2022 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 1999/70/CE du 28 juin 1999 ;

- le code civil ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cordary, première conseillère ;

- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;

- les observations de Me Rouxel, substituant Me Sermot pour M. C ;

- et les observations de Me A pour la commune de Clichy-La-Garenne.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, adjoint technique contractuel de la commune de Clichy-La-Garenne (Hauts-de-Seine) depuis le 31 août 2006, a exercé les fonctions d'agent d'entretien jusqu'au 31 janvier 2007 puis employé en qualité de gardien des salles municipales. Par un courrier du 23 juin 2020, la commune de Clichy-La-Garenne l'a informé que son contrat à durée déterminée qui se terminait le 30 septembre 2020 ne serait pas renouvelé. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de condamner la commune de Clichy-La-Garenne à l'indemniser à concurrence de 62 336,60 euros des préjudices subséquemment subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne l'engagement de la responsabilité de la commune de Clichy-La-Garenne :

S'agissant de la requalification du dernier contrat à durée déterminée de M. C en contrat à durée indéterminée :

2. Aux termes de l'article 3-3 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable à la date de la signature du dernier contrat de M. C : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : / 1° Lorsqu'il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; / 2° Pour les emplois du niveau de la catégorie A lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi ; / 3° Pour les emplois de secrétaire de mairie des communes de moins de 1 000 habitants et de secrétaire des groupements composés de communes dont la population moyenne est inférieure à ce seuil ; / 4° Pour les emplois à temps non complet des communes de moins de 1 000 habitants et des groupements composés de communes dont la population moyenne est inférieure à ce seuil, lorsque la quotité de temps de travail est inférieure à 50 % ; / 5° Pour les emplois des communes de moins de 2 000 habitants et des groupements de communes de moins de 10 000 habitants dont la création ou la suppression dépend de la décision d'une autorité qui s'impose à la collectivité ou à l'établissement en matière de création, de changement de périmètre ou de suppression d'un service public. / Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. / Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée. ".

3. Il ne résulte pas de l'instruction que l'emploi occupé par M. C, correspondant au cadre d'emploi de catégorie C des adjoints techniques territoriaux dans une commune de plus de 50 000 habitants, remplissait l'une des conditions exhaustivement énumérées à l'article 3-3 précité de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que son dernier contrat à durée déterminée, au demeurant conclu sur le fondement de l'article 3-2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, aurait dû être requalifié en contrat à durée indéterminée.

S'agissant du recours abusif à des contrat à durée déterminée :

4. Aux termes de l'article 3 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 : " Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : / 1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs ; / 2° Un accroissement saisonnier d'activité, pour une durée maximale de six mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de douze mois consécutifs. () ". Selon l'article 3-1 de la même loi : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et pour répondre à des besoins temporaires, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour assurer le remplacement temporaire de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un détachement de courte durée, d'une disponibilité de courte durée prononcée d'office, de droit ou sur demande pour raisons familiales, (). / Les contrats établis sur le fondement du premier alinéa sont conclus pour une durée déterminée et renouvelés, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence du fonctionnaire ou de l'agent contractuel à remplacer. Ils peuvent prendre effet avant le départ de cet agent. " Selon l'article 3-2 de la même loi : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et pour les besoins de continuité du service, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. / Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an. Il ne peut l'être que lorsque la communication requise à l'article 41 a été effectuée. () "

5. Si les dispositions précitées des articles 3 à 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 offrent la possibilité aux collectivités territoriales de recourir, le cas échéant et dans les conditions qu'elles définissent, à une succession de contrats à durée déterminée, elles ne font cependant pas obstacle à ce qu'en cas de renouvellement abusif de tels contrats, l'agent concerné puisse se voir reconnaître un droit à l'indemnisation du préjudice éventuellement subi lors de l'interruption de la relation d'emploi, évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Dans cette hypothèse, il incombe au juge, pour apprécier si le recours à des contrats à durée déterminée successifs présente un caractère abusif, de prendre en compte l'ensemble des circonstances de fait qui lui sont soumises, notamment la nature des fonctions exercées, le type d'organisme employeur ainsi que le nombre et la durée cumulée des contrats en cause.

6. Il résulte de l'instruction qu'à compter du 1er octobre 2012, les contrats successifs de M. C se référaient aux dispositions de l'article 3-2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 autorisant le recrutement d'agents contractuels sur des emplois permanents pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. Or, il a été employé de manière continue du 31 août 2006 au 30 septembre 2020, en qualité d'agent d'entretien puis de gardien des salles municipales, soit plus de treize ans sur son dernier poste. La commune de Clichy-La-Garenne n'établit ni même n'allègue avoir recherché à employer un fonctionnaire pour l'occuper, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'emploi de M. C dérogeait au principe selon lequel il aurait dû être occupé par un fonctionnaire. Dans ces conditions, M. C, qui a été recruté sans interruption pendant plus de quatorze ans et renouvelé dans ses fonctions par dix-huit contrats à durée déterminée successifs, est fondé à soutenir que la commune de Clichy-La-Garenne a commis une faute en recourant de manière abusive à des contrats à durée déterminée.

S'agissant de non-renouvellement fautif de son contrat à durée déterminée :

7. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Dès lors qu'elles sont de nature à caractériser un intérêt du service justifiant le non renouvellement du contrat, la circonstance que des considérations relatives à la personne de l'agent soient par ailleurs susceptibles de justifier une sanction disciplinaire ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'une décision de non renouvellement du contrat soit légalement prise, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.

8. Il est constant que la décision de non-renouvellement du contrat de M. C, motivée par l'évaluation réalisée par sa hiérarchie, a été prise au regard de considérations tenant à sa personne. Si la circonstance que cette évaluation, mentionnée comme motif de la décision de non-renouvellement, n'ait pas été communiquée à l'intéressé n'est pas de nature à entacher cette dernière d'un vice de procédure, une telle obligation ne relevant d'aucun texte de nature législative ou réglementaire, il appartenait en revanche à la commune de Clichy-La-Garenne de mettre à même l'intéressé de faire valoir ses observations. Si la commune soutient avoir invité M. C, " par bienveillance ", à un entretien prévu le 10 juillet 2020 à 11 heures 30, elle ne l'établit pas en se bornant à verser à l'instant une notification d'agenda outlook, notifiant un créneau intitulé " Rdv avec M. C " sur l'agenda de M. A, organisé par Mme B, et prévu dans le bureau de M. D, ainsi qu'un échange de courriels entre la hiérarchie confirmant que M. C ne s'est pas rendu à l'entretien, alors que l'intéressé soutient n'en avoir jamais été informé. Dans ces conditions, la commune de Clichy-La-Garenne a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en entachant la décision de non-renouvellement du contrat de M. C d'un vice de procédure.

En ce qui concerne les préjudices :

S'agissant du préjudice résultant du recours abusif à des contrats à durée déterminée :

9. La commune de Clichy-La-Garenne ayant commis une faute en recourant de manière abusive pour le recruter à des contrats à durée déterminée, M. C a droit à l'indemnisation du préjudice subi lors de l'interruption de sa relation d'emploi, évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Il demande à être indemnisé d'un montant correspondant à l'indemnité de licenciement qu'il aurait perçue dans ce cadre.

10. Aux termes de l'article 43 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " En cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, une indemnité de licenciement est versée à l'agent recruté pour une durée indéterminée () ". L'article 45 du même décret dispose que : " La rémunération servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est la dernière rémunération nette des cotisations de la sécurité sociale et, le cas échéant, des cotisations d'un régime de prévoyance complémentaire, effectivement perçue au cours du mois civil précédant le licenciement. Elle ne comprend ni les prestations familiales, ni le supplément familial de traitement, ni les indemnités pour travaux supplémentaires ou autres indemnités accessoires. () ". Enfin, selon l'article 46 du même décret : " L'indemnité de licenciement est égale à la moitié de la rémunération de base définie à l'article précédent pour chacune des douze premières années de services, au tiers de la même rémunération pour chacune des années suivantes, sans pouvoir excéder douze fois la rémunération de base. (). Pour l'application de cet article, toute fraction de service égale ou supérieure à six mois sera comptée pour un an ; toute fraction de service inférieure à six mois n'est pas prise en compte. "

11. La dernière rémunération nette perçue par M. C, en date du mois de septembre 2020, s'élève à 1 878,67 euros, dont il y a lieu de déduire le supplément familial de traitement, le solde de la prime annuelle, l'indemnité administrative de technicité et l'indemnité compensatrice, en applications des dispositions précitées. Dès lors que M. C a accompli quatorze années et un mois de service pour la commune de Clichy-La-Garenne, il sera fait une juste appréciation de l'indemnité à laquelle il a droit en réparation de son préjudice en la fixant à 7 000 euros.

S'agissant du préjudice résultant du non-renouvellement fautif du contrat :

12. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité, pour un vice de procédure, de la décision lui infligeant une sanction, il appartient au juge de plein contentieux, saisi de moyens en ce sens, de déterminer, en premier lieu, la nature de cette irrégularité procédurale puis, en second lieu, de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si, compte tenu de la nature et de la gravité de cette irrégularité procédurale, la même décision aurait pu être légalement prise, s'agissant tant du principe même de la sanction que de son quantum, dans le cadre d'une procédure régulière.

13. L'illégalité affectant la procédure à l'issue de laquelle le contrat de M. C n'a pas été renouvelé est constitutive d'une faute susceptible d'engager la responsabilité de son employeur. Toutefois, il résulte de l'instruction que plusieurs associations ont rencontré des difficultés d'accès aux salles dont M. C avait la responsabilité au cours de l'année 2019, en raison de l'absence non signalée de ce dernier, qui s'est par ailleurs montré agressif envers la responsable du service " gestion des carrières " à deux reprises, les 9 et 16 décembre 2019. Ces faits, qui ne sont pas utilement contredits par M. C, étaient de nature à justifier légalement l'absence de renouvellement de son contrat. La même mesure aurait donc pu être légalement prise à la suite d'une procédure régulière. Par suite, le seul vice de procédure dont est entaché le non-renouvellement du contrat de M. C n'est pas de nature à lui ouvrir droit à une indemnité.

S'agissant du préjudice moral :

14. M. C sollicite la somme de 10 000 euros au titre du préjudice moral dès lors que la perte de revenu qu'il a subie a été immédiate et brutale, au sortir du confinement. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Clichy-la-Garenne est condamnée à verser la somme globale de 9 000 euros à M. C.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

16. En premier lieu, aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ".

17. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.

18. M. C demande que les indemnités allouées par le présent jugement soient assorties des intérêts au taux légal. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 7 octobre 2020, date de la réception de sa réclamation indemnitaire préalable par la commune de Clichy-La-Garenne.

19. En second lieu, aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. ".

20. Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande prend toutefois effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée et pourvu qu'à cette date il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.

21. La capitalisation des intérêts a été demandée le 19 janvier 2021. A cette date, ils n'étaient pas dus pour une année entière. Il y a donc lieu de faire droit à cette demande à compter du 7 octobre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Clichy-La-Garenne la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les conclusions de la commune de Clichy-La-Garenne présentées sur le même fondement ne peuvent qu'être rejetées.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La commune de Clichy-La-Garenne versera à M. C la somme de 9 000 euros au titre des préjudices subis, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts, conformément aux modalités précisées aux points 15 à 20 du présent jugement.

Article 2 : La commune de Clichy-La-Garenne versera à M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de la requête de M. C sont rejetées pour le surplus.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Clichy-la-Garenne présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et à la commune de Clichy-La-Garenne.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Gay-Heuzey, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024 .

La rapporteure,

Signé

C. CORDARY

La présidente,

Signé

C. ORIOLLa greffière,

Signé

V. RICAUD

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La greffière

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