mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2105812 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | SIERACZEK LAPORTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 29 avril 2021, le 13 janvier 2022 et le 27 décembre 2023, Mme B A, représentée par Me Laporte, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- l'administration a fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales dès lors que le service n'a pas fait état, dans sa proposition de rectification, de la teneur et de l'origine des informations qu'elle détient alors qu'après avoir exercé son droit de communication, elle a obtenu les copies de chèques concernant les avances faites à M. A par la société MTM ; en outre, dans sa réponse à la proposition de rectification du 29 décembre 2017, elle a adressé en vain une demande de communication de pièces ;
- elle souhaite que l'administration communique l'ensemble des copies de chèques reçues suite au droit de communication exercé auprès des établissements bancaires ;
- la réponse aux observations du contribuable est entachée d'une erreur de fait et méconnaît les dispositions l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;
- les cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et des contributions sociales ne sont pas fondées, dès lors que les éléments produits au service permettent d'établir que le prêt d'un montant de 29 838 euros accordé à M. A a bien été remboursé, que le service n'a pas remis en cause le caractère probant de la comptabilité de la société MTM, et que le service ne peut considérer que les éléments permettant d'établir l'existence du prêt ainsi que son remboursement ne seraient pas conformes à la comptabilité de la société MTM, que le prêt en cause a bien été remboursé ;
- la majoration de 1,25 prévue par le 2° de l'article 158-7 du code général des impôts a été appliquée de manière erronée à la base taxée en revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 109, 1 2°) de ce code alors que les résultats de la société n'ont pas été rehaussés.
Par des mémoires, enregistrés le 10 novembre 2021 et le 11 avril 2024, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le service a procédé au dégrèvement d'un montant de 3 059 euros en droits et de 373 euros en pénalités au titre de l'abandon de la majoration de 1,25 prévue par le 2° de l'article 158-7 du code général des impôts ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Saïh, première conseillère ;
- et les conclusions de M. Boriès, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Mondial Transports Marchandises (MTM), dont M. A était associé à hauteur de 50 % et directeur général depuis le 14 novembre 2005, a l'objet d'une vérification de comptabilité sur les exercices clos le 1er janvier 2013, le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2015. Il a été constaté que des sommes, enregistrées en comptabilité comme des avances au personnel, ont été versées en 2014 par la SAS MTM à M. A à hauteur de 29 838 euros. En outre, des revenus distribués résultant de rehaussements opérés en matière d'impôt sur les sociétés n'avaient pas de bénéficiaires connus à hauteur de 460 297 euros au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2014 et à hauteur de 946 795 euros au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2015. Le conseil de la SAS MTM a désigné comme bénéficiaire des revenus qualifiés de distribués, M. A, à hauteur de 433 047 euros au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2014 et de 902 180 euros au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2015. A l'issue de cette vérification de comptabilité et d'un examen de la situation fiscale personnelle de M. et Mme A, le service, par une proposition de rectification du 20 décembre 2017, a assigné à M. et Mme A des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers à raison de revenus distribués par la SAS MTM à M. A. M. A étant décédé en août 2017, Mme A a présenté des observations à cette proposition de rectification par courriers des 29 décembre 2017 et 16 février 2018. Par un courrier du 14 juin 2019 en réponse aux observations du contribuable, le service a maintenu partiellement les rectifications proposées, en abandonnant le rehaussement relatif à la distribution suite à la désignation opérée par la SAS MTM à hauteur de 433 047 euros au titre de l'année 2014 et de 902 180 euros au titre de l'année 2015. La somme totale mise à sa charge à hauteur de 30 276 euros a été mise en recouvrement le 31 octobre 2020. Mme A a présenté une réclamation contentieuse par courrier du 31 décembre 2020, reçu le 4 janvier 2021. Par une décision d'admission partielle du 16 mars 2021, le service a maintenu le rehaussement mais a abandonné la majoration pour manquement délibéré. Par la requête susvisée, Mme A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014 ainsi que les intérêts de retard.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 10 novembre 2021 intervenue postérieurement à l'enregistrement de la requête, l'administration a procédé au dégrèvement d'un montant de 3 059 euros en droits et de 373 euros en pénalités au titre des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre de l'année 2014 à raison de l'abandon de la majoration de 1,25 prévue par le 2° de l'article 158-7 du code général des impôts. Les conclusions de la requête relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions en décharge :
3. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. / Les sommes imposables sont déterminées pour chaque période retenue pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés par la comparaison des bilans de clôture de ladite période et de la période précédente selon des modalités fixées par décret en conseil d'Etat ".
4. A l'occasion de la vérification de comptabilité de la SAS MTM, l'administration fiscale a constaté que celle-ci avait enregistré en comptabilité, pour un montant de 29 838 euros, un prêt personnel à M. A. Ce prêt n'ayant pas été remboursé, elle a estimé qu'il s'agissait de revenus distribués entre ses mains imposables à l'impôt sur le revenu en application du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
5. D'une part, Mme A fait valoir que ce prêt a fait l'objet d'un premier remboursement de 9 000 euros, réalisé par la déduction d'une somme de 3 000 euros sur les salaires de son défunt mari des mois de janvier, février et mars 2015. Elle précise que ces sommes ont été comptabilisées lors de la centralisation du journal de paie correspondant par la société MTM au compte n°274300 " prêt au personnel " à partir de l'extrait de la rubrique 7600 " Acompte " du journal de paie sur la fiche individuelle de l'intéressé. Elle ajoute que le remboursement de la somme de 9 000 euros a été comptabilisé lors de la centralisation des journaux de paie au débit du compte n°274300 " prêts " au 31 décembre 2015. Mme A verse d'ailleurs au dossier les bulletins de salaire de M. A de janvier, février et mars 2015 mentionnant dans la colonne " retenues " la somme de 3 000 euros, ainsi que la référence du code 7600 " Acompte ". Elle produit également une fiche individuelle émanant de la société MTM daté du 1er avril 2021, qui fait état de ces acomptes, ainsi qu'un extrait des comptes prêt n°274300 et n°42500 au 31 décembre 2015, concernant M. A, qui transcrit ces sommes.
6. D'autre part, Mme A fait valoir que la somme de 21 949 euros restant due par M. A au 31 décembre 2015 a fait l'objet d'un remboursement en janvier 2016 et se prévaut de la circonstance que cette somme " apparaît, au regard des extraits du grand livre de la société MTM, au débit du compte n°4550220 " Associé C A " sous le libellé " virt à cpte cpte régul ser sek " et au crédit du compte n°274300 " prêts au personnel " sous le même libellé ". A l'appui de ses dires, elle produit un extrait de compte général au 31 décembre 2016, relatif au compte courant d'associé de M. A référencé sous le numéro 4550200, lequel fait état d'une somme de 21 949 euros débitée le 31 janvier 2016 avec le libellé " virt à cpte cpte règul remb Ser Sek ". En outre, il résulte également de l'instruction que ce compte courant d'associé était créditeur à hauteur de 59 332, 04 euros au 31 janvier 2016. Mme A produit, par ailleurs, un extrait du grand livre des comptes pour la période du 1er janvier au 31 octobre 2016 confirmant l'exécution de ce versement, qui apparaît au crédit du compte " 2743000 Prêts au personnel " avec le même libellé " virt à cpte cpte règul remb Ser Sek ".
7. Enfin, Mme A verse au dossier une attestation de l'expert-comptable de la SAS MTM en date du 5 septembre 2019, qui confirme ce remboursement en soulignant que " selon les livres comptables, le prêt consenti à Monsieur A C pour un montant de 30.949 euros au 31 décembre 2014 a été intégralement remboursé au 31 janvier 2016 selon les modalités suivantes : -Déduction sur les bulletins de salaires de janvier à mars 2015 à hauteur de 3 000 euros par mois, soit au total 9.000 euros / -Le prêt a été soldé le 31 janvier 2016 par compensation avec le compte courant d'associé de Monsieur A pour 21.949 euros (). ".
8. Alors que les pièces justificatives ainsi produites ne sont pas sérieusement contredites par l'administration en défense, qui ne s'est, en outre, pas fondée sur les dispositions du a de l'article 111 du code général des impôts, Mme A doit être regardée comme établissant que les sommes mises à la disposition de son défunt époux en 2014, qui constituent un prêt intégralement remboursé à la société prêteuse, ne sauraient être qualifiées de revenu. Il s'ensuit que c'est à tort que l'administration fiscale les a imposées à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement des dispositions du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux demeurant en litige auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, le versement à Mme A d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
11. En revanche, Mme A ne justifiant d'aucun dépens, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A à concurrence du dégrèvement prononcé en cours d'instance.
Article 2 : Mme A est déchargée des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014, ainsi que des pénalités correspondantes.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
M. Jacquinot, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
La rapporteure,
Z. Saïh
Le président,
T. Bertoncini La greffière,
K. Nabunda
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026