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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2101218

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2101218

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2101218
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBIGNON LEBRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2021, la SCI Thonic, représentée par Me Tollard-Mourneizon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2020 par lequel le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine a délivré un permis de construire valant permis de démolir à la société In'Li, relatif à un projet de construction d'un ensemble immobilier de quarante-six logements et un commerce, sur un terrain situé 55-59 avenue Gabriel, ensemble, la décision par laquelle le recours gracieux qu'elle avait formé contre cet arrêté a été rejeté ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Asnières-sur-Seine une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence de son auteur ;

- les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme n'ont pas été respectées ;

- l'article UPg 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) a été méconnu, l'accès au terrain d'assiette du projet présentant un risque pour la sécurité publique ;

- l'article UPg 4.4 du règlement du PLU a été méconnu dès lors qu'il manque un local dédié aux déchets spécifique au commerce inclus dans l'immeuble ;

- l'article UPg 7.1.1 du règlement du PLU n'a pas été respecté par le système de ventilation haute du parking souterrain, en méconnaissance des règles de prospect ;

- l'article UPg 11 du PLU a été méconnu ;

- les dispositions de l'article 2 du règlement de la zone B du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) ont été méconnues, en ce qui concerne un logement T2 prévu à rez-de-chaussée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2021, la commune d'Asnières-sur-Seine conclut au rejet de la requête ;

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable, faute d'intérêt à agir de la requérante ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la SCI Thonic ne sont pas fondés ;

- un sursis à statuer en l'attente d'une régularisation, pourrait être ordonné, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire enregistré le 2 juillet 2021, la société In'Li, représentée par la SCP Bignon-Lebray, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la SCI Thonic une somme de 5 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable, à défaut d'intérêt et de qualité à agir ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la SCI Thonic ne sont pas fondés ;

- à titre infiniment subsidiaire et en l'attente d'une régularisation, une annulation partielle pourrait être ordonnée, en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, ou bien un sursis à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du même code.

Par ordonnance du 19 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2021.

Par un courrier du 7 juin 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête en l'absence de preuve de notification du recours contentieux à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt de ce recours, conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le plan local d'urbanisme de la commune d'Asnières-sur-Seine ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public,

- et les observations de M. A, représentant la commune d'Asnières-sur-Seine et de Me Charron, représentant la société In'Li.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI Thonic demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2020 par lequel le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine a délivré un permis de construire valant permis de démolir à la société In'Li, relatif à un projet de construction d'un ensemble immobilier de quarante-six logements et un commerce, sur un terrain situé 55-59 avenue Gabriel, ensemble, la décision par laquelle le recours gracieux qu'elle avait formé contre cet arrêté a été rejeté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. ". L'article L. 2131-1 du même code dispose que : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. (). Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. (). ".

3. Par un arrêté du 28 mai 2020 publié et transmis au représentant de l'Etat le même jour, tel que l'indique la mention apposée sur cet arrêté, laquelle fait foi jusqu'à preuve du contraire en l'occurrence non rapportée, le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine a donné : " délégation de fonction et de signature à M. B E, premier adjoint au maire délégué à l'urbanisme, pour la signature de tout acte lié au bon fonctionnement de sa délégation, qu'il soit préparatoire ou décisionnel, tels que courriers, actes réglementaires, actes individuels, actes contractuels et autres pièces administratives, dans les domaines et matières suivantes : - à l'urbanisme, pour signer tous les actes, tels que précités, relatifs à l'occupation et à l'utilisation du sol régis par le code de l'urbanisme, (). ". Ainsi, M. B E, signataire de l'arrêté attaqué, disposait d'une délégation de fonction régulière pour ce faire, conformément aux dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : () b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". Selon l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; (). ". Aux termes de l'article R. 431-10 dudit code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme précités, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. Il ressort du document graphique représentant l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et des photographies de l'existant, joints au dossier de demande de permis, que le bâtiment projeté s'implantera en limite de propriété sud- sud-est, avec le terrain d'assiette de la maison qu'occupe la société requérante. Il sera également en limite d'un espace public adjacent situé à l'angle des rue Louise et avenue Gabriel Péri, très arboré qui, de ce fait, masque les maisons desservies par la rue Louise, notamment cette maison. Toutefois, le plan de masse, les élévations sud et sud-est et le plan des héberges joints au dossier, notamment les héberges sud et ouest, informaient l'autorité administrative de manière suffisamment précise sur les hauteurs respectives des bâtiments situés au pourtour du terrain d'assiette de l'opération. Par suite, la circonstance que des arbres masquent la maison n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée sur la conformité du projet en litige à la réglementation applicable, notamment du point de vue de son impact visuel sur son environnement immédiat. En outre, la notice descriptive de l'opération jointe à la demande décrivait précisément les abords immédiats du terrain comme étant constitués essentiellement d'immeubles collectifs, outre de quelques constructions plus modestes à RDC+1 ou RDC+2, l'ensemble présentant une hétérogénéité d'architecture. Le parti d'aménagement retenu, afin d'assurer l'insertion du projet dans son environnement, y est également décrit comme consistant à s'implanter au plus près de l'immeuble à rez-de-chaussée et six étages, situé au nord du terrain, afin de préserver le cœur d'ilot vers l'ouest et à prévoir en partie sud, au droit du terrain de la requérante, un pignon formant une accroche pour d'éventuels futurs immeubles, recouvert, en l'attente, d'une fresque. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article UPg3 du plan local d'urbanisme de la commune d'Asnières-sur-Seine, relatif aux accès aux voies ouvertes au public : " Ils peuvent être refusés si les accès sont insuffisamment dimensionnés compte tenu du nombre de logements ou du nombre de m² de surface de plancher projetés ou si les accès présentent un risque pour la sécurité des personnes. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu de la disposition des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. ". En outre, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

7. Il est constant que l'avenue Gabriel Péri, qui dessert le terrain d'assiette de l'opération en litige est une voie départementale séparant les communes de Gennevilliers et d'Asnières-sur-Seine, constituant un axe de circulation important de la commune et supportant un trafic dense. Toutefois, cette opération ne prévoit de créer que vingt-quatre places de stationnement et n'augmentera pas ainsi de manière substantielle le trafic préexistant de cette voie de desserte. En outre, la SCI Thonic ne fait état d'aucun élément de nature à caractériser un risque collision au niveau des sorties et entrées de véhicules dans le parking souterrain du bâtiment projeté. Dès lors, le moyen tiré de ce que les dispositions précitées de l'article UPg3 du PLU ont été méconnues doit être écarté comme inopérant.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article UPg4-4. du règlement du PLU : " Déchets aménagés et assimilés : 4-4-1.- A l'occasion de toute construction (y compris maison individuelle), est créé un local ou des locaux déchets. Dans le cas d'une opération comprenant une ou plusieurs cellules commerciales, des locaux spécifiques pour les commerces devront être prévus et aménagés dans le volume de la cellule commerciale. (). ".

9. En l'espèce, si le permis initialement accordé ne comportait aucun local spécifiquement dédié à la collecte des déchets du local commercial prévu au RDC du bâtiment projeté, le permis " rectificatif " du 17 juin 2021, susmentionné, prescrit que, dans le cadre de l'aménagement à venir de ce local commercial et afin de satisfaire aux dispositions de l'article UPg 4-4-1 du règlement du PLU, un local déchet devra obligatoirement être aménagé dans le volume dudit local commercial. Cette prescription ayant régularisé le vice dont le permis initial était entaché, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UPg 4-4-1 du règlement du PLU doit être écarté comme inopérant.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article UPg 7 du règlement du PLU : " implantation des constructions par rapport aux limites séparatives - 7-1-1 A l'intérieur de la zone UPg : les constructions s'implantent sur les limites séparatives ou en retrait. Si la construction s'implante en retrait, la distance comptée perpendiculairement de tout point de la construction au point le plus proche de la limite séparative, doit être au moins égale à la moitié de la hauteur du bâtiment, mesurée à l'égout du toit sans pouvoir être inférieure à quatre mètres, à l'exception des modénatures d'une épaisseur inférieure ou égale à 30 cm. (). ". En outre, ces dispositions sont éclairées par la définition donnée au lexique d'urbanisme communal intégré au règlement du PLU, selon lequel : " " Est considérée comme annexe, une construction qui répond aux conditions cumulatives ci-après : - une construction de dimensions réduites et inférieures à la construction principale, qui apporte un complément aux fonctionnalités de la construction principale ; - une construction non affectée à l'habitation ou à l'activité, qui entretient un lien fonctionnel avec la construction principale, à usage de garage, abri de jardin, remise à bois etc. - une construction non contiguë à une construction principale ; - d'une hauteur maximale inférieure ou égale à 3,20 mètres. Une construction annexe ne doit pas générer de surface de plancher. ". Aucun arrêté ministériel, tel qu'il est prévu par l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, n'a approuvé le lexique national d'urbanisme pour lui donner valeur règlementaire. La commune ne peut dès lors utilement se prévaloir sur ce point de la définition d'une construction donnée par ce lexique élaboré par les services du ministère en charge de l'urbanisme.

11. Les dispositions de l'article 7 précitées n'ont d'effet utile que pour réglementer la distance minimale aux limites séparatives à respecter par les bâtiments et non par toutes les constructions, quel que soit leur type, dans la mesure où le respect de la distance minimale qu'elles imposent de respecter se vérifie au seul regard de la moitié de la hauteur du bâtiment, mesurée à l'égout du toit. La société bénéficiaire du permis attaqué affirme que le système de ventilation haute du parking souterrain affecté au stationnement des quarante-six logements projetés, lequel présente une emprise au sol d'environ 5 m² et est installé à moins de quatre mètres de la limite séparative ouest avec la parcelle R 284, n'est qu'un simple édicule technique s'élevant au-dessus du sol de quelques centimètres d'épaisseur seulement. S'il s'agit donc ainsi d'une construction annexe, selon la définition donnée d'une telle construction par le lexique communal susmentionné, il ne s'agit pas, pour autant d'un bâtiment, dès lors qu'il n'abrite aucune activité humaine et ne comporte aucune façade avec ou sans ouverture, de type porte ou fenêtre et encore moins un toit et un égout du toit. Il en découle que les dispositions de l'article UPg7 précitées n'ont pas vocation à s'appliquer à cette installation technique. Le moyen tiré de leur méconnaissance doit donc être écarté comme inopérant.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article UPg 11 du règlement du PLU : " Aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords ainsi que prescriptions de nature à assurer la protection des éléments de paysages, des quartiers, ilots, immeubles, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger : 11-1 : dispositions générales : par leur volume, leur architecture, les matériaux employés, les couleurs, les constructions doivent être intégrées de manière harmonieuse dans le paysage urbain dans lequel elles sont situées. Tout projet peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions particulières si les constructions ou utilisations du sol concernées, par leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. (). ".

13. Il ressort des pièces du dossier, notamment des pièces graphiques ainsi que de la notice descriptive de l'opération, que le secteur concerné est en cours de profonde mutation urbaine. Ainsi, au sud-ouest du terrain en litige se présente un groupe de petites constructions hétéroclites, dont les hauteurs varient de rez-de-chaussée +1 étage à rez-de-chaussée +2 étages, auquel appartient la maison occupée par la société requérante. Les abords immédiats de ce terrain sont également constitués, vers l'est, de l'autre côté de l'avenue Gabriel Péri, d'immeubles de cinq à six étages réhabilités récemment, vers le sud, d'un aménagement paysager sur l'espace public, vers l'ouest, de la station de métro et d'un vaste terrain nu sur lequel la construction d'un immeuble de six étages a été autorisée. Enfin, vers le nord, un immeuble de bureaux de sept étages, accueille un centre de Pôle emploi. Ainsi, il n'est pas démontré que l'immeuble projeté, de facture architecturale simple et d'une hauteur de six étages, dont le dernier en attique, au-dessus d'un rez-de-chaussée comportant, comme avant travaux, un espace commercial de proximité, présente un gabarit et une hauteur qui ne s'intégreront pas de manière harmonieuse dans le paysage urbain dans lequel il est d'ores et déjà situé et le sera dans l'avenir, une fois achevées les opérations d'aménagement de ce secteur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UPg 11 du règlement du PLU doit être écarté.

14. En septième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'implantation de la construction projetée est situé en zone B du plan prévisionnel des risques d'inondation de la Seine (PPRI), approuvé par un arrêté du préfet du département des Hauts-de-Seine du 9 janvier 2004. Cette zone B se caractérise par des espaces urbanisés présentant une continuité du bâti et une mixité des usages entre logements, commerces et services. En application de l'article 2.2. du règlement de ce PPRI : " Tous les types de construction ou d'occupation sont autorisés sous réserve des prescriptions ci-dessous : a) les constructions nouvelles : la cote de tout plancher nouvellement créé, à quelque usage que ce soit, doit être située au-dessus de la cote de casier. ". La cote de casier correspond, selon la définition donnée par le règlement du PPRI, à la cote atteinte par la crue de fréquence centennale calculée par la méthode dite : " des casiers " à partir du niveau des plus hautes eaux connues, en l'occurrence celles de la crue de janvier 1910. Elle est fixée à la cote NGF : 29,30 en zone B. Plusieurs exceptions sont prévues par cet article 2.2. du règlement, dont une relative aux opérations de logements collectifs en dent creuse sur une unité foncière inférieure à 2 500 m², ce qui correspond à l'opération projetée. Cette exception prévoit que la construction d'appartements en duplex est autorisée en dessous de la cote de casier, à condition que leurs seconds niveaux soient situés au-dessus de cette cote. En l'occurrence, la requérante reproche au projet de prévoir la construction d'un appartement de type T2, au rez-de chaussée du bâtiment projeté, d'un seul niveau et en dessous de la cote de casier. Toutefois, la notice descriptive du projet précise qu'aucun logement ne se trouve sous la cote de casier et il ressort de la coupe AA, passant au droit de l'appartement incriminé, que le plancher bas de cet appartement se situe à hauteur de la cote NGF 29,30. Il n'est donc pas en dessous de la cote casier. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du règlement du PPRI doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 14 ci-dessus que la SCI Thonic n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2020 par lequel le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine a délivré un permis de construire valant permis de démolir à la société In'Li, ensemble, la décision par laquelle le recours gracieux qu'elle avait formé contre cet arrêté a été rejeté.

Sur les frais non compris dans les dépens :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Asnières-sur-Seine, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SCI Thonic demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SCI Thonic une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société In'Li et non compris dans les dépens.

17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que la requête présentée par la SCI Thonic doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de SCI Thonic est rejetée.

Article 2 : La SCI Thonic versera à la société In'Li une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Thonic, à la commune d'Asnières-sur-Seine et à la société In'Li.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

Mme D et M. C, premiers conseillers,

Assistés de Mme Le Gueux, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

Le rapporteur,

signé

L. D

Le président,

signé

P. Thierry

La greffière,

signé

S. Le Gueux

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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