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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2103270

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2103270

mardi 6 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2103270
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantBESSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 mars 2021 et le 8 juin 2022, Mme A D épouse C, représentée par Me Besse, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, d'enjoindre au même préfet de réexaminer sa situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision de refus de titre est insuffisamment motivée ;

- cette décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'est pas produit et qu'il est entaché d'irrégularités ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et méconnaît les stipulations du 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale car fondée sur une décision de refus de séjour elle-même illégale ;

- cette décision méconnaît les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2021, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Féral, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D épouse C, ressortissante algérienne née le 1er septembre 1953, est entrée en France le 11 août 2014. Elle s'est vu délivrer, le 31 janvier 2017, un certificat de résidence algérien valable un an en qualité d'étranger malade, certificat renouvelé à deux reprises. Le 22 juin 2020, Mme D épouse C a de nouveau sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté en date du 27 janvier 2021, dont elle demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

2. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. En l'espèce, la décision portant refus de titre de séjour vise les dispositions légales sur lesquelles elle se fonde, en particulier celles de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien dont il a été fait application et précise les éléments de fait tenant à la situation personnelle de la requérante. Elle mentionne en particulier que Mme D épouse C peut bénéficier effectivement en Algérie d'un traitement approprié à son état de santé. Ainsi, alors même que les motifs énoncés ne détaillent pas l'offre de soins disponibles en Algérie sur laquelle le préfet s'est fondé pour refuser la délivrance du titre sollicité, la décision contestée est suffisamment motivée et répond aux exigences de l'article L. 211-5 précité. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation personnelle de la requérante, en particulier quant à son état de santé, au regard des éléments qui avaient été portés à sa connaissance. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressée doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : () 7. au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ". Aux termes de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " () le préfet délivre la carte de séjour temporaire au vu d'un avis émis par le médecin inspecteur départemental de la santé publique compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressé () / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin agréé ou un médecin praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur l'existence d'un traitement dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article R. 313-23 du code précité, dans sa rédaction applicable au litige, dispose que : " Le rapport médical visé à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 313-22. () / Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé: " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis () précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement () ".

6. Il résulte de ces dispositions dont les garanties qu'elles prévoient sont applicables aux ressortissants algériens, que la régularité de la procédure implique que les documents soumis à l'appréciation du préfet comportent l'avis du collège de médecins et soient établis de manière telle que, lorsqu'il statue sur la demande de titre de séjour, le préfet puisse vérifier que l'avis au regard duquel il se prononce a bien été rendu par un collège de médecins conformément aux dispositions réglementaires précitées.

7. L'avis du 9 novembre 2020 rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sur l'état de santé de Mme D épouse C a été versé à l'instance par le préfet du Val-d'Oise, qui justifie ainsi de la saisine de cette instance. En outre, il ressort des pièces du dossier, en particulier du bordereau de transmission de l'OFII produit en défense, que le rapport médical prévu à l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été établi le 20 octobre 2020 par un médecin du service médical de l'OFII, et transmis le 4 novembre suivant à un collège composé de médecins. L'avis du 9 novembre 2020 de ce collège, établi conformément aux dispositions précitées l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, mentionne clairement l'identité des trois médecins le composant, permettant ainsi d'établir que le médecin rapporteur n'y figurait pas. Enfin, si la requérante soutient que les signatures portées sur l'avis du collège de médecins sont des fac-similés numérisés des signatures manuscrites des médecins le composant, il est constant que cet avis mentionne de façon lisible le prénom et le nom des trois médecins ayant délibéré et que ceux-ci peuvent être identifiés, l'intéressée ne faisant état d'aucun élément susceptible d'établir l'inauthenticité des signatures apposées. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure au regard des dispositions des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'arrêté du 27 décembre 2016 précité doivent être écartés.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien visé ci-dessus : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. / () ".

9. Il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui en fait la demande au titre de ces stipulations, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que cette décision ne peut avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait pour celui-ci un défaut de prise en charge médicale dans le pays d'origine. Lorsque le défaut de prise en charge médicale risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'intéressé, l'autorité administrative ne peut refuser le certificat de résidence algérien sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause en Algérie. Si de telles possibilités existent mais que l'intéressé fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment au coût du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

10. En outre, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

11. Il ressort des pièces du dossier que la décision portant refus de titre de séjour en litige a, ainsi qu'il a été dit au point précédent, été prise au visa de l'avis du 9 novembre 2020 par lequel le collège de médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de Mme D épouse C nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, elle pouvait y bénéficier d'un traitement approprié.

12. Pour contester cette appréciation, que le préfet des Hauts-de-Seine s'est appropriée, Mme D épouse C soutient qu'elle souffre de plusieurs pathologies, à savoir une insuffisance rénale chronique terminale, un état dépressif sévère, une hypertension artérielle, un diabète, des apnées du sommeil et de l'arthrose et qu'elle suit un traitement quotidien composé de vingt-deux médicaments. Elle soutient également que son état de santé nécessité un suivi spécialisé. Toutefois, alors qu'il n'est pas contesté que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, les documents produits par la requérante, notamment un certificat médical établi le 29 juillet 2020 par un praticien du service de néphrologie-dialyse du centre hospitalier René Dubos mentionnant que son état de santé nécessite un suivi médical et que son traitement ne peut pas être assuré en Algérie, ainsi que les articles de presse publiés en 2008 et le 23 avril 2019 dans " le Quotidien d'Oran " et par " Orient XXI ", faisant état des difficultés dans la prise en charge des soins psychiatriques, ne suffisent pas à établir, en l'absence d'éléments précis, objectifs et actualisés de nature à contredire l'appréciation du collège de médecins de l'OFII, qu'un suivi et un traitement appropriés à ses pathologies seraient indisponibles dans son pays d'origine. En particulier, si elle fait valoir que sa prise en charge médicale nécessite des opérations chirurgicales complexes et onéreuses, elle ne l'établit pas par les pièces qu'elle produit. De même, si elle fait valoir que l'Algérie souffre actuellement d'une pénurie de médicaments courants et fait état d'un communiqué publié le 14 février 2021 par le Syndicat national des pharmaciens d'officines algérien qui recense 335 spécialités de médicaments en rupture dans le pays, elle ne produit toutefois pas la liste des médicaments qu'elle doit prendre et n'apporte aucun élément de nature à démontrer que ces médicaments feraient partie des spécialités non disponibles. En outre, l'intéressée, qui ne fournit pas de précisions sur ses moyens financiers et ne démontre pas être dépourvue, dans son pays d'origine, de toute attache personnelle et familiale, n'apporte aucun élément de nature à justifier l'existence de circonstances exceptionnelles qui l'empêcheraient d'accéder effectivement à un traitement. Dans ces conditions, Mme D épouse C n'est pas fondée à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu les stipulations précitées de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien ou qu'il aurait entaché la décision en litige d'une erreur d'appréciation au regard de ces stipulations en estimant qu'elle pouvait bénéficier d'un traitement approprié à sa pathologie dans son pays d'origine.

13. En cinquième lieu, Mme D épouse C, ne saurait utilement soutenir que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que cette décision n'a ni pour objet ni pour effet d'obliger l'intéressée à quitter le territoire français et de fixer le pays à destination elle pourrait être reconduite. En tout état de cause, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il n'est pas établi que l'intéressée ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié à ses pathologies dans son pays d'origine. Par suite, le moyen doit être écarté.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

15. Mme D épouse C soutient que, outre la nécessité pour elle de rester en France pour suivre son traitement médical, elle est entrée en France en 2014 munie d'un visa, qu'elle a obtenu trois titre de séjours pour soins et qu'elle réside chez sa sœur et est entourée d'une autre sœur de nationalité française et de deux de ses enfants qui résident régulièrement en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident deux de ses enfants, une de ses sœurs et un frère ainsi que son mari. Si elle allègue ne plus vivre avec son mari depuis treize ans, elle ne l'établit pas. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 12 du présent jugement, il n'est pas établi que l'intéressée ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié à ses pathologies dans son pays d'origine. Par ailleurs, elle ne justifie d'aucune insertion sociale particulière en France. Dans ces conditions, alors même que l'intéressée est présente en France depuis 2014 et s'est vu délivrer trois titres de séjour pour soins, le préfet du Val-d'Oise en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas davantage fondée à soutenir que la décision de refus de séjour litigieuse est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

16. Il résulte de ce qui précède que Mme D épouse C n'est pas fondée à soutenir que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est illégale.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

17. Il résulte de ce qui a été dit au point 16, que la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision de refus de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire national.

18. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 12 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

19. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 15 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de Mme D épouse C doivent être écartés.

20. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 13 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme D épouse C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D épouse C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse C et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président, M. B et M. E, premiers conseillers,

assistés de Mme Magen, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.

Le président,

signé

R. FéralL'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

signé

S. BLa greffière,

signé

N. Magen

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation

Le Greffier

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